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Turkesterone

Turkesterone : dangers, effets secondaires et précautions

Peu d'effets indésirables dans les essais, mais des essais très courts, des produits mal étiquetés et quelques précautions à connaître.

Par Jérémy Barbier · · 7 min de lecture · mis à jour le

Gros plan sur des épis de fleurs bleues d'une plante du genre Ajuga

La turkesterone n’a provoqué aucun effet indésirable notable dans les rares essais menés chez l’humain, mais ces essais sont très courts (d’une prise unique à quatre semaines) et ne portent que sur quelques dizaines de jeunes adultes. Les données les plus rassurantes concernent l’ecdystérone, une molécule voisine, testée sous forme purifiée jusqu’à neuf mois chez des personnes âgées. Les points de vigilance sont ailleurs : aucune donnée pendant la grossesse, une action sur un récepteur des œstrogènes, des gélules souvent mal dosées et un statut surveillé par l’Agence mondiale antidopage.

Ce que montrent les essais chez l’humain

La turkesterone : bien tolérée, mais sur quelques semaines au plus

Le seul essai publié en entier sur la turkesterone a donné à 11 jeunes hommes une prise unique de 1 000 mg ou 2 000 mg, ou un placebo. Aucun participant n’a signalé de symptôme, et ni la fréquence cardiaque, ni la tension artérielle, ni le confort digestif n’ont changé (Harris et al., 2024). Les autres essais, détaillés dans notre avis sur la turkesterone, ne dépassent pas quatre semaines : on ignore tout de sa tolérance sur plusieurs mois.

L’ecdystérone purifiée : les données les plus longues

L’ecdystérone, très proche de la turkesterone, a été mieux étudiée :

  • Chez des sportifs. Dans un essai allemand de 10 semaines chez 46 jeunes hommes en musculation, les marqueurs de toxicité pour le foie et les reins n’ont pas augmenté (Isenmann et al., 2019).
  • En phase 1 de développement d’un médicament. Une ecdystérone purifiée à au moins 97 %, développée par la société Biophytis, a été donnée en prises uniques de 100 à 1 400 mg, puis pendant 14 jours jusqu’à 450 mg deux fois par jour. Les effets indésirables ont été légers à modérés : maux de tête chez 5 volontaires sur 8 à la dose la plus forte, et troubles digestifs fréquents, comme la constipation ou la diarrhée, à 350 mg deux fois par jour (Dioh et al., 2023).
  • Sur six à neuf mois. Chez 233 personnes de 65 ans et plus atteintes de sarcopénie (la fonte musculaire liée à l’âge), 175 ou 350 mg deux fois par jour ont montré un bon profil de sécurité : des effets indésirables jugés liés au traitement chez environ 13 % des participants traités, contre 16 % sous placebo (Fielding et al., 2025).

Ces résultats sont rassurants, avec deux limites : ils portent sur une ecdystérone pharmaceutique prise sous suivi médical, et non sur un extrait d’Ajuga du commerce, et ils ne disent rien de la turkesterone elle-même.

Chez l’animal

La toxicité aiguë des ecdystéroïdes est très faible : chez la souris, la dose d’ecdystérone qui tue la moitié des animaux dépasse 9 g par kilo par voie orale (Lafont et Dinan, 2003). Des rates ont reçu jusqu’à 500 mg par kilo et par jour pendant trois mois sans effet indésirable apparent, selon une revue de 2024.

Les points de vigilance

Les hormones : pas d’effet mesuré sur la testostérone, mais un récepteur des œstrogènes

Dans un essai de 8 semaines, 200 mg d’ecdystérone par jour n’ont modifié ni la testostérone ni le cortisol d’hommes entraînés (Wilborn et al., 2006). Rien n’indique donc que ces produits freinent la production naturelle de testostérone, comme le font les stéroïdes anabolisants.

En revanche, l’effet de l’ecdystérone sur le muscle passe, en laboratoire, par le récepteur bêta des œstrogènes (Parr et al., 2014). Ses effets sur les tissus sensibles aux hormones sont mal connus : des travaux anciens chez le rongeur sont contradictoires, l’un décrivant une accélération de la croissance de tumeurs mammaires, d’autres un effet freinant la prolifération de cellules tumorales (Lafont et Dinan, 2003). Par prudence, en cas d’antécédent de cancer hormonodépendant, comme certains cancers du sein, demandez l’avis de votre oncologue.

La glycémie

Chez l’animal, les ecdystéroïdes d’Ajuga turkestanica font baisser la glycémie dans des modèles de diabète, selon la revue de 2024. Faute de données chez l’humain, si vous prenez un traitement contre le diabète, parlez-en à votre médecin avant d’ajouter de la turkesterone.

Le foie et les reins

Nous n’avons trouvé aucun cas publié d’atteinte du foie ou des reins attribuée à la turkesterone ou à l’ecdystérone, et les marqueurs sont restés stables dans l’essai de 2019. En l’absence de données chez les personnes déjà malades, un avis médical reste nécessaire en cas de maladie hépatique ou rénale.

Grossesse, allaitement et adolescents

Aucune étude n’a été menée pendant la grossesse, l’allaitement ou chez les moins de 18 ans. Compte tenu de l’action hormonale décrite plus haut, abstenez-vous dans ces situations.

