Trèfle rouge et ménopause : efficacité réelle, effets secondaires et contre-indications
Les isoflavones du trèfle rouge réduisent un peu les bouffées de chaleur, pas davantage. Ce que montrent les études et qui doit s'en abstenir.

Le trèfle rouge (Trifolium pratense) est une plante des prairies riche en isoflavones, des composés végétaux qui imitent faiblement les œstrogènes. À la ménopause, les méta-analyses récentes lui trouvent un effet modeste sur les bouffées de chaleur, de l’ordre d’une à deux de moins par jour par rapport à un placebo, alors qu’une revue Cochrane et un essai d’un an n’ont pas vu de différence nette. Il est déconseillé en cas de cancer du sein (actuel, passé ou dans la famille proche), de grossesse, d’allaitement, d’hypothyroïdie traitée et de traitement anticoagulant.
Trèfle rouge : qu’est-ce que c’est ?
Le trèfle rouge est une légumineuse fourragère aux fleurs rose pourpre, courante dans les prairies françaises. En complément alimentaire, on utilise surtout des extraits concentrés en isoflavones, principalement la biochanine A et la formononétine, avec de petites quantités de génistéine et de daidzéine. Dans un essai publié en 2004, par exemple, le comprimé apportait 26 mg de biochanine A, 16 mg de formononétine, 1 mg de génistéine et 0,5 mg de daidzéine par jour (Atkinson et al., 2004).
Des « phytoestrogènes », pas des hormones
Le trèfle rouge ne contient pas d’hormones. Ses isoflavones sont des phytoestrogènes : des molécules végétales capables de se fixer sur les récepteurs des œstrogènes, avec des effets différents de ceux de l’estradiol humain. Autre point important relevé par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa, aujourd’hui ANSES) : tout le monde ne répond pas de la même manière aux phytoestrogènes, car leur absorption et leur transformation dépendent de nos enzymes et de notre flore intestinale (Afssa, 2005). Cela explique en partie pourquoi les résultats varient autant d’une étude à l’autre.
Trèfle rouge et ménopause : ce que disent les études
Bouffées de chaleur : un effet modeste et inconstant
Deux méta-analyses récentes vont dans le sens d’un effet :
- en 2021, huit essais regroupés montrent en moyenne 1,7 bouffée de chaleur de moins par jour qu’avec un placebo. L’effet est plus net chez les femmes ménopausées qui ont au moins 5 bouffées par jour, avec au moins 80 mg d’isoflavones par jour et un suivi de 12 semaines (Kanadys et al., 2021) ;
- en 2026, neuf essais (femmes de 40 à 65 ans, 37 à 160 mg d’isoflavones par jour, pendant 12 semaines à 12 mois) confirment une réduction de la fréquence des bouffées, qualifiée de « faible à modérée » (Jiang et Wu, 2026).
D’autres travaux sont nettement moins favorables. La revue Cochrane sur les phytoestrogènes a regroupé cinq essais du même extrait de trèfle rouge : pas de différence significative avec le placebo. Elle note surtout un effet placebo très fort, avec une baisse des bouffées de 1 % à 59 % sous placebo selon les essais (Lethaby et al., 2013). Un essai de 12 mois l’illustre bien : les bouffées de chaleur ont diminué de 57 % sous trèfle rouge, de 63 % sous placebo et de 94 % sous traitement hormonal (Geller et al., 2009).
Concrètement, si vous avez 8 bouffées de chaleur par jour, vous pouvez espérer en perdre une ou deux de plus qu’avec un placebo, pas davantage. Le traitement hormonal de la ménopause reste bien plus efficace, avec ses propres risques à discuter avec votre médecin.
Niveau de preuve : faible à modéré, pour un effet modeste.
Autres symptômes de la ménopause
Dans l’essai de Geller, ni le trèfle rouge ni l’actée à grappes (autre plante vendue pour la ménopause) n’amélioraient les autres symptômes de la ménopause. Les données sur le sommeil, l’humeur ou la libido se limitent à des questionnaires subjectifs (voir plus bas). Pour le sommeil, le magnésium bisglycinate est une autre piste souvent envisagée ; la maca est elle aussi vendue pour la ménopause, avec des preuves à examiner de près.
Densité osseuse
À la ménopause, la baisse des œstrogènes accélère la perte osseuse. Dans un essai d’un an chez 205 femmes de 49 à 65 ans, un extrait de trèfle rouge a limité la perte de densité osseuse au niveau des vertèbres lombaires, mais pas au niveau de la hanche (Atkinson et al., 2004).
