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Shatavari : bienfaits, ménopause, allaitement, fertilité et effets secondaires

Plante phare de l'ayurvéda pour les femmes, le shatavari commence à peine à être testé chez l'humain : ce que l'on sait, et qui doit l'éviter.

· 9 min de lecture

Racines séchées de shatavari et poudre beige dans un bol en céramique, à côté de quelques gélules végétales

Le shatavari est la racine d’une asperge sauvage d’Inde, Asparagus racemosus, utilisée depuis longtemps en médecine ayurvédique pour la santé des femmes, en particulier pour stimuler la lactation. Les preuves chez l’humain restent très limitées : quelques petits essais, pour la plupart récents et menés en Inde, rapportent un soulagement des symptômes de la ménopause, davantage de lait après l’accouchement ou une meilleure libido, sans confirmation indépendante. Aucune étude ne montre qu’il aide à tomber enceinte ou qu’il fait maigrir. Il est à éviter pendant la grossesse, en cas d’allergie à l’asperge et, par prudence, en cas de cancer hormonodépendant.

Le shatavari, qu’est-ce que c’est ?

Le shatavari appartient à la famille des Asparagacées, comme l’asperge que nous mangeons, mais c’est une autre plante : une asperge sauvage dont on utilise la racine. En Inde, il figure dans la pharmacopée ayurvédique officielle pour favoriser la lactation, selon la base LactMed des instituts de santé américains, qui fait référence sur les produits et l’allaitement. L’ayurvéda le range aussi parmi les « rasayana », des plantes considérées comme des toniques généraux et, pour celle-ci, comme un tonique de l’appareil reproducteur féminin (Goel et al., 2006).

Sa racine contient des saponines stéroïdiennes appelées shatavarines, des polysaccharides, du mucilage et des flavonoïdes. Les shatavarines sont souvent présentées comme des phytoestrogènes, c’est-à-dire des molécules végétales qui imiteraient faiblement les œstrogènes, mais cet effet n’a pas été clairement démontré chez l’humain.

On trouve le shatavari en poudre de racine ou en extraits plus ou moins concentrés. Les essais récents ont presque tous utilisé des extraits brevetés et standardisés, propres à un fabricant : comme le rappelle LactMed, les résultats obtenus avec un produit ne sont pas forcément transposables à un autre.

Les bienfaits du shatavari selon les études

Usage Ce que montrent les essais Niveau de preuve
Ménopause Baisse d’un score global de symptômes dans deux essais de 8 semaines Faible
Allaitement Plus de lait à 72 heures dans un essai, résultats mitigés dans l’ensemble Faible
SOPK Moins de follicules à l’échographie, sans effet sur les hormones, dans un essai Très faible
Libido féminine Meilleur score de fonction sexuelle dans un essai de 70 femmes Très faible
Fertilité Aucun essai n’a mesuré le nombre de grossesses Non démontré
Poids Aucun effet mesuré chez l’humain Non démontré

Ménopause : deux essais positifs, avec des réserves

Dans un essai indien de 2025, 80 femmes en périménopause ont pris 300 mg d’extrait de racine de shatavari par jour, ou un placebo, pendant huit semaines. Le groupe shatavari a davantage progressé sur l’échelle des symptômes de la ménopause (MRS), sur le stress et sur l’item consacré aux bouffées de chaleur. À la fin de l’essai, l’estradiol, la FSH et une hormone thyroïdienne (T3) étaient plus élevés que sous placebo, sans que leur évolution depuis le début diffère significativement entre les groupes (Mahajan et al., 2025).

Un second essai, de 135 femmes de 45 à 65 ans, comparait le shatavari seul (300 mg par jour), une association shatavari et ashwagandha, et un placebo, pendant huit semaines. Le score MRS a baissé de 13 points sous shatavari contre 3,3 points sous placebo. Mais le questionnaire de qualité de vie propre à la ménopause (MENQOL), y compris sa partie consacrée aux bouffées de chaleur, n’a pas évolué différemment du placebo (Ademola et al., 2025).

Ces deux essais utilisaient le même extrait, fourni par son fabricant, et proviennent du même réseau de chercheurs. Ils sont courts, et aucune équipe indépendante ne les a encore reproduits. Le trèfle rouge dispose de davantage de données contre les bouffées de chaleur, et notre guide des compléments pour la ménopause compare toutes les options.

Niveau de preuve : faible.

Allaitement : l’usage traditionnel le mieux étudié

C’est l’usage historique du shatavari. LactMed juge les résultats des études « mitigés », d’autant que la plante a souvent été testée dans des mélanges. Un petit essai jugé bien conduit a toutefois trouvé une hausse plus importante de la prolactine (l’hormone de la lactation) et du poids des bébés qu’avec un placebo.