Des gélules qui ne contiennent pas ce qu’elles annoncent

C’est le risque le plus concret. Sur quatre compléments d’Ajuga turkestanica titrés à 10 % de turkesterone, analysés en 2026, deux en contenaient moins de 7 mg par gélule au lieu d’environ 50 mg, et l’un renfermait surtout de l’ecdystérone (Todorova et al., 2026). Notre guide où acheter de la turkesterone en France explique comment l’éviter.

Les sportifs soumis aux contrôles

L’ecdystérone figure dans le programme de surveillance 2026 de l’Agence mondiale antidopage, en compétition et hors compétition. Elle n’est pas interdite, mais ce programme sert à repérer un usage détourné et peut précéder une interdiction. La turkesterone n’y est pas nommée, mais les extraits d’Ajuga contiennent souvent de l’ecdystérone. Si vous êtes soumis aux contrôles, le plus sûr est de vous abstenir ou d’interroger votre fédération.

Interactions médicamenteuses

Nous n’avons trouvé aucune interaction documentée chez l’humain. Deux précautions restent théoriques : avec les traitements du diabète, en raison de l’effet observé chez l’animal, et avec les traitements hormonaux, en raison de l’action sur un récepteur des œstrogènes. Évitez aussi de la cumuler avec d’autres « boosters » : en cas d’effet indésirable, impossible de savoir lequel est en cause. Notre article sur les associations de compléments à éviter détaille ces risques.

Qui doit éviter la turkesterone ?

Situation Pourquoi Conseil
Grossesse, allaitement Aucune donnée, action hormonale possible À éviter
Moins de 18 ans Aucune donnée À éviter
Antécédent de cancer hormonodépendant Récepteur des œstrogènes, données animales contradictoires Avis de l’oncologue
Diabète traité Baisse de la glycémie chez l’animal Avis du médecin
Maladie du foie ou des reins Aucune donnée dans ces situations Avis du médecin
Sportif soumis aux contrôles Ecdystérone surveillée par l’AMA, étiquettes peu fiables S’abstenir ou interroger sa fédération

Comment limiter les risques si vous en prenez

Si vous n’êtes dans aucune de ces situations et que vous voulez l’essayer, ne dépassez pas la dose indiquée et faites régulièrement le point, puisque les données sur la turkesterone ne couvrent que quelques semaines. Pour le choix du produit, deux critères limitent les risques :

  • Un produit analysé par un laboratoire indépendant, pour la teneur en turkesterone comme pour les contaminants (métaux lourds, germes).
  • Un seul actif, pour savoir à quoi attribuer un éventuel effet indésirable.

Notre recommandation : la turkesterone d’Ajuga turkestanica de Nutriforce coche ces deux critères. Sa fiche qualité publiée reprend le certificat d’analyse d’un laboratoire indépendant : teneur en turkestérone conforme au titrage de 12 %, plomb, arsenic, mercure et cadmium conformes, et absence des germes recherchés (E. coli, salmonelles, staphylocoques). La composition tient en une ligne : l’extrait d’Ajuga turkestanica, soit 60 mg de turkestérone par gélule, dans une gélule végétale, sans additif ni conservateur.

Questions fréquentes

La turkesterone est-elle dangereuse pour le foie ?

Rien ne l’indique à ce jour : nous n’avons trouvé aucun cas publié d’atteinte du foie, et les marqueurs hépatiques sont restés stables sous ecdystérone pendant 10 semaines. Le recul reste limité : en cas de jaunisse, de fatigue inhabituelle ou d’urines foncées, arrêtez et consultez.

La turkesterone fait-elle perdre ses cheveux ou donne-t-elle de l’acné ?

Nous n’avons trouvé aucune étude ni aucun cas publié reliant la turkesterone à une chute de cheveux ou à de l’acné, et elle ne modifie pas la testostérone dans les essais disponibles. Si ces symptômes apparaissent, arrêtez et parlez-en à un médecin : une gélule mal étiquetée peut contenir autre chose que ce qu’elle annonce.

La turkesterone a-t-elle un effet sur la fertilité ?

Aucune étude ne l’a évalué chez l’humain. La testostérone n’a pas varié sous ecdystérone, mais si vous avez un projet de grossesse, la prudence consiste à s’abstenir.

Peut-on prendre de la turkesterone sur le long terme ?

Aucune donnée ne dépasse quatre semaines pour la turkesterone ; les essais de neuf mois portent sur une ecdystérone pharmaceutique. Faites des pauses et réévaluez régulièrement l’intérêt de la prise.

Une femme peut-elle prendre de la turkesterone ?

Les essais n’ont inclus que peu de femmes, sur quatre semaines au plus. En dehors de la grossesse et de l’allaitement, où elle est à éviter, l’action sur un récepteur des œstrogènes justifie un avis médical en cas de maladie sensible aux hormones.

Notre avis

Aux doses vendues et sur quelques semaines, la turkesterone paraît peu dangereuse pour un adulte en bonne santé, et les données sur l’ecdystérone pure vont dans le même sens. Le vrai problème est le manque de recul et la qualité très variable des produits : le risque le plus probable n’est pas un effet toxique, mais de payer pour une gélule qui ne contient pas ce qu’elle annonce. Abstenez-vous pendant la grossesse, avant 18 ans et si vous êtes contrôlé ; sinon, choisissez un produit analysé comme la turkesterone Nutriforce et réévaluez régulièrement ce qu’il vous apporte. Pour savoir ce qui vaut vraiment la peine en salle, consultez notre guide des compléments de musculation.

Les informations de cet article sont données à titre informatif. Elles ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé, en particulier en cas de traitement, de grossesse ou de pathologie.