Anacyclus pyrethrum en musculation : quels bienfaits réels ?
Le pyrèthre d'Afrique n'a jamais été testé chez des pratiquants de musculation. Voici d'où vient sa réputation, et ce qui marche vraiment à la salle.

Aucun essai n’a testé l’Anacyclus pyrethrum (pyrèthre d’Afrique) chez des sportifs ou des pratiquants de musculation : on ne sait pas s’il améliore la force, la masse musculaire ou la récupération. Sa réputation repose sur une étude chez le rat, où un extrait concentré a fait monter la testostérone et le poids corporel. Si votre objectif est de progresser en salle, la créatine monohydrate et un apport suffisant en protéines ont, eux, des preuves solides chez l’humain.
D’où vient sa réputation en musculation ?
Tout part d’un raisonnement en deux temps : la plante ferait monter la testostérone, et la testostérone fait grossir les muscles. Le premier temps repose sur des travaux chez le rat. Dans l’étude la plus citée, des rats mâles ont reçu pendant 28 jours un extrait de racine à l’éthanol (50 à 150 mg par kilo) : leur testostérone a augmenté et ils ont pris du poids plus vite que les rats témoins (Sharma et al., 2013).
C’est tout. Cette étude n’a mesuré ni la force ni la masse musculaire, les rats ne s’entraînaient pas, et aucune équipe n’a reproduit ces résultats chez l’humain. Les autres études animales, qui ne trouvent pas toutes de hausse de la testostérone, sont détaillées dans notre article sur l’Anacyclus pyrethrum et la testostérone.
Testostérone et muscle : pourquoi le raisonnement ne suffit pas
La testostérone fait bien grossir le muscle, à dose médicamenteuse
Le lien entre testostérone et muscle est réel. Dans un essai de référence, 61 jeunes hommes ont reçu chaque semaine, pendant 20 semaines, des injections de 25 à 600 mg de testostérone, après blocage de leur production naturelle. La masse maigre a augmenté en proportion de la dose : de 3,4 kg à 125 mg par semaine jusqu’à 7,9 kg à 600 mg, sans entraînement (Bhasin et al., 2001).
Mais ce sont des injections de médicament, qui portent le taux sanguin bien au-delà de ce que le corps produit seul aux doses élevées, et qui relèvent du dopage chez le sportif. Aucun complément n’a montré qu’il approchait de tels niveaux.
Les variations naturelles de testostérone ne décident pas des gains
Une étude canadienne l’illustre bien. Douze jeunes hommes ont entraîné leurs deux bras séparément pendant 15 semaines : un bras seul, dans des conditions hormonales de repos, et l’autre juste avant une grosse séance de jambes qui faisait nettement monter la testostérone, l’hormone de croissance et l’IGF-1. À la fin, les deux bras avaient gagné autant de volume et de force (West et al., 2010).
Autrement dit, même si une plante faisait varier un peu la testostérone dans les valeurs normales, rien ne permet de penser que cela se verrait sur vos performances.
Les « boosters » n’augmentent généralement pas la testostérone
Une revue de 52 études portant sur 27 produits vendus comme « boosters de testostérone » conclut que la plupart ne l’augmentent pas (Morgado et al., 2024). Le tribulus, présenté avec le même mécanisme que le pyrèthre (une hausse de la LH, l’hormone qui commande les testicules), n’a amélioré ni la force ni la composition corporelle quand il a été testé chez des sportifs.
Ce que dit la nutrition du sport
La Société internationale de nutrition sportive (ISSN) classe les compléments de musculation en trois catégories selon leurs preuves (Kerksick et al., 2018). Le pyrèthre d’Afrique n’y est même pas évalué, faute d’études chez l’humain.
| Complément | Effet en musculation | Niveau de preuve selon l’ISSN |
|---|---|---|
| Créatine monohydrate | Plus de force et de masse maigre avec l’entraînement | Preuves solides |
| Protéines | Plus de masse maigre si l’alimentation en manque | Preuves solides |
| Tribulus, acide D-aspartique, fenugrec, ecdystéroïdes | Pas d’effet démontré | Peu ou pas de preuves |
| Pyrèthre d’Afrique | Jamais testé chez le sportif | Non évalué |
La créatine, le complément le mieux étayé
Pour l’ISSN, la créatine monohydrate est le complément le plus efficace pour augmenter la capacité d’effort à haute intensité et la masse maigre pendant l’entraînement (Kreider et al., 2017). Une méta-analyse de 35 essais (1 192 participants) montre qu’associée à la musculation, elle apporte 1,1 kg de masse maigre de plus qu’un placebo ; chez les hommes, le gain atteint 1,46 kg. Sans entraînement, elle ne fait rien (Delpino et al., 2022). La dose est de 3 à 5 g par jour : tout est détaillé dans notre article sur la créatine monohydrate.
