DMAE : bienfaits, mémoire, visage, dangers et effets secondaires
Vendu pour la mémoire et contre les rides, le DMAE est étudié depuis des décennies. Les résultats sont plus convaincants pour la peau que pour le cerveau.

Le DMAE (diméthylaminoéthanol, aussi appelé déanol) est une molécule proche de la choline, vendue en gélules pour la mémoire et la concentration et utilisée en crème pour raffermir le visage. Pour la mémoire, les essais cliniques sont décevants : aucun bénéfice dans la maladie d’Alzheimer ni chez des personnes âgées en bonne santé. L’effet le mieux documenté concerne la peau, avec un gel à 3 % appliqué localement. Par voie orale, il est légèrement stimulant et peut provoquer insomnie, maux de tête et tensions musculaires ; il est déconseillé pendant la grossesse, l’allaitement et en cas d’épilepsie.
Le DMAE, c’est quoi ?
Le DMAE est une petite molécule dont la structure ressemble beaucoup à celle de la choline, un nutriment essentiel (National Toxicology Program, 2020). L’alimentation en apporte de petites quantités, par les œufs de saumon, le calmar et le poisson, selon un dossier de synthèse du même organisme américain, publié en 2002.
Ce n’est pas une nouveauté. Aux États-Unis, un sel de DMAE a été vendu sur ordonnance pendant plus de vingt ans sous le nom de Deaner, pour des enfants présentant des troubles de l’apprentissage et du comportement, avant d’être retiré du marché en 1983. En France, le déanol entre dans la composition d’un médicament contre la fatigue, associé à un autre actif (notice publiée par l’ANSM). Dans les compléments alimentaires, on le trouve le plus souvent sous forme de bitartrate de DMAE.
Un précurseur de l’acétylcholine ? Pas si simple
Le DMAE est présenté comme un précurseur de l’acétylcholine, un messager chimique du cerveau impliqué dans la mémoire et l’attention. Les mesures faites chez l’animal ne le confirment pas. Une étude a montré que le DMAE pénètre bien dans le cerveau du rat et y fait monter la choline, mais sans modifier le taux d’acétylcholine ; en laboratoire, il freine même légèrement l’entrée de la choline dans les terminaisons nerveuses (Jope et Jenden, 1979). Le mécanisme qui sert d’argument de vente reste donc une hypothèse.
Les bienfaits du DMAE selon les études
| Usage | Ce que montrent les études | Solidité des preuves |
|---|---|---|
| Mémoire des personnes âgées, maladie d’Alzheimer | Aucun bénéfice | Trois essais, dont un de 242 patients avec un dérivé |
| Vigilance, tonus | Légère stimulation mentale rapportée | Observations anciennes, peu précises |
| Peau du visage, en gel à 3 % | Ridules atténuées, peau plus ferme | Un essai contre placebo, application locale |
| Peau, par voie orale | Aucune étude trouvée | Non démontré |
| Musculation | Aucune étude trouvée | Non démontré |
Mémoire et concentration : des essais décevants
Trois essais donnent le même résultat.
- Dans un essai en double aveugle mené chez 27 patients atteints de la maladie d’Alzheimer, le DMAE n’a apporté aucun bénéfice significatif, et 6 des 13 patients traités ont dû arrêter dans les cinq premières semaines à cause d’effets indésirables (Fisman et al., 1981).
- Chez des personnes âgées sans démence, 900 mg par jour pendant 21 jours n’ont amélioré ni l’apprentissage d’une liste de mots ni les temps de réaction. Les auteurs concluent que le déanol est inefficace contre le ralentissement normal lié à l’âge (Marsh et Linnoila, 1979).
- Un laboratoire a ensuite développé un dérivé du DMAE. Chez 242 patients à un stade précoce de la maladie d’Alzheimer, 1 500 mg par jour pendant 24 semaines n’ont pas fait mieux que le placebo sur les fonctions cognitives (Dubois et al., 2012).
Nous n’avons trouvé aucun essai montrant que le DMAE seul améliore la mémoire ou la concentration d’adultes jeunes et en bonne santé. D’autres substances disposent de données plus solides : elles sont comparées dans notre guide des compléments pour la mémoire et la concentration.
