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Myostatine

Qu'est-ce que la myostatine et comment la réduire ?

La myostatine freine vos muscles, l'entraînement la fait déjà baisser, et les compléments promettent plus qu'ils ne prouvent.

Par Jérémy Barbier · · 7 min de lecture · mis à jour le

Dos très musclé d'un homme torse nu, photographié de dos dans une salle de sport sombre

La myostatine (ou GDF-8) est une protéine produite par les muscles qui freine leur croissance : elle les empêche de grossir au-delà d’une certaine limite. Le moyen le mieux démontré de la réduire est l’entraînement en force, qui fait baisser sa production dans le muscle en quelques semaines. Les compléments vendus pour la faire baisser, comme l’épicatéchine, les extraits de jaune d’œuf ou les ecdystéroïdes, n’ont donné que des résultats faibles ou contradictoires, dans de petits essais.

Qu’est-ce que la myostatine ?

Une définition simple

La myostatine est une protéine de signalisation, c’est-à-dire un messager chimique, de la famille des facteurs de croissance TGF-bêta. Son autre nom, GDF-8, signifie « facteur de croissance et de différenciation 8 ». Elle est fabriquée presque uniquement par les muscles du squelette, et son rôle est de limiter leur masse : chez la souris privée de son gène, les muscles pèsent deux à trois fois plus lourd que la normale (McPherron et al., 1997).

On retrouve ce rôle chez les bovins de race Blanc Bleu Belge et chez un enfant allemand privé de myostatine fonctionnelle, dont nous racontons l’histoire dans notre article sur le rôle de la myostatine en musculation.

Comment elle agit

La myostatine est fabriquée sous la forme d’un précurseur, associé à un fragment appelé propeptide. Sa partie active se fixe sur un récepteur situé à la surface des cellules musculaires, le récepteur de l’activine de type IIB (ActRIIB), ce qui déclenche le signal de « frein ». Deux protéines peuvent l’empêcher de se fixer : la follistatine et le propeptide lui-même. Chez des souris modifiées pour produire beaucoup de follistatine dans leurs muscles, la masse musculaire augmente autant que chez les souris sans myostatine (Lee et McPherron, 2001).

C’est pourquoi la follistatine, l’antagoniste naturel de la myostatine, revient si souvent dans le discours commercial des compléments « anti-myostatine ».

Comment réduire la myostatine : ce qui marche vraiment

La musculation, le levier le mieux démontré

L’entraînement en force fait baisser la myostatine, dans le muscle comme dans le sang :

  • chez 15 hommes et femmes, jeunes et âgés, 9 semaines de musculation lourde des cuisses ont réduit de 37 % l’ARN messager de la myostatine dans le muscle, c’est-à-dire la « commande » qui permet de la fabriquer (Roth et al., 2003) ;
  • dans un essai mené chez 27 hommes en bonne santé, 8 semaines de musculation de tout le corps, trois fois par semaine, en 3 séries de 8 à 10 répétitions à 60 à 70 % de la charge maximale, ont fait baisser la myostatine sanguine et augmenter le GASP-1, une protéine du sang capable de s’y lier et de la neutraliser (Saremi et al., 2010).

Aucun programme particulier n’est nécessaire : ce sont des entraînements classiques, progressifs et réguliers. Une nuance tout de même : cette baisse se produit chez tout le monde, et elle ne permet pas de prédire qui prendra le plus de muscle. La myostatine est un frein parmi d’autres.

Et l’alimentation ?

Nous n’avons pas trouvé d’essai chez l’humain montrant qu’un aliment en particulier fasse baisser la myostatine. Pour prendre du muscle, les bases restent des apports suffisants en protéines et en énergie, et le sommeil ; notre guide des compléments de musculation rappelle les repères utiles.

Les compléments « anti-myostatine » : ce que disent les études

Complément Ce qui a été mesuré chez l’humain Niveau de preuve
Épicatéchine Résultats contradictoires ; seule, pas de baisse de la myostatine chez des hommes âgés Faible
Extrait de jaune d’œuf (Fortetropin) Empêche la hausse de la myostatine sanguine, sans protéger le muscle Faible
Créatine Baisse un peu plus marquée de la myostatine sanguine avec l’entraînement, dans un essai Faible
Ecdystéroïdes (turkesterone, ecdystérone) Pas de baisse sous ecdystérone purifiée Aucun effet mesuré
Sulforaphane (brocoli) Étudié seulement sur des cellules de porc Non démontré

L’épicatéchine : la piste la plus citée, des résultats contradictoires

L’épicatéchine est un polyphénol du cacao et du thé vert. Chez 62 hommes de 68 ans en moyenne atteints de sarcopénie (fonte musculaire liée à l’âge), répartis en quatre groupes pendant 8 semaines, la myostatine n’a baissé que dans les groupes qui faisaient de la musculation, avec ou sans épicatéchine. L’association de la musculation et de l’épicatéchine a toutefois donné la plus forte hausse de follistatine et les meilleurs gains de force (Mafi et al., 2019).

À l’inverse, chez 20 jeunes adultes actifs qui prenaient 200 mg d’épicatéchine par jour pendant 4 semaines d’entraînement à vélo, l’expression de la myostatine dans le muscle n’a pas changé, et les progrès en endurance ont même été freinés (Schwarz et al., 2018). Nous détaillons l’ensemble des études, dont l’essai pilote qui a lancé la mode, dans notre article sur l’épicatéchine et la myostatine.

