Carence en zinc : symptômes (peau, cheveux), causes et que faire
Chute de cheveux, peau abîmée, goût émoussé, infections à répétition : les signes d'un manque de zinc, qui est vraiment concerné, et comment réagir.

Une carence en zinc se manifeste surtout par une chute de cheveux, des lésions de la peau, un goût et un odorat émoussés, des infections à répétition et des plaies qui cicatrisent mal ; chez l’homme, elle peut aussi faire baisser la testostérone et la production de sperme. Elle est rare chez un adulte qui mange de tout, et touche surtout les personnes âgées, les végétariens et végétaliens, les maladies digestives chroniques, l’alcool et les suites de chirurgie de l’obésité. Aucune prise de sang n’est fiable à elle seule : le diagnostic repose sur les symptômes, le contexte et la réponse à une supplémentation, limitée à 15 mg par jour sans avis médical.
Les symptômes d’une carence en zinc
Le zinc intervient dans l’activité de près de 300 enzymes. Quand il manque, la peau, les cheveux, le goût et les défenses immunitaires peuvent être touchés. Les signes sont toutefois peu spécifiques, et aucun ne suffit à poser le diagnostic.
| Zone concernée | Signes décrits | À savoir |
|---|---|---|
| Peau | Éruptions, dermatite, plaies lentes à cicatriser | Plaques autour des yeux, du nez et de la bouche dans les formes sévères |
| Cheveux et ongles | Chute de cheveux, parfois par plaques ; ongles abîmés | La chute de cheveux a beaucoup d’autres causes |
| Goût et odorat | Goût et odorat émoussés, perte d’appétit | Signes classiques |
| Immunité | Infections à répétition | Conséquence retenue par l’ANSES |
| Hormones masculines | Baisse de la testostérone, sperme moins abondant | En cas de carence modérée à sévère |
| Croissance (enfant) | Croissance ralentie, puberté retardée, diarrhée | Principal signe chez l’enfant |
| État général | Lassitude, apathie, irritabilité, anémie, mauvaise vision de nuit | Peu spécifique |
Cette liste reprend celle du Manuel MSD et d’une synthèse destinée aux médecins généralistes, qui insiste sur un point : pris un par un, ces symptômes n’ont rien de caractéristique.
Sur la peau
La carence provoque une dermatite, c’est-à-dire une inflammation de la peau, et ralentit la cicatrisation. La forme la plus typique se voit dans l’acrodermatite entéropathique, une maladie génétique rare qui empêche d’absorber le zinc : des plaques qui rappellent le psoriasis apparaissent autour des yeux, du nez et de la bouche ainsi que sur les fesses, avec une chute de cheveux, une inflammation du pourtour des ongles, des diarrhées et des infections répétées.
L’acné n’est pas un signe de carence à proprement parler. L’usage du zinc contre l’acné, avec ses résultats modestes, est traité dans notre article sur les bienfaits du zinc, et les autres options dans notre guide des compléments pour la peau.
Sur les cheveux et les ongles
La chute de cheveux fait partie des signes reconnus. Dans une étude coréenne comparant 312 personnes qui perdaient leurs cheveux à 30 témoins, le zinc sanguin était plus bas en moyenne chez les premières (84 contre 98 µg/dL), et les taux franchement bas, sous 70 µg/dL, étaient plus fréquents dans la pelade et dans la chute diffuse appelée effluvium télogène. C’est une association : elle ne prouve pas qu’un complément fasse repousser les cheveux d’une personne qui ne manque pas de zinc. La calvitie masculine classique, elle, est d’origine hormonale. Notre guide des compléments pour les cheveux fait le tri cause par cause.
Pour les ongles, les références médicales citent des ongles abîmés ou déformés et une inflammation de leur pourtour dans les carences sévères. Les petites taches blanches, souvent attribuées au zinc, ne figurent pas parmi les signes décrits.
Sur le goût, l’odorat et l’appétit
Un goût et un odorat émoussés sont des signes classiques, souvent accompagnés d’une perte d’appétit. La revue Cochrane sur les troubles du goût a réuni neuf essais comparant le zinc à un placebo chez 544 personnes : le zinc semble améliorer les tests de goût quand le trouble est lié à une carence ou reste inexpliqué, mais les auteurs jugent ces preuves de très faible qualité.