L’essai le plus récent a suivi 120 femmes qui venaient d’accoucher : 300 mg d’extrait de racine deux fois par jour, ou un placebo, pendant les 72 premières heures. Dans le groupe shatavari, les seins se remplissaient plus vite après une tétée, le volume de lait tiré à 72 heures était plus élevé, et 53 % des mères se disaient satisfaites de leur lactation, contre 25 % sous placebo, sans effet indésirable signalé (Ajgaonkar et al., 2025).

LactMed rappelle deux limites : la sécurité du shatavari pendant l’allaitement n’a pas été étudiée de façon rigoureuse, même si les petits essais n’ont relevé aucun effet indésirable chez les mères ou les bébés, et aucun galactogène (produit censé stimuler la lactation) ne remplace l’examen de la mise au sein. Le fenugrec, autre plante traditionnelle de l’allaitement, pose des questions similaires.

Niveau de preuve : faible.

Fertilité et syndrome des ovaires polykystiques

Aucun essai n’a mesuré si le shatavari augmente les chances de grossesse, malgré sa réputation. Le seul essai contrôlé récent dans le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) a suivi 70 femmes de 20 à 40 ans pendant 12 semaines. Le volume des ovaires, l’un des critères principaux, n’a pas différé du placebo ; le nombre de follicules a diminué, l’endomètre (la muqueuse de l’utérus) s’est épaissi et le stress a baissé, sans effet sur le poids ni sur les hormones (Mhatre et al., 2026).

Pour le SOPK, le myo-inositol a été bien davantage étudié. Si vous essayez de concevoir, lisez aussi la partie sur la grossesse ci-dessous : les données animales invitent à arrêter le shatavari dès que la grossesse est possible.

Niveau de preuve : non démontré pour la fertilité, très faible pour le SOPK.

Libido féminine

Dans un essai indien, 70 femmes de 18 à 45 ans se plaignant d’une baisse de désir ont pris 300 mg d’extrait de racine par jour, ou un placebo, pendant huit semaines. Leur score de fonction sexuelle (FSFI) a progressé de 3,3 points de plus que sous placebo, surtout sur la lubrification (Satla et al., 2026). C’est un seul essai, mené dans un seul centre.

Niveau de preuve : très faible.

Poids : aucun effet démontré

Les recherches « shatavari et prise de poids » et « shatavari et perte de poids » sont fréquentes, mais nous n’avons trouvé aucune étude qui évalue le shatavari pour le poids. Dans l’essai de 135 femmes ménopausées, l’indice de masse corporelle n’a pas évolué différemment sous shatavari et sous placebo (Ademola et al., 2025).

Et chez l’homme ?

Nous n’avons trouvé aucun essai contrôlé chez l’homme. Les effets évoqués sur la fertilité masculine reposent sur des études chez l’animal.

Dosage, moment de prise et durée

  • Dose : les essais récents utilisent le plus souvent 300 mg par jour d’un extrait de racine standardisé. La concentration des extraits varie d’un produit à l’autre : suivez la dose indiquée par le fabricant.
  • Moment : aucune étude n’a comparé les horaires. Dans l’essai sur la périménopause, la gélule était prise après le petit-déjeuner.
  • Durée : huit à douze semaines dans les essais. Au-delà, il n’existe aucune donnée de sécurité.

Effets secondaires, contre-indications et interactions

Une bonne tolérance, sur peu de participantes

Dans les essais, les effets indésirables ont été rares et légers : une nausée sous shatavari seul, des selles molles et un vertige avec l’association à l’ashwagandha, dans l’essai de 135 femmes. Les bilans du foie et des reins n’ont pas bougé. Ces essais sont toutefois trop courts et trop petits pour repérer des effets rares.

Grossesse : à éviter

Chez des rates gestantes, un extrait de racine donné pendant 60 jours a augmenté les pertes de fœtus, provoqué des malformations et un retard de croissance ; les auteurs recommandent la prudence pendant la grossesse (Goel et al., 2006). Ces résultats animaux ne se transposent pas directement à la femme, mais en l’absence de données humaines, mieux vaut ne pas en prendre si vous êtes enceinte ou pouvez l’être.

Allaitement

Les petits essais n’ont rien relevé d’inquiétant, mais la sécurité n’a pas été étudiée rigoureusement. Demandez l’avis de votre sage-femme ou d’une consultante en lactation avant d’en prendre.

Allergie à l’asperge

L’allergie à l’asperge existe et peut être sévère : dans une série espagnole de 27 patients allergiques, trois avaient fait une réaction grave généralisée (anaphylaxie) après en avoir mangé (Tabar et al., 2004). Le shatavari est une autre espèce du même genre botanique ; nous n’avons trouvé aucune étude sur une éventuelle allergie croisée, mais par prudence, évitez-le si vous êtes allergique à l’asperge.