La « follistatine » en complément : un marqueur qui bouge, un muscle qui ne suit pas

Le Fortetropin, un extrait de jaune d’œuf fécondé, est vendu pour faire baisser la myostatine. Dans un essai canadien, 24 jeunes hommes en ont pris près de 20 g par jour, ou un placebo, pendant 6 semaines comprenant 2 semaines d’immobilisation d’une jambe. La myostatine sanguine a augmenté sous placebo mais pas sous Fortetropin ; pourtant, la perte de muscle due à l’immobilisation a été la même dans les deux groupes, environ 8 % de la section du muscle de la cuisse mesuré (Lim et al., 2023). Faire baisser un marqueur sanguin ne suffit donc pas à changer ce qui se passe dans le muscle.

La follistatine elle-même, sous forme de peptide injectable, n’est pas un complément alimentaire : l’Agence mondiale antidopage l’interdit en permanence, comme tous les agents qui bloquent la myostatine ou en réduisent la production (liste des interdictions 2026).

La créatine : un effet possible, mais pas son principal intérêt

Dans l’essai de 2010 cité plus haut, les hommes qui prenaient de la créatine en plus de l’entraînement ont vu leur myostatine sanguine baisser davantage que ceux qui prenaient un placebo. C’est un résultat isolé. L’intérêt de la créatine, bien établi, tient surtout à l’énergie disponible pour les efforts intenses, comme nous l’expliquons dans notre article sur la créatine monohydrate.

Turkesterone et ecdystéroïdes : pas de baisse mesurée

Les ecdystéroïdes sont souvent vendus comme « bloqueurs de myostatine ». Dans un essai de phase 1, 14 jours d’ecdystérone purifiée n’ont pas fait baisser la myostatine sanguine de volontaires âgés : elle a légèrement augmenté avec la dose, alors qu’elle baissait sous placebo (Dioh et al., 2023). Nous faisons le point sur la turkesterone dans un article dédié.

Le sulforaphane : seulement en laboratoire

Le sulforaphane, un composé du brocoli, réduit l’expression de la myostatine dans des cellules souches musculaires de porc cultivées en laboratoire (Fan et al., 2012). Aucune étude n’a mesuré cet effet chez l’humain ; les autres usages étudiés sont présentés dans notre article sur les compléments de sulforaphane.

Si vous voulez tester l’épicatéchine

L’épicatéchine est la piste la plus étudiée parmi ces compléments, et ses résultats les plus favorables viennent d’essais où elle était associée à la musculation. Si vous voulez l’essayer, trois critères comptent :

  1. Une épicatéchine purifiée, avec une pureté chiffrée, plutôt qu’un extrait de cacao ou de thé dont on ignore la teneur.
  2. Une analyse d’un laboratoire indépendant, qui confirme la pureté et l’absence de contaminants.
  3. Sans caféine si elle est extraite du thé vert.

Notre recommandation : l’épicatéchine de Nutriforce remplit ces trois critères. Il s’agit d’épicatéchine pure, extraite du thé vert, dont la pureté atteint 99,9 % selon le certificat d’analyse d’un laboratoire indépendant publié dans sa fiche qualité. Le même document confirme l’absence de caféine et la conformité des analyses de plomb, d’arsenic et des contrôles microbiologiques. Elle est présentée en gélules végétales, sans additif, et formulée en France.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la myostatine chez l’homme ?

C’est une protéine produite par les muscles qui limite leur croissance. Chez l’homme comme chez l’animal, son absence totale, très rare, entraîne une musculature hors norme. Chez un adulte ordinaire, elle fait partie des mécanismes qui règlent la masse musculaire, sans en être le seul verrou.

Comment réduire la myostatine naturellement ?

Par la musculation : c’est le moyen dont l’effet est le mieux mesuré chez l’humain, dans le muscle comme dans le sang. Aucun aliment ni aucun complément n’a un effet aussi bien établi.

Quels aliments font baisser la myostatine ?

Aucun, à notre connaissance, n’a été testé avec succès chez l’humain. Le brocoli est souvent cité pour son sulforaphane, mais l’effet n’a été observé que sur des cellules de porc en laboratoire.

En combien de temps l’entraînement fait-il baisser la myostatine ?

Dans les essais cités ici, la baisse a été mesurée après 8 à 9 semaines d’entraînement régulier, à raison de trois séances par semaine dans l’essai de 2010. Il n’y a rien de plus à faire pour l’obtenir que de s’entraîner avec constance.

Réduire sa myostatine, est-ce du dopage ?

Les médicaments et les peptides qui bloquent la myostatine ou réduisent sa production sont interdits en permanence par l’Agence mondiale antidopage. L’épicatéchine et la créatine, vendues comme compléments, n’y sont pas nommées.

Notre avis

La myostatine est un frein réel à la croissance musculaire, mais le moyen le plus efficace de la réduire est aussi le plus simple : un entraînement en force régulier. Les compléments « anti-myostatine » s’appuient sur des marqueurs sanguins qui bougent parfois, sans preuve qu’ils fassent gagner du muscle par cette voie. Si vous voulez tout de même explorer la piste de l’épicatéchine, en complément de vos séances, choisissez une molécule pure et analysée comme l’épicatéchine Nutriforce, et jugez-la sur vos progrès réels, pas sur une promesse.

Les informations de cet article sont données à titre informatif. Elles ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé, en particulier en cas de traitement, de grossesse ou de pathologie.