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Zinc : bienfaits, dosage, effets secondaires et quand le prendre

Rhume, acné, cheveux, testostérone : le zinc aide surtout quand on en manque. Ce que disent les études, et la dose à ne pas dépasser.

· 10 min de lecture

Gélules blanches de zinc dans une coupelle en céramique, à côté de graines de courge et de pois chiches

Le zinc est un oligoélément indispensable à l’immunité, à la peau et à la fabrication de la testostérone, mais un complément n’a d’effet démontré que chez les personnes qui en manquent. Pris dès les premiers symptômes, il pourrait raccourcir un rhume d’environ deux jours, sans aider à l’éviter ; contre l’acné, il agit moins bien qu’un antibiotique. Un adulte a besoin de 7,5 à 14 mg par jour selon son alimentation, et la limite de sécurité est fixée à 25 mg par jour, tous apports confondus : pris en excès pendant des mois, le zinc peut provoquer un manque de cuivre.

À quoi sert le zinc ?

Selon l’ANSES, le zinc intervient dans l’activité de près de 300 enzymes. Il participe à la défense contre le stress oxydant, à la structure de certaines hormones comme l’insuline et à la stabilité des membranes cellulaires. Une carence ralentit la croissance chez l’enfant et affaiblit le système immunitaire.

On le trouve surtout dans la viande, les abats, le fromage, les poissons, les fruits de mer et les légumineuses. Son absorption dépend beaucoup du reste du repas : les phytates, des composés présents dans les céréales complètes et les légumineuses, la freinent.

De combien de zinc avez-vous besoin ?

L’ANSES reprend les valeurs de l’EFSA, l’Autorité européenne de sécurité des aliments : plus votre alimentation contient de phytates, plus votre besoin augmente.

Apport en phytates Homme Femme
300 mg par jour 9,4 mg 7,5 mg
600 mg par jour 11,7 mg 9,3 mg
900 mg par jour 14 mg 11 mg

Pendant la grossesse, la référence passe à 9,1 à 12,6 mg par jour, et à 10,4 à 13,9 mg pendant l’allaitement.

La limite à ne pas dépasser. La limite supérieure de sécurité est de 25 mg par jour chez l’adulte, femmes enceintes comprises, alimentation et compléments additionnés. L’EFSA l’a fixée après avoir observé une altération du statut en cuivre chez des personnes qui prenaient 50 mg de zinc par jour. Elle est plus basse chez l’enfant : 7 mg entre 1 et 3 ans, 10 mg entre 4 et 6 ans, 13 mg entre 7 et 10 ans.

En France, un complément alimentaire ne peut pas apporter plus de 15 mg de zinc par jour, selon l’arrêté du 9 mai 2006 sur les nutriments autorisés.

Qui risque de manquer de zinc ?

L’ANSES rappelle qu’il n’existe pas de marqueur fiable du statut en zinc. Certains profils sont toutefois plus exposés.

  • Les végétariens et surtout les végétaliens. Selon une méta-analyse de 2013 (26 études), leurs apports et leur zinc sanguin sont plus bas que ceux des omnivores, surtout chez les femmes et les végétaliens.
  • Les alimentations riches en céréales complètes et en légumineuses, donc en phytates.
  • Les personnes qui absorbent mal les nutriments (maladie digestive chronique, chirurgie de l’obésité) et les grands consommateurs d’alcool.
  • Les personnes âgées qui mangent peu.

Les bienfaits du zinc selon les études

Effet recherché Ce que montrent les études Solidité des preuves
Éviter les rhumes Peu ou pas d’effet Revue Cochrane, certitude faible
Raccourcir un rhume Environ 2 jours de moins, surtout avec des pastilles Revue Cochrane, certitude faible
Acné inflammatoire Moins de boutons, mais moins bien qu’un antibiotique Un grand essai comparatif
Chute de cheveux Liée à la carence, effet d’un complément non démontré Revues, pas de grand essai
Testostérone Hausse seulement chez les hommes carencés Très petits essais

Immunité et rhume : raccourcir, pas prévenir

La revue Cochrane de 2024 a analysé 34 essais et 8 526 participants. Pris en prévention, le zinc ne réduit que peu ou pas le risque d’attraper un rhume (certitude faible). Pris au début d’un rhume, il pourrait en réduire la durée de 2,4 jours en moyenne, mais les résultats varient énormément d’un essai à l’autre et la certitude reste faible. En contrepartie, les effets indésirables non graves, comme le mauvais goût en bouche et les nausées, sont probablement plus fréquents.

Attention : la plupart des essais sur le traitement utilisaient des pastilles à laisser fondre en bouche, prises pendant quelques jours à trois semaines dès les premiers symptômes. On ne peut pas en déduire qu’une gélule avalée chaque matin protège des rhumes de l’hiver. La vitamine D3, autre complément souvent pris à cette saison, a elle aussi un effet modeste sur les infections respiratoires.

