Pyrèthre d'Afrique : bienfaits, usages et ce que disent vraiment les études
Racine utilisée depuis des siècles contre les maux de dents et comme tonique sexuel, le pyrèthre d'Afrique n'a encore été étudié que chez l'animal.

Le pyrèthre d’Afrique (Anacyclus pyrethrum) est une plante d’Afrique du Nord dont la racine sert depuis des siècles contre les maux de dents et, dans la médecine ayurvédique, comme tonique de la virilité. Les effets qu’on lui prête (testostérone, fertilité, libido, douleur, immunité) ont été observés chez le rat, la souris ou en laboratoire, jamais dans un essai clinique chez l’humain. C’est donc une piste de recherche, pas un bienfait démontré, et sa sécurité chez l’homme reste mal connue.
Pyrèthre d’Afrique : de quoi parle-t-on ?
Le pyrèthre d’Afrique est une petite plante de la famille des Astéracées, celle de la camomille et de la marguerite. Il pousse surtout au Maroc et en Algérie, et c’est sa racine, épaisse et brune, qui est utilisée (Elazzouzi et al., 2022).
On le connaît sous plusieurs noms : « salivaire » en France, akarkara en Inde, pellitory en anglais, et des noms proches de aqarqarha au Maghreb. En Europe, on l’associe aussi à Hildegarde de Bingen : le « bertram » qu’elle recommandait au XIIe siècle comme épice digestive est généralement identifié à cette plante.
Sa racine voyage loin. Des chercheurs ont retracé par analyse ADN l’origine d’échantillons achetés au Maroc, en Inde et au Sri Lanka : ils provenaient de populations d’Algérie et du Maroc. L’espèce est d’ailleurs classée « vulnérable » sur la liste rouge de l’UICN, qui recense les espèces menacées (Manzanilla et al., 2022).
Il existe deux variétés, Anacyclus pyrethrum var. pyrethrum et var. depressus. Une étude marocaine a montré qu’elles diffèrent par leur aspect, leur ADN et leur composition chimique, au point de former deux groupes bien distincts (Jawhari et al., 2023).
Ne le confondez pas avec le pyrèthre de Dalmatie, une autre plante dont les fleurs fournissent des insecticides : nous expliquons la différence dans notre article sur les effets secondaires du pyrèthre d’Afrique.
Ses composés actifs
La racine contient surtout des N-alkylamides, des molécules qui donnent sa saveur piquante et provoquent picotements et salivation. Une analyse d’un extrait de racine à l’éthanol en a identifié treize, dont six jamais décrites auparavant dans cette plante (Boonen et al., 2012). La plus connue est la pellitorine.
La Pharmacopée ayurvédique officielle de l’Inde décrit ces effets de façon très concrète : mâchée, la racine donne une sensation de fourmillement sur la langue et les lèvres et fait abondamment saliver. Elle signale aussi la présence d’inuline, une fibre, et d’une huile essentielle en petite quantité. La plante contient enfin des composés phénoliques et des polysaccharides, étudiés pour leurs propriétés antioxydantes et immunitaires.
Les usages traditionnels
Les usages anciens sont nombreux, et c’est de là que viennent la plupart des promesses actuelles :
- Les dents et la bouche. C’est l’usage le plus constant, au Maghreb comme en Inde : la racine calme les rages de dents et les inflammations de la bouche. On la qualifie de « sialagogue », c’est-à-dire qu’elle fait saliver.
- La virilité. L’ayurvéda, la médecine traditionnelle indienne, la range parmi les vajikarana, des remèdes destinés à la vitalité sexuelle masculine et à la fertilité.
- Les douleurs et le froid. Les médecines traditionnelles l’emploient contre les rhumatismes, la sciatique, les névralgies, les rhumes et la toux.
- La digestion. Elle est aussi utilisée contre les maux d’estomac et l’indigestion.
Un usage traditionnel indique ce que les gens ont cherché à soigner, pas ce qui fonctionne. Voici ce que la recherche a vérifié.
