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Spermidine : bienfaits, autophagie, aliments et effets secondaires

Spectaculaire chez la souris, décevante dans le plus long essai humain : ce que l'on sait vraiment de la spermidine, et où la trouver dans l'assiette.

· 9 min de lecture

Germe de blé dans une coupelle en céramique à côté de gélules végétales, sur une table en bois clair

La spermidine est une polyamine, une petite molécule présente dans toutes les cellules et dans l’alimentation, qui stimule en laboratoire et chez l’animal l’autophagie, le mécanisme par lequel les cellules recyclent leurs composants usés. Chez la levure, le ver, la mouche et la souris, elle allonge la durée de vie. Chez l’humain, les données se limitent à des études d’observation, qui associent une alimentation riche en spermidine à une mortalité plus faible, et à quelques petits essais : le plus long, l’essai SmartAge, n’a montré aucun effet sur la mémoire en un an. Elle est bien tolérée. En Europe, l’extrait de germe de blé riche en spermidine est autorisé comme nouvel aliment, jusqu’à 6 mg de spermidine par jour chez l’adulte, hors grossesse et allaitement.

La spermidine, qu’est-ce que c’est ?

Les polyamines (putrescine, spermidine et spermine) sont des molécules indispensables à la croissance et au renouvellement des cellules. Le corps en fabrique et en reçoit par l’alimentation. La spermidine est la principale polyamine des aliments d’origine végétale, selon une revue de 2019 consacrée aux polyamines alimentaires.

Sa concentration dans les cellules diminue avec l’âge, ce qui a lancé les recherches sur son rôle dans le vieillissement. Son mode d’action le plus étudié est l’autophagie (littéralement « se manger soi-même ») : la cellule enferme ses protéines abîmées et ses éléments usés dans de petites vésicules, les digère, et réutilise les matériaux.

Autophagie et longévité : ce que montrent les animaux

Les résultats qui ont fait connaître la spermidine viennent de l’animal :

  • En 2009, Eisenberg et ses collègues ont montré qu’elle prolonge nettement la vie de la levure, de la mouche et du ver, ainsi que celle de cellules immunitaires humaines en culture, et qu’elle réduit le stress oxydatif chez la souris âgée. Les auteurs montrent que l’autophagie est indispensable à cet effet sur la longévité.
  • En 2016, la même équipe a montré que la spermidine donnée par voie orale prolonge la vie de la souris et protège son cœur : moins d’épaississement du muscle cardiaque, meilleure fonction chez les souris âgées. Chez des rats sensibles au sel, elle a fait baisser la tension et retardé l’insuffisance cardiaque. Là encore, l’effet sur le cœur disparaissait chez des souris privées d’un gène de l’autophagie.

Ces travaux sont solides, mais ce qui marche chez la souris ne marche pas toujours chez l’humain : les doses, la durée de vie et le métabolisme ne sont pas comparables.

Chez l’humain : des associations, pas des preuves

L’étude de Kiechl et ses collègues (2018) a suivi 829 habitants de Bruneck, dans le Tyrol du Sud (Italie), âgés de 45 à 84 ans, pendant vingt ans, en évaluant leur alimentation à plusieurs reprises. Plus leur alimentation apportait de spermidine, plus leur mortalité était basse : après ajustement sur l’âge, le sexe, le mode de vie et d’autres facteurs, chaque hausse d’un écart-type de l’apport en spermidine était associée à un risque de décès réduit de 24 %. L’écart entre le tiers qui en consommait le plus et celui qui en consommait le moins équivalait à avoir 5,7 ans de moins. Le résultat a été retrouvé dans une seconde cohorte.

Les auteurs jugent l’association robuste, mais cela reste une étude d’observation : les personnes qui mangent beaucoup d’aliments riches en spermidine (céréales complètes, légumes, légumineuses) ont souvent d’autres habitudes favorables, qu’aucun ajustement ne capte entièrement. Elle ne prouve pas que la spermidine elle-même allonge la vie, et encore moins qu’un complément le ferait.