L’Afssa rappelait que les isoflavones pourraient avoir un effet sur la densité minérale osseuse, mais qu’aucune baisse du nombre de fractures n’a été observée, et que les données humaines sont moins concordantes que les données animales (Afssa, 2005). Le trèfle rouge ne remplace donc pas la prévention de l’ostéoporose décidée avec votre médecin.
Niveau de preuve : faible.
Peau et cheveux
Un essai de 2011 a donné à 109 femmes ménopausées 80 mg d’extrait de trèfle rouge par jour ou un placebo, pendant 90 jours chacun (chaque femme recevant les deux, dans un ordre tiré au sort). Après la phase trèfle rouge, les participantes ont déclaré une meilleure amélioration de l’état de leurs cheveux et de leur peau, ainsi que de la libido, de l’humeur, du sommeil et de la fatigue ; aucune différence pour les ongles, la pilosité et les muqueuses (Lipovac et al., 2011).
Il s’agit d’impressions notées par les participantes elles-mêmes, sans mesure objective, dans un seul essai. Pour la peau, d’autres compléments comme le collagène marin ont été davantage étudiés.
Niveau de preuve : très faible.
Fertilité : aucune donnée favorable
Nous n’avons trouvé aucune étude montrant que le trèfle rouge aide à concevoir. À l’inverse, l’Afssa recommande de limiter l’exposition du fœtus aux phytoestrogènes. Si vous cherchez à être enceinte, le trèfle rouge n’est pas indiqué.
Dosage, durée et moment de prise
| Question | Ce que disent les études et les autorités |
|---|---|
| Dose étudiée | De 37 à 160 mg d’isoflavones par jour, meilleurs résultats vers 80 mg |
| Limite conseillée en France | 1 mg d’isoflavones (en équivalent aglycone) par kilo de poids et par jour, toutes sources confondues |
| Durée minimale pour juger | 12 semaines |
| Durée étudiée sans problème de sécurité | Jusqu’à 3 ans dans les essais |
Un point mérite d’être souligné : les doses qui donnent les meilleurs résultats (environ 80 mg) dépassent la limite fixée par l’Afssa pour une femme de moins de 80 kg. Cette limite de 1 mg par kilo s’entend toutes sources confondues : si vous consommez du soja (tofu, boisson au soja, desserts au soja), il faut l’additionner (Afssa, 2005).
Aucune étude n’a comparé les moments de prise. Les essais donnaient les extraits en une ou deux prises par jour. Laissez passer au moins 12 semaines avant de juger l’effet, puis arrêtez si rien n’a changé.
La tisane de fleurs de trèfle rouge a une teneur en isoflavones inconnue et variable : impossible de savoir quelle dose vous prenez.
Effets secondaires, contre-indications et interactions
Des effets secondaires rares dans les essais
Dans les essais, le trèfle rouge est bien toléré. La revue Cochrane n’a pas relevé de stimulation œstrogénique de la muqueuse de l’utérus ou du vagin jusqu’à deux ans d’utilisation (Lethaby et al., 2013). Un essai de trois ans chez 401 femmes ayant au moins une parente proche atteinte d’un cancer du sein n’a trouvé aucune différence avec le placebo sur la densité mammaire, l’épaisseur de la muqueuse utérine, la densité osseuse ou les effets indésirables (Powles et al., 2008).
Contre-indications
- Cancer hormonodépendant, actuel ou passé (sein, utérus, ovaire) : l’Afssa appelle à la prudence au vu des données animales et recommande d’indiquer sur les compléments à base de phytoestrogènes qu’ils sont déconseillés aux femmes ayant des antécédents personnels ou familiaux de cancer du sein. Le centre américain Memorial Sloan Kettering indique que le trèfle rouge pourrait aggraver les cancers sensibles aux hormones (MSKCC).
- Grossesse et allaitement : à éviter, selon le Memorial Sloan Kettering, faute de sécurité établie.
- Hypothyroïdie traitée : selon l’Afssa, les isoflavones peuvent augmenter les besoins en hormones thyroïdiennes.
- Endométriose, fibromes ou autre maladie sensible aux œstrogènes : par prudence, avis médical avant toute prise.
