Anacyclus pyrethrum : effets secondaires, dangers et contre-indications
Picotements, foie, allergie, grossesse : ce que l'on sait vraiment de la sécurité du pyrèthre d'Afrique, et ce qui reste inconnu.

Le pyrèthre d’Afrique (Anacyclus pyrethrum) n’a jamais fait l’objet d’une étude de sécurité chez l’humain : on ne peut ni le dire dangereux, ni le dire sans risque. Son effet le mieux connu est local : la racine pique, engourdit la bouche et fait saliver. Chez la souris, des extraits de racine ont fait monter une enzyme du foie dès 300 mg par kilo et abîmé le foie, les reins et la rate à très forte dose. Il est à éviter pendant la grossesse et l’allaitement, en cas d’allergie aux Astéracées, et sans avis médical si vous prenez un anticoagulant ou un traitement hormonal.
Ce que l’on sait, et ce que l’on ignore
Aucune étude n’a évalué les effets secondaires du pyrèthre chez l’humain, sportif ou non : aucun essai clinique n’a été publié sur la plante seule. Les informations disponibles viennent de trois sources :
- l’usage traditionnel, décrit notamment par la Pharmacopée ayurvédique de l’Inde ;
- des études chez l’animal, surtout le rat et la souris ;
- des enquêtes auprès d’herboristes. Au Moyen Atlas marocain, où la racine en poudre est frottée sur la gencive contre les maux de dents, les 58 herboristes interrogés ont tous classé le pyrèthre parmi les plantes toxiques (Najem et al., 2020).
L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) inscrit aussi la racine dans son Compendium des plantes contenant des substances potentiellement préoccupantes, en raison de la pellitorine, son principal composé actif. Ce registre n’est pas une interdiction : il signale un point à examiner lors de l’évaluation d’un produit.
Picotements, engourdissement et salive : l’effet sur la bouche
C’est l’effet le plus constant, et il est attendu. La Pharmacopée ayurvédique de l’Inde décrit une sensation de fourmillement sur la langue et les lèvres et une salivation abondante dès que l’on mâche la racine. On dit de la plante qu’elle est « sialagogue », c’est-à-dire qu’elle fait saliver.
Ces effets viennent des alkylamides de la racine. Ils expliquent aussi son usage contre les rages de dents : chez le cobaye, des extraits de racine injectés sous la peau ont eu un effet anesthésique local, avec des signes d’inflammation au point d’injection chez un animal (Muralikrishnan et al., 2017).
En pratique, un picotement passager est normal avec la poudre. Arrêtez si vous constatez une irritation qui dure, des aphtes, un gonflement des lèvres ou de la langue, ou une gêne pour avaler.
Foie et reins : les signaux des études chez l’animal
La principale étude de toxicité publiée a été menée chez la souris, avec des extraits hydroalcooliques des deux variétés de la plante, donnés en une fois à 300, 500 et 2 000 mg par kilo, puis observés pendant 14 jours (Jawhari et al., 2021) :
- aucune souris n’est morte, et la dose létale dépasse 2 000 mg par kilo : la toxicité aiguë est faible ;
- dès 300 mg par kilo, les extraits de racine ont fait monter l’ASAT, une enzyme dont l’élévation dans le sang signale une souffrance du foie ;
- à 2 000 mg par kilo, les chercheurs ont observé des lésions du foie, des reins et de la rate.
Aucune étude n’a évalué une prise répétée pendant plusieurs mois, chez l’animal comme chez l’humain. Si vous avez une maladie du foie ou des reins, abstenez-vous. Si vous en prenez et que vous remarquez une jaunisse (peau ou blanc des yeux jaunes), des urines foncées ou une fatigue inhabituelle, arrêtez et consultez.
Allergie : prudence si vous réagissez aux Astéracées
Le pyrèthre appartient à la famille des Astéracées, comme l’ambroisie, l’armoise, la camomille ou l’arnica. Une revue de 2025 rappelle que les plantes de cette famille sont des allergènes reconnus, qu’elles partagent des protéines responsables d’allergies croisées, et que certaines de leurs molécules peuvent déclencher des réactions générales chez une personne sensibilisée qui les avale (Ključevšek et Kreft, 2025).
Nous n’avons trouvé aucun cas d’allergie publié avec le pyrèthre d’Afrique, mais si vous êtes allergique au pollen d’ambroisie ou d’armoise, ou à la camomille, mieux vaut l’éviter.
Grossesse, allaitement et enfants
Aucune donnée n’existe chez la femme enceinte ou qui allaite, ni chez l’enfant. Deux éléments incitent à la plus grande prudence : la Pharmacopée ayurvédique de l’Inde cite la racine parmi les remèdes de l’absence de règles, et la plante modifie les hormones sexuelles chez le rat. Évitez-la pendant la grossesse et l’allaitement, et avant 18 ans.
Effets hormonaux : qui doit demander un avis
Chez le rat, un extrait de racine a fait monter la testostérone, la LH et la FSH, les hormones qui commandent les testicules (Sharma et al., 2013). On ignore si cet effet existe chez l’homme, comme nous l’expliquons dans notre article sur l’Anacyclus pyrethrum et la testostérone. Par précaution, demandez l’avis de votre médecin en cas de maladie de la prostate, de cancer hormonodépendant, de traitement hormonal ou de traitement de l’infertilité.