Ce que montrent les essais chez l’humain

Objectif Ce que montrent les essais Niveau de preuve
Mémoire Un essai pilote positif, puis un essai d’un an négatif Le plus grand essai est négatif
Taux sanguins 15 mg par jour pendant 5 jours ne font pas monter la spermidine du sang Une étude de 12 personnes
Cheveux Plus de follicules en phase de pousse avec un complément à base de spermidine Un essai financé par l’industrie
Cœur, tension, longévité Aucun essai chez l’humain Données animales et d’observation
Autophagie Pas d’essai trouvé qui la mesure chez l’humain sous complément Non démontré

Mémoire : l’essai SmartAge est négatif

Un premier essai pilote (Wirth et ses collègues, 2018) avait donné un extrait végétal riche en spermidine ou un placebo pendant trois mois à 30 personnes de 60 à 80 ans qui se plaignaient de leur mémoire sans trouble mesurable. Leurs performances à un test de mémoire s’étaient améliorées de façon modérée, sur un effectif très réduit.

L’essai de confirmation, SmartAge (Schwarz et ses collègues, 2022), a porté sur 100 personnes de 60 à 90 ans présentant la même plainte, pendant douze mois, avec 0,9 mg de spermidine par jour issue d’un extrait de germe de blé ou un placebo. Résultat : aucune différence sur la mémoire, critère principal, ni sur les critères secondaires. Des analyses exploratoires suggèrent un effet possible sur la mémoire verbale et l’inflammation, que les auteurs proposent de vérifier avec des doses plus élevées. Les effets indésirables étaient aussi fréquents dans les deux groupes.

Absorption : que devient la spermidine avalée ?

Dans une étude de Senekowitsch et ses collègues (2023), 12 adultes en bonne santé ont pris 15 mg de spermidine par jour pendant cinq jours, puis un placebo, ou l’inverse. La spermidine du sang n’a pas augmenté, contrairement à la spermine, une autre polyamine : la spermidine semble transformée avant d’atteindre la circulation. Les auteurs jugent peu probable qu’une dose inférieure à 15 mg par jour ait des effets à court terme. Ils suggèrent aussi que les effets attribués à la spermidine pourraient passer en partie par la spermine.

Cheveux : un seul essai, financé par l’industrie

La spermidine prolonge la phase de pousse du cheveu (l’anagène) sur des follicules cultivés en laboratoire et chez la souris. Dans un essai italien de Rinaldi et ses collègues (2017), 100 adultes en bonne santé ont pris pendant 90 jours un comprimé « à base de spermidine » ou un placebo. Le nombre de follicules en phase de pousse a augmenté dans le groupe traité, et le test de traction des cheveux est resté négatif à six mois, contre 68 % de tests positifs sous placebo. Mais la publication ne détaille pas la composition du comprimé, l’étude a été financée par un laboratoire dont deux salariés figurent parmi les auteurs, et les participants n’avaient pas de chute de cheveux au départ. Notre guide des compléments pour les cheveux compare les options mieux étudiées.

Les aliments riches en spermidine

La spermidine est présente dans presque tous les aliments d’origine végétale. D’après les données réunies dans la revue de 2019, converties ici en milligrammes pour 100 g :

Aliment Spermidine pour 100 g
Germe de blé Environ 35 mg (valeur la plus élevée relevée)
Graines de soja Jusqu’à 20 mg environ
Noix et graines (amandes, pistaches) 0,6 à 5,6 mg
Légumes (champignons, brocoli, épinards, petits pois, chou-fleur) Jusqu’à 6 mg selon l’aliment
Fruits 0,1 à 1,4 mg
Fromages Le plus souvent moins de 1 mg, jusqu’à 4 mg pour un bleu analysé
Viande, lait, œufs Faibles quantités

Deux constats pratiques. D’abord, les fromages affinés, parfois présentés comme une source majeure, sont très variables et généralement modestes ; le germe de blé et le soja arrivent loin devant : 10 g de germe de blé apportent environ 3,5 mg. Ensuite, l’alimentation courante en fournit déjà : la même revue estime l’apport moyen des adultes européens à 87 micromoles par jour, soit près de 13 mg.

Dose et statut réglementaire en Europe

La spermidine des compléments est souvent extraite du germe de blé, comme dans l’essai SmartAge. Dans l’Union européenne, l’« extrait de germe de blé riche en spermidine » (Triticum aestivum) figure sur la liste des nouveaux aliments autorisés. Ses conditions d’emploi, précisées par le règlement d’exécution (UE) 2018/1023, sont les suivantes :

  • uniquement dans les compléments alimentaires ;
  • pour la population adulte, à l’exclusion des femmes enceintes et allaitantes ;
  • jusqu’à l’équivalent de 6 mg de spermidine par jour.