Vigilance et tonus : un effet stimulant léger
L’effet le plus plausible du DMAE avalé est un léger regain de tonus. Selon le dossier américain de 2002, pris par la bouche, il produit une légère stimulation mentale, et des doses plus fortes entraînent insomnie et tensions musculaires. La notice du médicament français parle elle aussi d’effets stimulants. Cet effet n’a pas été mesuré dans un essai contre placebo récent : son ampleur réelle reste inconnue, et il ne se confond pas avec une amélioration de la mémoire.
Visage et peau : l’usage le mieux étayé, mais en application locale
C’est en cosmétique que le DMAE a ses meilleurs résultats. Une synthèse publiée dans une revue de dermatologie rapporte un essai contre placebo dans lequel un gel à 3 %, appliqué chaque jour pendant 16 semaines, atténue les rides du front et les ridules du contour des yeux, avec une tolérance comparable à celle du placebo. L’effet raffermissant immédiat a été confirmé par des mesures de la tension de la peau (Grossman, 2005).
Une équipe canadienne invite toutefois à la prudence. En laboratoire, le DMAE à forte concentration fait gonfler les cellules de la peau, qui se remplissent de petites poches de liquide, et devient modérément toxique pour elles. Ce gonflement pourrait expliquer l’effet « tenseur » rapide (Morissette et al., 2007).
Ces résultats concernent des gels et des crèmes. Nous n’avons trouvé aucune étude montrant un effet du DMAE avalé en gélules sur la peau. Pour cet objectif, voyez plutôt notre guide des compléments pour la peau ou notre article sur le collagène marin.
Quelle dose et à quel moment ?
- Dose : aucune dose efficace n’a été établie. Le dossier américain relève que les compléments apportent en général 100 à 500 mg de DMAE par jour. Les essais sur la mémoire ont utilisé des doses plus fortes, 900 mg par jour et au-delà, sous surveillance médicale et sans bénéfice.
- Moment : le matin. L’insomnie fait partie des effets indésirables, et la notice du médicament français demande de prendre la dernière dose au plus tard dans l’après-midi, jamais le soir.
- Durée : les études durent de quelques semaines à six mois. Commencez par la dose la plus basse et faites le point au bout d’un mois.
Ces repères sont généraux : la sensibilité varie d’une personne à l’autre, et un avis médical est préférable si vous avez un problème de santé.
Effets secondaires et dangers du DMAE
Les effets indésirables rapportés
- Insomnie, maux de tête, démangeaisons : ce sont les effets cités par la notice du médicament français contenant du déanol. Ils disparaissent en réduisant la dose ou à l’arrêt.
- Tensions et contractions musculaires à dose plus élevée, selon le dossier américain.
- Somnolence, ralentissement, confusion, légère hausse de la tension artérielle : dans l’essai de 1981, mené chez des patients âgés atteints de la maladie d’Alzheimer, ces effets ont conduit six patients sur treize à arrêter.
Les données de sécurité sur une prise prolongée sont rares.
Épilepsie et troubles psychiatriques
Le dossier américain indique que le DMAE est contre-indiqué en cas d’épilepsie avec crises convulsives et de schizophrénie, et signale une possible augmentation de la fréquence des convulsions chez les personnes prédisposées. Si vous êtes suivi pour un trouble psychiatrique ou neurologique, n’en prenez pas sans l’avis de votre médecin.
Grossesse, allaitement, projet d’enfant
C’est le point de sécurité le plus important. Le DMAE freine l’entrée de la choline dans les cellules. Sur des embryons de souris cultivés en laboratoire, il a provoqué des anomalies de fermeture du tube neural, la structure qui donne le cerveau et la moelle épinière (Fisher et al., 2002). Chez la rate gestante, l’étude du National Toxicology Program de 2020 conclut à des indices « équivoques » de toxicité pour le développement, avec des variations du squelette à la plus forte dose. Par précaution, le DMAE est à éviter pendant la grossesse, l’allaitement et dès que vous envisagez une grossesse.