Sur l’immunité
L’ANSES retient deux conséquences principales de la carence : un ralentissement de la croissance chez l’enfant et une diminution des fonctions du système immunitaire (références nutritionnelles, 2021). Corriger un manque est donc utile. En revanche, prendre du zinc quand on n’en manque pas ne protège guère des rhumes, comme nous le détaillons dans notre guide des compléments pour l’immunité.
Chez l’homme
Le zinc participe à la fabrication de la testostérone et des spermatozoïdes. Une carence modérée à sévère entraîne un hypogonadisme, c’est-à-dire un fonctionnement insuffisant des testicules, avec une testostérone basse et un sperme moins abondant. Une méta-analyse de 20 études (2 600 hommes infertiles, 867 témoins) trouve moins de zinc dans le liquide séminal des hommes infertiles, et une amélioration du volume, de la mobilité et de la forme des spermatozoïdes sous supplémentation ; les auteurs réclament des études complémentaires. Chez un homme dont les apports sont suffisants, le zinc ne fait pas monter la testostérone : voyez notre guide sur les façons de soutenir sa testostérone naturellement.
Chez l’enfant
Croissance ralentie, diarrhées, infections fréquentes et puberté retardée sont les principaux signes. Un enfant qui ne grandit pas normalement doit voir un médecin : ne lui donnez pas un complément pour adulte.
Qui risque de manquer de zinc ?
Les personnes qui en mangent peu ou l’absorbent mal. Le zinc se trouve surtout dans la viande, les abats, le fromage, les poissons, les fruits de mer et les légumineuses. Mais les phytates, des composés des céréales complètes et des légumineuses, freinent son absorption. Une méta-analyse de 26 études montre que les végétariens ont des apports et un zinc sanguin plus bas que les omnivores, l’écart étant plus marqué chez les femmes et les végétaliens.
Les personnes âgées. Dans l’avis de l’ANSES de 2015 sur les apports des Français, la part d’apports jugés insuffisants en zinc était de 9 % chez les hommes de 18 à 64 ans et de 24 % chez les femmes de 18 à 54 ans, mais de 35 % chez les femmes de 55 à 75 ans et de 44 % après 75 ans. Ces chiffres mesurent des apports, pas des carences avérées.
Les maladies et les traitements. Le Manuel MSD cite les maladies digestives chroniques (maladie cœliaque, maladie de Crohn, malabsorption), la chirurgie de l’obésité, l’alcool, les maladies du foie, l’insuffisance rénale chronique, le diabète, la drépanocytose et la prise de diurétiques.
Les situations de dénutrition, à tout âge, et la vie en institution chez les personnes âgées.
Comment savoir si l’on manque de zinc ?
C’est la vraie difficulté. L’ANSES rappelle qu’il n’existe pas de marqueur fiable du statut en zinc. Le dosage sanguin (zincémie) est l’examen le plus utilisé, avec un seuil souvent fixé autour de 70 µg/dL, mais un groupe d’experts internationaux en détaille les limites : le résultat varie avec le dernier repas, l’heure de la prise de sang, une inflammation en cours, certains médicaments et certaines hormones. Un taux bas pendant une infection ne signifie pas forcément que vous manquez de zinc, et le Manuel MSD ajoute qu’une albumine basse, fréquente dans ce contexte, rend le résultat difficile à interpréter.
Les mêmes experts déconseillent les dosages dans les cheveux, les urines ou les ongles, faute de données suffisantes. Les analyses de cheveux vendues en ligne ne sont donc pas un bon moyen de savoir si vous manquez de zinc.
En pratique, le médecin s’appuie sur un faisceau d’indices : des symptômes évocateurs, un terrain à risque, une zincémie basse mesurée à jeun et en dehors d’une infection, et l’amélioration sous supplémentation.
Que faire en cas de carence en zinc ?
Par l’alimentation
Viande, abats, fromage, poissons et fruits de mer : ce sont les sources les mieux absorbées. Si vous êtes végétarien, le fromage et les légumineuses prennent le relais, en sachant que les phytates freinent l’absorption et augmentent vos besoins.
Par un complément
En France, un complément alimentaire peut apporter au maximum 15 mg de zinc par jour, et la limite de sécurité est de 25 mg par jour pour un adulte, alimentation comprise. Une gélule de 10 à 15 mg par jour compense largement des apports alimentaires trop bas. Prenez-la de préférence à distance des repas, et à plus de 2 heures du fer et du calcium, qui réduisent son absorption, comme l’indique la notice du Rubozinc, le médicament à base de gluconate de zinc.
