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Vitamines, minéraux et oméga 3

Carence en vitamine D : symptômes, causes, taux normal et que faire

Souvent silencieuse, parfois douloureuse : comment lire son taux de vitamine D, reconnaître une vraie carence et la corriger sans excès.

Par Jérémy Barbier · · 9 min de lecture · mis à jour le

Rayon de soleil d'hiver traversant une fenêtre et éclairant une table en bois où sont posées quelques capsules jaunes

On parle de carence en vitamine D quand le taux sanguin de 25-hydroxyvitamine D, noté 25(OH)D sur les analyses, descend sous 10 à 12 ng/mL (25 à 30 nmol/L), et de déficit sous 20 ng/mL (50 nmol/L). Un taux bas peut ne donner aucun symptôme ; une carence profonde et durable provoque des douleurs osseuses et musculaires, une faiblesse des muscles et, chez l’enfant, un rachitisme. Elle vient surtout d’un manque de soleil et se corrige en quelques semaines à quelques mois par une supplémentation, prescrite par le médecin quand le manque est marqué.

Taux de vitamine D : carence, déficit ou insuffisance ?

La prise de sang mesure la 25(OH)D, la forme de réserve de la vitamine D. Le résultat s’exprime en ng/mL ou en nmol/L (1 ng/mL vaut 2,5 nmol/L). Les seuils ci-dessous sont ceux que rappelle le Groupe de recherche et d’information sur les ostéoporoses, ou GRIO, dans ses recommandations de 2019.

Taux de 25(OH)D Ce que cela signifie
Moins de 10 à 12 ng/mL (25 à 30 nmol/L) Carence : le seul seuil sur lequel tous les experts s’accordent
Moins de 20 ng/mL (50 nmol/L) Déficit : sous le taux jugé suffisant pour la population générale
20 à 30 ng/mL (50 à 75 nmol/L) Suffisant pour un adulte en bonne santé ; trop bas en cas d’ostéoporose, de chutes répétées, de malabsorption ou de maladie rénale
30 à 60 ng/mL (75 à 150 nmol/L) Zone visée chez ces patients
Plus de 60 ng/mL (150 nmol/L) Plafond à ne pas dépasser
Autour de 150 ng/mL (375 nmol/L) Intoxication possible

Le mot « insuffisance », souvent employé pour un taux compris entre 20 et 30 ng/mL, est donc discutable pour un adulte en bonne santé. Le Manuel MSD retient d’ailleurs un taux supérieur à 20 à 24 ng/mL pour la santé des os. Et dans ses recommandations de 2024, la société savante américaine d’endocrinologie constate qu’aucun essai ne permet de définir un taux optimal pour prévenir des maladies (Demay et al., 2024).

Quels sont les symptômes d’une carence en vitamine D ?

Chez l’adulte

La vitamine D sert à absorber le calcium et le phosphore et à minéraliser les os. Quand elle manque longtemps, l’os se déminéralise : c’est l’ostéomalacie. L’ANSES et le Manuel MSD décrivent deux familles de signes :

  • des troubles osseux : douleurs des os, surtout du bassin, de la colonne et des jambes, et fragilité, avec des fractures pour un choc minime ;
  • des troubles musculaires : baisse du tonus, douleurs et faiblesse musculaires et, quand le calcium sanguin chute, crises de tétanie voire convulsions.

Ces signes correspondent à une carence profonde. Un taux modérément bas en sortie d’hiver peut ne donner aucun symptôme.

La fatigue

C’est le symptôme le plus souvent évoqué, et il existe un essai contrôlé sur le sujet. Chez 120 adultes fatigués dont le taux était inférieur à 20 ng/mL, une dose unique de 100 000 UI a amélioré la fatigue chez 72 % des participants en quatre semaines, contre 50 % sous placebo (Nowak et al., 2016). L’essai est unique et de petite taille, mais il soutient l’idée de vérifier son taux quand une fatigue dure. Les autres causes à rechercher sont passées en revue dans notre guide des compléments contre la fatigue.

Chez l’enfant et le nourrisson

La carence provoque le rachitisme : le Manuel MSD décrit un crâne mou chez le nourrisson, un retard pour s’asseoir et marcher, puis des jambes arquées et des déformations des côtes. Des crampes ou une tétanie peuvent être les premiers signes. C’est pour l’éviter que la vitamine D est prescrite aux nourrissons et aux enfants. L’ANSES recommande d’utiliser pour eux des médicaments plutôt que des compléments alimentaires, après plusieurs surdosages chez des nourrissons.