Interactions et autres précautions
- Si vous suivez un traitement neurologique ou psychiatrique, n’ajoutez pas de DMAE sans avis médical.
- En cas d’hypertension, surveillez votre tension : une légère hausse a été observée dans l’essai de 1981.
- Le DMAE n’est pas destiné aux enfants ni aux adolescents.
Nous n’avons pas trouvé d’avis de l’ANSES ni de l’EFSA consacré au DMAE en complément alimentaire.
Comment bien choisir un complément de DMAE
- Du DMAE seul. Le dossier américain note que beaucoup d’effets indésirables signalés concernaient des produits qui contenaient aussi des stimulants : avec un mélange, impossible de savoir ce qui agit ou ce qui gêne.
- Une pureté vérifiée par analyse.
- Des contrôles réalisés par un laboratoire indépendant, sur les métaux lourds et la microbiologie.
- Une gélule végétale, sans dioxyde de titane.
- Un mode d’emploi prudent : prise le matin, et précautions affichées pour la grossesse et l’épilepsie.
Notre recommandation : le DMAE de Nutriforce correspond à ce profil. Sa liste d’ingrédients se limite au DMAE et à une gélule végétale (HPMC), sans caféine ni autre stimulant. La fiche qualité publiée sur la page du produit fait état d’une pureté vérifiée par analyse et de contrôles d’un laboratoire indépendant, conformes pour les métaux lourds, l’arsenic et la microbiologie. La marque conseille une prise le matin au cours d’un repas, ce qui limite le risque d’insomnie, et déconseille le produit aux femmes enceintes ou allaitantes ainsi qu’en cas d’épilepsie sans avis médical.
Questions fréquentes
Le DMAE améliore-t-il la mémoire ?
Les essais disponibles disent non pour les personnes âgées et les patients atteints de la maladie d’Alzheimer. Chez l’adulte jeune en bonne santé, aucun essai n’a montré de gain de mémoire avec le DMAE seul. L’effet le plus souvent décrit est une légère stimulation, avec des preuves faibles.
Le DMAE est-il efficace pour la peau du visage ?
En application locale, un gel à 3 % a atténué les ridules et raffermi la peau dans un essai contre placebo de 16 semaines. En gélules, aucun effet sur la peau n’a été démontré.
Quels sont les effets secondaires du DMAE ?
Les plus cités sont l’insomnie, les maux de tête et les démangeaisons, puis les tensions musculaires à dose plus forte. Le DMAE est déconseillé pendant la grossesse et l’allaitement, et en cas d’épilepsie.
Qu’est-ce que le DMAE bitartrate ?
C’est un sel de DMAE, la forme la plus courante dans les compléments alimentaires. C’est celle qui a été testée dans l’étude de toxicité américaine de 2020.
Le DMAE est-il utile en musculation ?
Nous n’avons trouvé aucune étude sur la force, la masse musculaire ou la performance. Les compléments dont l’effet est démontré dans ce domaine sont présentés dans notre guide des compléments pour la musculation.
Quand prendre le DMAE ?
Le matin, au cours d’un repas. Évitez la fin de journée, l’insomnie étant l’un des effets indésirables les plus cités.
Notre avis
Le DMAE a une longue histoire et une réputation qui dépasse les preuves. Pour la mémoire, les essais sont négatifs chez les personnes âgées et absents chez l’adulte jeune, et le mécanisme mis en avant n’est pas confirmé chez l’animal. Ce qui ressort des données, c’est un effet stimulant léger par voie orale et un effet raffermissant quand il est appliqué sur la peau. Si vous êtes un adulte en bonne santé, sans épilepsie, sans suivi psychiatrique ni projet de grossesse, et que vous voulez vous faire votre propre idée, un essai d’un mois, le matin, avec un produit pur et contrôlé comme le DMAE Nutriforce, reste une démarche défendable.
Si votre priorité est la mémoire, regardez d’abord du côté des options mieux documentées, comme la bacopa ou le ginkgo biloba.
Les informations de cet article sont données à titre informatif. Elles ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé, en particulier en cas de traitement, de grossesse ou de pathologie.