Ce que montrent les études, bienfait par bienfait
| Effet recherché | Ce qui a été observé | Chez qui | Niveau de preuve |
|---|---|---|---|
| Testostérone et fertilité | Hausse de la testostérone, de la LH et du nombre de spermatozoïdes | Rats | Piste préliminaire |
| Libido | Comportement sexuel plus actif | Rats | Piste préliminaire |
| Douleur et inflammation | Moins d’œdème et de réactions à la douleur | Souris | Piste préliminaire |
| Convulsions | Protection contre des crises provoquées | Rats | Piste préliminaire |
| Immunité | Stimulation de cellules immunitaires | Souris | Piste préliminaire |
| Force et muscle | Prise de poids chez le rat | Rats | Aucune donnée chez le sportif |
Aucune de ces pistes n’a été testée dans un essai contrôlé chez l’humain avec la plante seule.
Testostérone et fertilité : des résultats chez le rat uniquement
C’est l’effet le plus mis en avant. Dans l’étude la plus citée, des rats ont reçu pendant 28 jours un extrait de racine à l’éthanol, riche en alkylamides, à 50, 100 ou 150 mg par kilo. Leur testostérone, leur LH et leur FSH (les deux hormones qui commandent les testicules), ainsi que le nombre et la mobilité de leurs spermatozoïdes, ont augmenté par rapport aux rats témoins (Sharma et al., 2013).
Ces résultats n’ont jamais été vérifiés chez l’homme, et une autre équipe n’a pas retrouvé de hausse significative de la testostérone. Nous détaillons toutes ces études dans notre article sur le pyrèthre d’Afrique et la testostérone.
Libido : un effet chez le rat mâle
Chez des rats traités 28 jours avec un extrait de racine à l’éther de pétrole (50 et 100 mg par kilo), la fréquence des montes a été multipliée par quatre et celle des intromissions par trois, avec un effet encore présent une à deux semaines après l’arrêt (Sharma et al., 2010). Le comportement sexuel d’un rat n’est pas un bon modèle du désir humain. Pour les options étudiées chez l’humain, voyez notre guide des compléments pour la libido.
Douleur et inflammation : cohérent avec l’usage dentaire
Chez la souris, des extraits de racine à l’eau et au méthanol, donnés à 125 à 500 mg par kilo, ont réduit l’œdème de la patte et diminué les réactions à plusieurs tests de douleur. Une partie de cet effet a été bloquée par la naloxone, ce qui suggère une action sur le système des opioïdes, celui qui module la douleur (Manouze et al., 2017). C’est cohérent avec l’usage contre les maux de dents, mais aucune étude ne l’a comparé à un antalgique chez l’humain.
Système nerveux : une protection contre les convulsions chez le rat
Un extrait de racine hydroalcoolique a protégé des rats contre des crises convulsives provoquées par un produit chimique, de 50 % des animaux à 50 mg par kilo jusqu’à 100 % à 500 mg par kilo, et limité les troubles de mémoire qui suivent les crises (Pahuja et al., 2012). Ce travail explique l’intérêt des chercheurs pour la plante, mais il ne justifie en aucun cas de l’utiliser à la place d’un traitement antiépileptique.
Immunité : des polysaccharides actifs chez la souris
Des polysaccharides extraits de la racine à l’eau chaude ont stimulé plusieurs types de cellules immunitaires chez la souris, avec un optimum à 50 mg par kilo (Bendjeddou et al., 2003). Aucune étude ne montre que le pyrèthre réduit les infections chez l’humain.
Force et performance : aucune donnée chez le sportif
Dans l’étude de 2013, les rats traités ont pris du poids plus vite que les autres. C’est la seule base de la réputation « anabolisante » de la plante : aucun essai n’a mesuré la force ou la masse musculaire de pratiquants. Nous faisons le point dans notre article sur l’Anacyclus pyrethrum en musculation.
Glycémie, oxydation, microbes : surtout des tests en laboratoire
D’autres travaux attribuent aux extraits de racine des effets antioxydants, antimicrobiens ou sur la glycémie, observés pour l’essentiel en éprouvette ou chez l’animal (Elazzouzi et al., 2022). Ils ne disent rien de l’effet d’une prise orale chez l’humain.
Quelle dose de pyrèthre d’Afrique ?
Aucune dose n’a été validée chez l’humain, puisqu’aucun essai clinique n’existe. Les études animales utilisent des extraits concentrés dosés au kilo de poids corporel, qui ne se convertissent pas simplement en grammes de racine pour une personne.