Cheveux, vertiges, poids, peau : ce qui est établi

  • Chute de cheveux. Une méta-analyse de 23 études (3 374 patients) montre que les personnes qui perdent leurs cheveux ont plus souvent un taux bas que les autres (Chen et al., 2024). C’est une association : rien ne prouve que la carence cause la chute, ni qu’un complément fasse repousser les cheveux. Voyez notre guide des compléments pour les cheveux.
  • Vertiges. La carence n’est pas une cause classique de vertiges. Un lien existe avec une forme précise, le vertige positionnel bénin, dû à de petits cristaux déplacés dans l’oreille interne : dans un essai coréen mené chez 1 050 patients, la moitié a bénéficié d’un dosage, suivi d’un an de vitamine D et de calcium quand le taux était inférieur à 20 ng/mL. Dans ce groupe, 37,8 % des patients ont récidivé, contre 46,7 % dans le groupe simplement suivi. L’essai n’utilisait pas de placebo.
  • Prise de poids. Le lien va plutôt dans l’autre sens : le surpoids abaisse le taux de vitamine D, comme nous l’expliquons dans notre article sur la vitamine D3. Nous n’avons pas trouvé de preuve que la carence fasse grossir.
  • Peau, yeux, signes neurologiques. Ils ne figurent pas parmi les signes de carence décrits par l’ANSES ou le Manuel MSD, en dehors de la tétanie et des convulsions liées au manque de calcium.

Quelles sont les causes ?

Le manque de soleil, avant tout. La peau fabrique la vitamine D sous l’effet des UVB. Cette production chute en hiver, quand on sort peu, quand on se couvre beaucoup, avec l’âge et quand la peau est foncée. L’alimentation ne compense pas : seuls les poissons gras, l’huile de foie de morue et le jaune d’œuf en contiennent des quantités notables.

Les situations à risque. L’ANSES cite les personnes âgées, les nouveau-nés et les nourrissons, les femmes enceintes, les femmes ménopausées et les personnes à la peau mate ou foncée. S’y ajoutent le surpoids et la vie en institution.

Les maladies et les médicaments. Les maladies qui gênent l’absorption des graisses (maladie cœliaque, mucoviscidose), la chirurgie de l’obésité, les maladies chroniques du rein ou du foie, ainsi que certains antiépileptiques et les corticoïdes, selon le GRIO et le Manuel MSD.

La carence est-elle fréquente en France ?

Le déficit est banal, la carence franche beaucoup moins. Dans l’étude nationale Esteban, menée de 2014 à 2016, la carence touchait près de 7 % des adultes, 4 % des enfants et 13 % des adolescents, et seul un adulte sur quatre atteignait le seuil jugé adéquat. Le GRIO estime de son côté que 40 à 50 % des Français sont sous 20 ng/mL. Les variations selon la saison sont détaillées dans notre article sur la vitamine D3.

Comment savoir : faut-il faire une prise de sang ?

Pas systématiquement. La Haute Autorité de santé recommande de réserver le dosage au diagnostic du rachitisme et de l’ostéomalacie, à la mise en route de certains traitements de l’ostéoporose, aux personnes âgées qui chutent à répétition, au suivi d’une greffe de rein et à la chirurgie de l’obésité. Les recommandations américaines de 2024 déconseillent elles aussi le dosage de routine, y compris chez les personnes en surpoids ou à la peau foncée.

Autrement dit, un adulte en bonne santé qui s’expose peu au soleil peut prendre une petite dose quotidienne en hiver sans dosage préalable. La prise de sang se justifie en cas de douleurs osseuses, de fractures, de chutes, de maladie digestive ou rénale, ou de fatigue inexpliquée qui dure : c’est votre médecin qui en juge.

Que faire en cas de carence, et en combien de temps le taux remonte-t-il ?

Le traitement prescrit

Quand le dosage montre un taux inférieur à 20 ng/mL chez une personne à risque osseux, le GRIO propose une phase de recharge : 50 000 UI de vitamine D3 par semaine pendant 8 semaines (4 semaines si le taux est compris entre 20 et 30 ng/mL), puis un entretien de 50 000 UI par mois. Ces ampoules sont des médicaments, à prendre selon la prescription de votre médecin. Les experts conseillent désormais les doses les plus faibles et les plus rapprochées possible : 50 000 UI par mois plutôt que 100 000 UI tous les deux mois.

Le délai

Le taux remonte pendant la phase de recharge, soit en un à deux mois. Le GRIO recommande de le contrôler après 3 à 6 mois, car la réponse varie beaucoup d’une personne à l’autre. Avec une prise quotidienne, la hausse est progressive : dans une étude menée chez 67 hommes pendant une vingtaine de semaines d’hiver, chaque microgramme quotidien élevait le taux d’environ 0,7 nmol/L à l’équilibre. Pour 1 000 UI (25 µg) par jour, cela représente environ 7 ng/mL de plus.