Hormones : prudence en cas de cancer hormonodépendant

Le shatavari est vendu pour « équilibrer les hormones », et l’un des essais a relevé un estradiol plus élevé sous shatavari après huit semaines. En cas de cancer du sein, de l’utérus ou de l’ovaire, actuel ou passé, d’endométriose ou de fibromes, ne le prenez pas sans l’accord de votre médecin, et ne l’associez pas à un traitement hormonal de la ménopause, au tamoxifène ou à un anti-aromatase. Si vous êtes suivie pour la thyroïde, signalez-le aussi.

Glycémie et diurétiques

Chez le rat diabétique, un extrait de racine a amélioré la tolérance au glucose et abaissé la glycémie (Hannan et al., 2012). Rien n’a été mesuré chez l’humain, mais si vous prenez un traitement du diabète, surveillez votre glycémie et parlez-en à votre médecin.

L’ayurvéda utilise aussi le shatavari comme diurétique, un effet retrouvé chez le rat à très forte dose, sans toxicité aiguë (Kumar et al., 2010). Si vous prenez un diurétique ou un médicament dont la dose dépend du fonctionnement des reins, demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien.

Comment bien choisir son shatavari

  1. La racine d’Asparagus racemosus, nommée en latin sur l’étiquette : c’est la partie utilisée par l’ayurvéda et dans tous les essais.
  2. Un extrait dont la concentration et la quantité par gélule sont indiquées, pour savoir ce que vous prenez réellement.
  3. Des analyses publiées, au minimum sur les métaux lourds et la qualité microbiologique.
  4. Une seule plante : plusieurs essais associent le shatavari à l’ashwagandha, une plante que l’ANSES déconseille à plusieurs profils. Un produit simple vous évite ces cumuls.

Notre recommandation : le shatavari de Nutriforce coche ces quatre cases. C’est un extrait de racine d’Asparagus racemosus concentré 20:1, à 500 mg par gélule végétale (HPMC), sans autre plante ni additif. Sa fiche qualité publie les contrôles des métaux lourds (plomb, arsenic, mercure, cadmium) et les analyses microbiologiques, tous conformes. Le produit est formulé en France et non irradié.

Questions fréquentes

Quand prendre le shatavari ?

Aucun horaire n’a démontré d’avantage. Dans l’essai sur la périménopause, la prise se faisait après le petit-déjeuner. L’essentiel est la régularité, pendant au moins huit semaines avant de juger.

Le shatavari fait-il grossir ou maigrir ?

Ni l’un ni l’autre, d’après les données disponibles : nous n’avons trouvé aucune étude sur le poids, et dans un essai de huit semaines, l’indice de masse corporelle n’a pas bougé davantage que sous placebo.

Le shatavari aide-t-il à tomber enceinte ?

Rien ne le montre : aucun essai n’a mesuré de grossesses. Les études chez l’animal invitent même à l’arrêter dès qu’une grossesse est possible.

Peut-on prendre du shatavari pendant l’allaitement ?

C’est son usage traditionnel, et un essai récent montre davantage de lait dans les trois jours suivant l’accouchement. Mais sa sécurité pendant l’allaitement n’a pas été étudiée rigoureusement : parlez-en d’abord à votre sage-femme, et faites vérifier la mise au sein, qui reste la première cause d’un manque de lait.

Le shatavari convient-il aux hommes ?

Aucun essai contrôlé n’a été mené chez l’homme. Les promesses sur la fertilité ou la vitalité masculines reposent sur des études animales.

Le shatavari est-il dangereux ?

Il est bien toléré dans les essais, qui restent courts et petits. Il est à éviter pendant la grossesse, en cas d’allergie à l’asperge et, par prudence, en cas de cancer hormonodépendant. Demandez un avis médical si vous prenez un traitement du diabète, de la thyroïde, un diurétique ou un traitement hormonal.

Notre avis

Le shatavari a une longue histoire en ayurvéda, mais son dossier scientifique ne fait que commencer : quelques essais courts, encourageants sur la ménopause et l’allaitement, dont plusieurs réalisés avec un extrait fourni par son fabricant. C’est une option raisonnable pour une femme en périménopause qui souhaite essayer une plante traditionnelle, sans antécédent de cancer hormonodépendant ni projet de grossesse, en jugeant honnêtement le résultat au bout de deux à trois mois. Un extrait de racine simple et analysé, comme le shatavari Nutriforce, permet de l’essayer dans de bonnes conditions. Pour des bouffées de chaleur marquées, le trèfle rouge ou un avis médical restent des choix mieux étayés.

Les informations de cet article sont données à titre informatif. Elles ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé, en particulier en cas de traitement, de grossesse ou de pathologie.