La seule référence officielle est traditionnelle : la Pharmacopée ayurvédique de l’Inde indique 0,5 à 1 g de racine en poudre. Faute de données sur la sécurité à long terme, privilégiez des cures courtes et arrêtez au moindre effet indésirable.
Les précautions à connaître
Le profil de sécurité est détaillé dans notre article sur les effets secondaires du pyrèthre d’Afrique. L’essentiel :
- la racine pique et engourdit la bouche, c’est un effet attendu ;
- chez la souris, des extraits de racine ont fait monter une enzyme du foie et, à très forte dose, abîmé le foie et les reins ;
- elle est à éviter en cas d’allergie aux Astéracées (ambroisie, armoise, camomille, arnica), pendant la grossesse et l’allaitement, et avant 18 ans ;
- ses effets hormonaux chez l’animal justifient un avis médical en cas de maladie de la prostate, de cancer hormonodépendant ou de traitement hormonal.
Comment bien choisir un pyrèthre d’Afrique
Le marché est peu contrôlé, et quelques critères évitent les mauvaises surprises :
- Le bon nom latin. L’étiquette doit indiquer Anacyclus pyrethrum, et non un autre « pyrèthre ».
- La racine, avec sa variété. C’est la partie utilisée traditionnellement et dans les études, et les deux variétés n’ont pas la même composition.
- Une composition simple. De la racine seule, sans mélange avec d’autres plantes dont on ne connaît pas la dose.
- Une origine responsable. L’espèce est vulnérable : une plante cultivée ménage les populations sauvages.
- Des précautions d’emploi affichées, en particulier pour la grossesse et l’allaitement.
Notre recommandation : le pyrèthre d’Afrique de Nutriforce répond à ces critères. C’est une poudre composée à 100 % de racine d’Anacyclus pyrethrum var. depressus, sans additif ni autre plante, issue d’une culture menée sans pesticides, ce qui évite de puiser dans les populations sauvages. Les précautions d’emploi sont clairement affichées, avec une mise en garde pour les femmes enceintes et allaitantes. C’est la forme la plus proche de l’usage traditionnel de la racine.
Questions fréquentes
Comment utiliser le pyrèthre d’Afrique ?
Traditionnellement, la racine en poudre est avalée en petite quantité, mélangée à un aliment ou à de l’eau, ou appliquée sur la gencive contre les maux de dents. Aucune façon de faire n’a été comparée à une autre dans des études. Suivez la posologie du fabricant et commencez par la dose la plus basse.
Quels sont les bienfaits prouvés du pyrèthre d’Afrique ?
Aucun bienfait n’est prouvé chez l’humain. Les effets sur la testostérone, la fertilité, la libido, la douleur et l’immunité ont été observés chez le rat ou la souris, avec des extraits concentrés.
Poudre ou gélules : que choisir ?
L’ingrédient est le même : de la racine broyée. La poudre est la forme traditionnelle et permet d’ajuster finement la quantité ; elle pique la bouche, ce qui est normal. Les gélules évitent ce goût. Dans les deux cas, vérifiez le nom latin et la mention « racine ».
Comment dit-on pyrèthre d’Afrique en arabe ?
Au Maghreb, la racine se vend sous des noms proches de aqarqarha ; les herboristes du Moyen Atlas marocain l’appellent akirkarha. En Inde, c’est l’akarkara.
Le pyrèthre d’Afrique est-il dangereux ?
On manque de données pour l’affirmer ou l’exclure : aucune étude de sécurité n’a été menée chez l’humain. Les risques identifiés viennent de l’usage traditionnel et d’études animales ; ils sont détaillés dans notre article dédié.
Notre avis
Le pyrèthre d’Afrique a une longue histoire d’usage et des résultats animaux qui justifient la recherche, mais rien ne permet aujourd’hui de lui promettre un effet chez l’humain, que ce soit sur la testostérone, les performances ou l’immunité. Si vous voulez l’essayer, faites-le en connaissance de cause : petite dose, cure courte, en dehors d’une grossesse et sans traitement hormonal, avec une poudre de racine pure comme celle de Nutriforce. Et si c’est la testostérone qui vous intéresse, commencez par lire notre guide du booster de testostérone naturel, qui classe les options selon leurs preuves.
Les informations de cet article sont données à titre informatif. Elles ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé, en particulier en cas de traitement, de grossesse ou de pathologie.