Sans carence avérée : la prévention

L’apport de référence d’un adulte est de 15 µg (600 UI) par jour. Les recommandations américaines de 2024 suggèrent une supplémentation chez les enfants et adolescents, après 75 ans et pendant la grossesse, et préfèrent après 50 ans une prise quotidienne aux fortes doses espacées. Le dosage, la limite de sécurité de 4 000 UI par jour et les risques de surdosage sont traités en détail dans notre article sur la vitamine D3.

Soleil et alimentation

L’ANSES rappelle que 15 à 20 minutes d’exposition en fin de matinée ou dans l’après-midi, aux beaux jours, couvrent les besoins, et conseille deux portions de poisson par semaine dont une de poisson gras (hareng, sardine, saumon, maquereau). En hiver, sous nos latitudes, ces mesures ne suffisent généralement pas à remonter un taux bas.

Comment bien choisir un complément de vitamine D

  1. De la vitamine D3 (cholécalciférol), la forme la plus étudiée.
  2. Une prise quotidienne plutôt que de fortes doses espacées, en dehors d’une prescription.
  3. Une dose lisible en UI et en µg, qui reste loin de 4 000 UI par jour une fois vos autres apports ajoutés.
  4. Un format sans erreur possible : une gélule égale une dose.
  5. Une teneur contrôlée par analyse, puisque des erreurs de fabrication ont déjà causé des intoxications.

Notre recommandation : la vitamine D3 de Nutriforce répond à ces cinq critères. Chaque gélule apporte 2 000 UI (50 µg) de cholécalciférol, à prendre une fois par jour : une dose quotidienne simple, dans une gélule végétale, sans autre ingrédient. Sa fiche qualité publie le contrôle de la teneur en vitamine D3, des métaux lourds et de la qualité microbiologique, réalisé par un laboratoire indépendant. Une boîte de 60 gélules couvre deux mois.

Questions fréquentes

Quel est le taux normal de vitamine D ?

Pour un adulte en bonne santé, un taux de 25(OH)D d’au moins 20 ng/mL (50 nmol/L) est considéré comme suffisant. Chez les personnes qui ont une ostéoporose, qui chutent, ou qui ont une maladie rénale ou digestive, les experts français visent 30 à 60 ng/mL.

Carence ou insuffisance en vitamine D : quelle différence ?

La carence désigne un taux très bas, sous 10 à 12 ng/mL, qui expose à des complications osseuses. L’insuffisance désigne la zone de 20 à 30 ng/mL, qui ne pose problème que chez les personnes à risque osseux. Entre les deux, on parle de déficit.

Combien de temps faut-il pour remonter un taux de vitamine D ?

Un à deux mois avec un traitement de recharge prescrit, plusieurs mois avec une petite dose quotidienne. Un contrôle n’a de sens qu’après 3 à 6 mois.

La carence en vitamine D fatigue-t-elle ?

Elle peut y contribuer : dans un essai, corriger un taux inférieur à 20 ng/mL a amélioré la fatigue plus souvent que le placebo. Mais une fatigue durable a beaucoup d’autres causes, à rechercher avec votre médecin.

Quel médicament contre une carence en vitamine D ?

Des ampoules ou des gouttes de cholécalciférol (vitamine D3), prescrites par le médecin selon le résultat du dosage. Une carence franche ne se traite pas avec un complément pris au hasard.

Quand faut-il s’inquiéter ?

En cas de douleurs osseuses diffuses, de faiblesse musculaire, de fracture après un choc léger, de crampes avec fourmillements, ou chez un enfant dont les jambes se déforment. Ces signes justifient une consultation, pas un achat.

Notre avis

Un taux un peu bas en sortie d’hiver n’est pas une maladie : c’est la situation d’une grande partie des Français, et elle se corrige simplement. La carence franche, elle, abîme les os et les muscles, et relève d’une prescription. Si vous sortez peu, avez la peau foncée, êtes en surpoids ou avez plus de 75 ans, une gélule quotidienne d’octobre à avril, comme la vitamine D3 Nutriforce, est une prévention raisonnable ; ne cumulez pas plusieurs produits qui en contiennent. Et si vous avez des symptômes, faites doser votre taux avant de choisir une dose.

D’autres manques peuvent expliquer fatigue et crampes : lisez aussi notre article sur la carence en magnésium, et notre guide des compléments pour l’immunité pour la saison froide.

Les informations de cet article sont données à titre informatif. Elles ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé, en particulier en cas de traitement, de grossesse ou de pathologie.