Dans les essais sur la mémoire, la dose était bien plus faible : 0,9 mg par jour dans SmartAge. Aucune étude n’a comparé les moments de prise ; une prise quotidienne régulière correspond à ce qui a été testé.

Effets secondaires et précautions

Les données de sécurité sont rassurantes mais limitées : dans SmartAge, douze mois de prise n’ont pas entraîné plus d’effets indésirables que le placebo. Nous n’avons pas trouvé d’interaction médicamenteuse documentée.

Quelques précautions :

  • Grossesse et allaitement : l’autorisation européenne exclut expressément les femmes enceintes et allaitantes. Abstenez-vous.
  • Enfants et adolescents : l’autorisation ne concerne que les adultes.
  • Allergie au blé ou maladie cœliaque : l’extrait provient du germe de blé. Vérifiez la mention des allergènes sur l’étiquette et demandez l’avis de votre médecin.
  • Cancer : les cellules cancéreuses ont un métabolisme des polyamines souvent déréglé, au point que certains traitements cherchent à le bloquer (Casero et ses collègues, 2018). Rien ne montre que la spermidine de l’alimentation favorise un cancer, mais si vous êtes traité pour un cancer, demandez l’avis de votre oncologue avant d’en prendre.

Comment bien choisir un complément de spermidine

  1. La quantité de spermidine en milligrammes, et pas seulement le poids d’extrait : c’est elle qui compte, et elle varie beaucoup d’un extrait à l’autre.
  2. Une dose qui respecte le plafond européen de 6 mg par jour.
  3. Des analyses publiées : teneur en spermidine vérifiée et contrôle des métaux lourds.
  4. Une composition simple, dans une gélule végétale.

Notre recommandation : la spermidine de Nutriforce coche ces critères. L’étiquette indique clairement 6 mg de spermidine par gélule, issue d’un extrait de germe de blé : une gélule par jour apporte la quantité maximale prévue par l’autorisation européenne, sans la dépasser. Le certificat d’analyse publié dans sa fiche qualité, réalisé par un laboratoire indépendant, confirme cette teneur, avec une pureté vérifiée par chromatographie et des métaux lourds très en dessous des seuils. La gélule est végétale et le produit est formulé en France.

Questions fréquentes

Quand prendre la spermidine ?

Aucune étude n’a comparé le matin et le soir. Dans les essais, elle était prise tous les jours, pendant trois à douze mois. La régularité compte plus que l’heure.

La spermidine a-t-elle des effets secondaires ?

Dans l’essai SmartAge, un an de prise n’a pas causé plus d’effets indésirables que le placebo. Elle est déconseillée pendant la grossesse et l’allaitement, et doit être discutée avec votre médecin en cas d’allergie au blé ou de cancer.

La spermidine fait-elle pousser les cheveux ?

Elle prolonge la phase de pousse du cheveu en laboratoire. Chez l’humain, un seul essai, financé par l’industrie et mené chez des personnes sans chute de cheveux, montre un effet sur ce marqueur. C’est insuffisant pour parler d’un traitement de la chute.

Quels aliments contiennent le plus de spermidine ?

Le germe de blé (environ 35 mg pour 100 g) et le soja (jusqu’à 20 mg) arrivent en tête, suivis des champignons, des légumineuses, de certains légumes verts et des noix. Les fromages affinés sont très variables et le plus souvent modestes.

Spermidine, NMN ou coenzyme Q10 : quelle différence ?

Les trois sont vendus pour la longévité, mais agissent différemment. La spermidine stimule l’autophagie, le NMN sert à fabriquer le NAD+, une molécule clé de la production d’énergie, et la coenzyme Q10 participe elle aussi à la production d’énergie des cellules. Aucun n’a montré chez l’humain qu’il allonge la vie.

Notre avis

La spermidine a des arguments sérieux chez l’animal et une association encourageante dans les études d’observation, mais le seul essai humain d’envergure, sur la mémoire, est négatif, et son devenir dans l’organisme après ingestion reste discuté. Le premier réflexe est donc alimentaire : germe de blé, soja, champignons et légumineuses en apportent facilement plusieurs milligrammes. Si vous voulez aller plus loin, un complément dosé à 6 mg par jour, comme celui de Nutriforce, reste dans le cadre fixé par l’Europe ; prenez-le comme un pari raisonnable sur la durée, pas comme un traitement anti-âge démontré.

Les informations de cet article sont données à titre informatif. Elles ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé, en particulier en cas de traitement, de grossesse ou de pathologie.