Les protéines, si votre alimentation n’en apporte pas assez
Une poudre de protéines n’a d’intérêt que si vos repas ne suffisent pas à couvrir vos besoins. Notre guide des compléments en musculation explique comment calculer vos apports et classe les autres options, de la caféine à la bêta-alanine.
Si vous voulez quand même l’essayer
C’est votre choix, à condition de savoir que vous testez une piste et non un produit éprouvé. Quelques règles rendent l’essai plus utile :
- Gardez vos fondamentaux. Programme d’entraînement, protéines, sommeil : ce sont eux qui font progresser, et changer plusieurs choses à la fois empêche de savoir ce qui a marché.
- Un seul produit à la fois. Ne l’associez pas à d’autres « boosters » : on ne connaît ni l’intérêt ni la sécurité de ces mélanges.
- Notez des chiffres. Charges, répétitions, poids de corps : comparez sur deux ou trois mois plutôt que de vous fier au ressenti. Si c’est la testostérone qui vous intéresse, une prise de sang avant et après vaut mieux que toutes les impressions.
- Respectez les précautions. La racine pique la bouche, ce qui est normal ; chez la souris, des extraits à forte dose ont fait monter une enzyme du foie. Évitez-la en cas d’allergie aux Astéracées, de maladie du foie, de traitement hormonal ou anticoagulant : voyez notre article sur les effets secondaires de l’Anacyclus pyrethrum.
Comment bien le choisir
Les produits vendus aux sportifs sont souvent des mélanges aux doses peu lisibles. Pour le pyrèthre, cherchez :
- Le nom latin complet : Anacyclus pyrethrum, et la mention « racine ».
- Un ingrédient unique, plutôt qu’un « complexe » où la part de chaque plante est noyée dans un total.
- Une composition sans additif, pour savoir exactement ce que vous prenez.
- Des précautions d’emploi claires sur l’étiquette.
Notre recommandation : le pyrèthre d’Afrique de Nutriforce répond à ces critères : une seule matière première, de la racine d’Anacyclus pyrethrum var. depressus en poudre à 100 %, sans additif ni autre plante. Il se prend le matin avec un repas, ce qui s’intègre facilement dans une routine de sportif, et les précautions d’emploi sont affichées. Le code COMPLEMENTSANTE vous donne droit à une remise sur votre commande.
Questions fréquentes
L’Anacyclus pyrethrum fait-il prendre du muscle ?
On n’en sait rien : aucune étude n’a mesuré la masse musculaire de personnes qui en prennent. Chez le rat, un extrait a fait prendre du poids, sans que les chercheurs aient mesuré le muscle.
Pyrèthre d’Afrique en prise de masse ou en sèche ?
Aucune donnée ne permet de le recommander dans l’un ou l’autre cas. En prise de masse comme en sèche, les résultats dépendent de l’entraînement, du bilan calorique et des protéines. La créatine garde son intérêt dans les deux phases.
Faut-il faire des cycles de pyrèthre d’Afrique ?
Aucune étude n’a comparé une prise continue et des cycles. Faute de données de sécurité à long terme, des cures limitées dans le temps sont la solution la plus prudente.
Peut-on le prendre avec de la créatine ou de la whey ?
Nous n’avons trouvé aucune interaction documentée entre ces produits. Si vous testez le pyrèthre, gardez simplement le reste de votre routine inchangé pour pouvoir juger de son effet.
Pyrèthre d’Afrique ou tongkat ali pour la musculation ?
Aucun des deux n’a démontré d’effet sur la force ou le muscle. Le tongkat ali a au moins des essais chez l’homme montrant une hausse modeste de la testostérone, surtout quand elle est basse. Le pyrèthre n’a que des études animales, présentées dans notre article sur ses bienfaits.
Notre avis
Pour la musculation, le pyrèthre d’Afrique ne repose aujourd’hui que sur une chaîne d’hypothèses : une hausse de testostérone observée chez le rat, qui se traduirait en muscle chez l’homme. Aucun des deux maillons n’a été vérifié. Si vous cherchez un complément qui fait une différence mesurable, commencez par la créatine monohydrate, puis vérifiez vos apports en protéines. Si vous tenez à essayer le pyrèthre, faites-le en plus de ces bases, avec une racine pure comme celle de Nutriforce, et jugez-le sur vos carnets d’entraînement.
Les informations de cet article sont données à titre informatif. Elles ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé, en particulier en cas de traitement, de grossesse ou de pathologie.