Interactions médicamenteuses
Le Memorial Sloan Kettering signale plusieurs interactions possibles (MSKCC) :
- anticoagulants (warfarine et autres) : risque accru de saignement ;
- méthotrexate : un cas de toxicité (vomissements, douleurs d’estomac) a été rapporté chez une patiente sous méthotrexate qui venait de commencer le trèfle rouge ;
- médicaments éliminés par le foie : le trèfle rouge peut freiner plusieurs enzymes (cytochromes) qui les dégradent.
Si vous prenez un traitement hormonal (traitement de la ménopause, contraception, tamoxifène ou anti-aromatase après un cancer), n’ajoutez pas de trèfle rouge sans l’accord de votre médecin.
Ce que disent les autorités
En France, le rapport de l’Afssa sur les phytoestrogènes (2005) reste la référence. Il fixe la limite de 1 mg d’isoflavones par kilo et par jour, désigne comme groupes à risque le fœtus, les nourrissons, les femmes ayant des antécédents personnels ou familiaux de cancer du sein et les personnes hypothyroïdiennes traitées, et recommande un étiquetage indiquant la teneur en isoflavones (Afssa, 2005).
Au niveau européen, l’EFSA a évalué en 2015 les compléments d’isoflavones chez les femmes en périménopause et ménopausées : les données humaines ne montrent pas d’effet néfaste sur le sein, l’utérus ou la thyroïde aux doses des compléments. Mais faute de données, l’EFSA n’a pas conclu pour les femmes ayant ou ayant eu un cancer dépendant des œstrogènes (EFSA, 2015). Les deux avis se rejoignent sur l’essentiel : sans antécédent de cancer, le risque paraît faible ; avec un antécédent, on s’abstient.
Comment bien choisir son trèfle rouge
- La teneur en isoflavones, quand elle est indiquée en milligrammes par jour (idéalement en équivalent aglycone, comme le recommande l’Afssa) : c’est le chiffre le plus parlant pour comparer un produit aux études.
- Un extrait plutôt que la plante en poudre, dont la teneur varie trop.
- Pas de cumul avec d’autres sources de phytoestrogènes (soja, houblon, compléments « ménopause » combinés).
- Un certificat d’analyse pour les contaminants.
Notre recommandation : le trèfle rouge de Nutriforce est un extrait concentré 10:1 de la plante entière, et non une simple poudre, à 500 mg par gélule végétale. Il est accompagné d’une fiche d’analyse publiée sur les métaux lourds et la microbiologie : une composition claire et contrôlée.
Questions fréquentes
Quand prendre le trèfle rouge ?
Aucun moment n’a montré d’avantage. Les essais donnaient l’extrait en une ou deux prises par jour. Ce qui compte davantage est la durée : au moins 12 semaines avant de juger l’effet.
Le trèfle rouge est-il dangereux ?
Pour une femme ménopausée sans antécédent de cancer du sein, les essais jusqu’à trois ans et l’évaluation de l’EFSA sont rassurants. Il devient déconseillé en cas de cancer hormonodépendant actuel ou passé, d’antécédent familial de cancer du sein, de grossesse, d’allaitement, d’hypothyroïdie traitée ou de traitement anticoagulant.
Le trèfle rouge fait-il grossir la poitrine ?
Aucune étude ne le montre. Les essais qui ont mesuré la densité des seins par mammographie n’ont trouvé aucune différence avec le placebo, ce qui est plutôt rassurant sur le plan de la sécurité.
Le trèfle rouge aide-t-il à tomber enceinte ?
Non, rien ne le suggère. Les autorités recommandent au contraire de limiter l’exposition du fœtus aux phytoestrogènes : arrêtez-le si vous avez un projet de grossesse.
Peut-on le prendre avec un traitement hormonal de la ménopause ?
Ce n’est pas étudié, et additionner des produits à effet œstrogénique n’a pas de logique. Parlez-en à votre médecin, qui peut plutôt ajuster votre traitement. Il en va de même pour la DHEA, parfois proposée à la ménopause.
Notre avis
Le trèfle rouge peut réduire les bouffées de chaleur, avec un effet modeste dans les méta-analyses. Il mérite un essai de trois mois chez une femme gênée par ses bouffées qui ne veut ou ne peut pas prendre de traitement hormonal, à condition de n’avoir aucun antécédent personnel ou familial de cancer du sein. Un extrait concentré et analysé, comme le trèfle rouge Nutriforce, permet de l’essayer dans de bonnes conditions. La sauge officinale est une autre plante étudiée contre les bouffées de chaleur et la transpiration.
Les informations de cet article sont données à titre informatif. Elles ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé, en particulier en cas de traitement, de grossesse ou de pathologie.