Sur prescription quand la carence est avérée
Le Manuel MSD indique des doses de 1 à 3 mg de zinc par kilo et par jour, poursuivies jusqu’à la disparition des symptômes. Ces doses dépassent largement celles d’un complément : elles se prennent sous contrôle médical, avec une surveillance de la zincémie. Le médecin recherche aussi la cause, car une carence installée chez un adulte qui mange normalement peut révéler une maladie digestive.
Les risques d’un excès
Trop de zinc bloque l’absorption du cuivre. La notice du Rubozinc décrit, en cas de surdosage, des troubles digestifs, une anémie, une baisse des globules blancs et un cuivre sanguin trop bas. Le zinc réduit aussi l’absorption de certains antibiotiques (cyclines, fluoroquinolones). Ne cumulez pas plusieurs produits qui en contiennent : multivitamines, formules « cheveux » ou « immunité » en apportent souvent déjà.
Comment bien choisir un complément de zinc
- Le zinc élément clairement indiqué, et non le seul poids du sel.
- Une forme bien absorbée, comme le gluconate ou le citrate, plutôt que l’oxyde.
- Une dose de 10 à 15 mg par jour, sans dépasser le plafond français.
- Une composition simple, pour éviter les cumuls et savoir ce que vous prenez.
- Des analyses publiées, au minimum sur les métaux lourds.
Notre recommandation : le zinc gluconate de Nutriforce répond à ces cinq critères. Chaque gélule apporte 15 mg de zinc élément sous forme de gluconate, la forme utilisée dans le médicament Rubozinc, en une seule prise par jour. La composition se limite au gluconate de zinc et à une gélule végétale, sans autre actif. Son certificat d’analyse confirme la teneur de 15 mg et publie les contrôles du plomb, de l’arsenic et du cadmium ainsi que les analyses microbiologiques, réalisés par un laboratoire indépendant.
Questions fréquentes
Comment savoir si on manque de zinc ?
Par un ensemble d’indices plutôt que par un test unique : des symptômes (chute de cheveux, peau abîmée, goût émoussé, infections répétées), un terrain à risque et une zincémie basse. Le dosage seul peut tromper, car il baisse en cas d’inflammation.
Quels sont les symptômes d’une carence en zinc chez l’homme ?
Les mêmes que chez la femme, auxquels s’ajoutent une baisse de la testostérone et une production de sperme diminuée quand la carence est marquée. Ces signes peuvent régresser quand le manque est corrigé.
La carence en zinc fait-elle tomber les cheveux ?
Oui, c’est un signe reconnu, et le zinc sanguin est plus bas en moyenne chez les personnes qui perdent leurs cheveux. Mais la plupart des chutes de cheveux ont une autre cause, hormonale, saisonnière ou liée au fer : un bilan médical est plus utile qu’un achat au hasard.
Les taches blanches sur les ongles sont-elles un signe de manque de zinc ?
Elles ne figurent pas parmi les signes de carence décrits dans les références médicales que nous avons consultées, qui mentionnent plutôt des ongles déformés et une inflammation de leur pourtour dans les formes sévères.
Combien de temps faut-il pour corriger une carence en zinc ?
Aucune durée précise n’est fixée : le traitement se poursuit jusqu’à la disparition des symptômes, sous contrôle médical quand les doses dépassent celles d’un complément.
Une carence en zinc a-t-elle des effets sur la grossesse ?
Les besoins en zinc augmentent pendant la grossesse et l’allaitement. Si votre alimentation en apporte peu, parlez-en à votre médecin ou à votre sage-femme, qui tiendra compte du zinc déjà présent dans les vitamines de grossesse.
Notre avis
La carence en zinc existe, mais elle est moins répandue que ne le suggèrent les listes de symptômes qui circulent : fatigue, cheveux ternes et ongles cassants ont le plus souvent une autre explication. Elle devient probable quand plusieurs signes s’ajoutent à un terrain à risque, comme une alimentation végétalienne, un âge avancé, une maladie digestive ou une chirurgie de l’obésité. Dans ce cas, une gélule quotidienne de 15 mg, comme le zinc gluconate Nutriforce, est un essai raisonnable pendant quelques semaines, sans cumuler d’autres produits au zinc. Si les symptômes sont marqués ou ne cèdent pas, c’est une consultation qu’il vous faut.
En hiver, un autre manque est bien plus fréquent en France : celui que décrit notre article sur la carence en vitamine D.
Les informations de cet article sont données à titre informatif. Elles ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé, en particulier en cas de traitement, de grossesse ou de pathologie.