Interactions possibles
Aucune interaction n’a été documentée chez l’humain, faute d’études. Deux points justifient toutefois un avis médical :
- Anticoagulants et antiagrégants plaquettaires. La pellitorine purifiée a allongé les temps de coagulation, freiné l’agrégation des plaquettes et eu un effet anticoagulant chez la souris (Ku et al., 2013). Avec un traitement qui fluidifie le sang, le risque de saignement pourrait théoriquement augmenter. Signalez aussi la prise avant une chirurgie.
- Traitements hormonaux, pour les raisons vues plus haut.
Évitez enfin d’associer le pyrèthre à d’autres plantes vendues pour la testostérone : ces cumuls n’ont jamais été étudiés. Notre article sur les associations de compléments à risque donne les principaux pièges à connaître.
Pyrèthre d’Afrique et pyréthrines : ne pas confondre
Une partie des recherches sur les « dangers du pyrèthre » vise en réalité les pyréthrines, des insecticides naturels. Elles proviennent d’une autre plante, le pyrèthre de Dalmatie (Tanacetum cinerariifolium), dont on tire des produits contre les insectes (Lybrand et al., 2020). Ce n’est pas l’espèce vendue en complément sous le nom de pyrèthre d’Afrique : vérifiez toujours le nom latin sur l’étiquette.
Qui doit l’éviter ou demander un avis ?
| Situation | Pourquoi | Conseil |
|---|---|---|
| Grossesse, allaitement, moins de 18 ans | Aucune donnée, usage traditionnel sur les règles, effets hormonaux chez l’animal | À éviter |
| Allergie aux Astéracées | Allergies croisées possibles dans cette famille | À éviter |
| Maladie du foie ou des reins | Lésions chez la souris à forte dose | À éviter |
| Anticoagulant, antiagrégant, chirurgie prévue | Effet anticoagulant de la pellitorine chez la souris | Avis médical |
| Prostate, cancer hormonodépendant, traitement hormonal | Effets hormonaux chez le rat | Avis médical |
| Irritation persistante de la bouche | Effet local de la racine | Arrêter |
Comment bien le choisir et limiter les risques
Si vous décidez d’en prendre, quelques règles simples :
- Vérifiez l’espèce : Anacyclus pyrethrum, racine.
- Préférez un produit à ingrédient unique, pour savoir ce que vous prenez et identifier la cause d’un éventuel effet indésirable.
- Choisissez une composition sans additif, qui limite les sources d’intolérance.
- Lisez les précautions d’emploi et respectez la dose indiquée.
Notre recommandation : le pyrèthre d’Afrique de Nutriforce suit ces règles : sa composition tient en une ligne, 100 % de racine d’Anacyclus pyrethrum en poudre, sans additif ni autre plante. Les précautions d’emploi sont clairement affichées : ne pas dépasser la dose journalière, tenir hors de portée des enfants, et un produit déconseillé aux femmes enceintes et allaitantes. C’est le format le plus lisible si vous voulez surveiller votre tolérance.
Questions fréquentes
Le pyrèthre d’Afrique est-il dangereux ?
Aucune étude de sécurité n’existe chez l’humain. Les signaux viennent de l’animal (foie à forte dose) et de la tradition (irritation de la bouche). Il est à éviter pendant la grossesse, en cas d’allergie aux Astéracées et de maladie du foie, et à discuter avec un médecin en cas de traitement.
Pourquoi le pyrèthre d’Afrique pique-t-il la bouche ?
Ses alkylamides, dont la pellitorine, provoquent picotements, engourdissement et salivation. C’est normal et passager ; une irritation qui dure doit faire arrêter.
Le pyrèthre d’Afrique est-il toxique pour le foie ?
Chez la souris, des extraits de racine ont fait monter une enzyme du foie dès 300 mg par kilo et provoqué des lésions à 2 000 mg par kilo. Aucune atteinte du foie n’a été publiée chez l’humain, mais les données manquent : abstenez-vous en cas de maladie du foie.
Peut-on prendre du pyrèthre d’Afrique enceinte ?
Non. Aucune donnée n’existe, la tradition l’utilise pour faire revenir les règles et il modifie les hormones chez l’animal.
Existe-t-il des effets secondaires en musculation ?
Les sportifs ne sont pas mieux étudiés que les autres : aucun essai n’existe. Les précautions sont les mêmes pour tous, et l’intérêt de la plante en musculation reste à démontrer, comme nous l’expliquons dans notre article sur l’Anacyclus pyrethrum en musculation.
Notre avis
Le pyrèthre d’Afrique n’est pas une plante anodine, mais rien ne le range parmi les compléments les plus risqués : sa toxicité aiguë est faible chez l’animal et ses effets sur la bouche sont connus depuis des siècles. Le vrai problème est le manque de données chez l’humain, surtout en prise prolongée. Si vous êtes en bonne santé, sans grossesse, sans allergie aux Astéracées ni traitement, une cure courte avec une racine pure comme celle de Nutriforce reste une option raisonnable. Dans les autres cas, abstenez-vous. Pour faire le point sur ce que la plante apporte réellement, lisez notre article sur les bienfaits du pyrèthre d’Afrique et notre guide du booster de testostérone naturel.
Les informations de cet article sont données à titre informatif. Elles ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé, en particulier en cas de traitement, de grossesse ou de pathologie.