Acné : un effet réel, moins fort qu’un antibiotique

Dans un essai français de 2001, 332 patients ont reçu pendant 3 mois soit 30 mg de zinc par jour (sous forme de gluconate), soit 100 mg de minocycline, un antibiotique. Le traitement était jugé réussi quand les boutons inflammatoires diminuaient de plus des deux tiers : c’était le cas chez 31,2 % des patients sous zinc, contre 63,4 % sous antibiotique.

En France, le gluconate de zinc existe d’ailleurs comme médicament, le Rubozinc, indiqué dans l’acné inflammatoire mineure et moyenne. Sa notice prévoit 2 gélules de 15 mg par jour pendant 3 mois, puis 1 gélule. La Haute Autorité de santé juge son service médical rendu « faible » dans l’acné. En clair : le zinc peut aider une acné légère, mais une acné qui s’installe mérite un avis médical.

Cheveux : un lien avec la carence, pas de preuve d’efficacité

Une carence en zinc peut favoriser la chute des cheveux, d’où sa présence dans presque tous les compléments « capillaires ». Mais une revue de 2019 conclut que le rôle des vitamines et minéraux dans la chute de cheveux reste « pas entièrement clair » : de grands essais contrôlés manquent, même chez les personnes carencées. Nous n’avons trouvé aucun essai sérieux sur les cheveux blancs.

Si votre chute de cheveux est d’origine hormonale (la calvitie masculine classique), le zinc n’est pas la bonne piste ; le saw palmetto est davantage étudié dans cette indication, avec des résultats encore fragiles.

Testostérone : seulement si vous manquez de zinc

Dans une étude américaine de 1996, quatre jeunes hommes privés de zinc pendant 20 semaines ont vu leur testostérone chuter de 39,9 à 10,6 nmol/L. À l’inverse, chez neuf hommes âgés légèrement carencés, 30 mg de zinc par jour pendant six mois l’ont fait passer de 8,3 à 16,0 nmol/L. Ces résultats portent sur de très petits effectifs.

Chez des hommes qui mangent assez de zinc, l’effet disparaît. Dans une étude allemande de 2009, 14 sportifs dont les apports étaient suffisants ont pris un complément ZMA (zinc, magnésium et vitamine B6) à forte dose de zinc : leur testostérone n’a pas bougé. Comme la plupart des produits vendus pour « booster » la testostérone, dont le tribulus, le zinc ne fait pas monter une testostérone déjà normale.

Gluconate, citrate, bisglycinate : quelle forme choisir ?

Premier piège : le poids du sel n’est pas le poids du zinc. Dans le Rubozinc, 104,55 mg de gluconate de zinc apportent 15 mg de zinc. Fiez-vous toujours à la ligne « zinc » du tableau nutritionnel, parfois appelée « zinc élément ».

Côté absorption, un essai de 2014 a mesuré, avec des isotopes, le zinc réellement absorbé par 15 adultes à partir de 10 mg pris à jeun : 61,3 % pour le citrate, 60,9 % pour le gluconate et 49,9 % pour l’oxyde, trois participants n’absorbant presque pas l’oxyde.

Forme Absorption À savoir
Gluconate Bonne Forme du Rubozinc et de nombreux essais
Citrate Bonne, proche du gluconate Bien toléré
Bisglycinate, picolinate Présentées comme meilleures Seulement de très petites études
Oxyde Plus faible Peu soluble

L’oxyde mis à part, la forme compte beaucoup moins que la dose et la régularité.

Quand prendre le zinc ?

  • À distance des repas, si votre estomac le supporte. La notice du Rubozinc recommande de le prendre avec un grand verre d’eau, plus de 2 heures avant ou après un repas, car les aliments riches en fer ou en calcium diminuent son absorption, et de ne pas s’allonger dans les 30 minutes qui suivent.
  • Pendant un repas, si vous avez des nausées. L’absorption sera un peu moins bonne, mais la prise mieux tolérée.
  • Avec le magnésium : la notice du Rubozinc ne signale aucune interaction avec le magnésium, et vous pouvez prendre le zinc et le magnésium bisglycinate le même jour.

Effets secondaires, excès et interactions

Les effets indésirables

Aux doses habituelles, le zinc est bien toléré. La notice du Rubozinc classe comme rares les douleurs abdominales, les nausées, les vomissements et les troubles du transit, et comme très rares les réactions allergiques et les baisses de globules rouges ou blancs. Avec les pastilles, le goût désagréable et les nausées dominent.

Trop de zinc : le risque de manquer de cuivre

De forts apports en zinc diminuent l’absorption du cuivre. Les cas de surdosage décrits dans la notice du Rubozinc associent troubles digestifs, anémie, baisse des globules blancs (neutropénie) et cuivre sanguin trop bas ; une carence en cuivre prolongée peut aussi toucher les nerfs. C’est ce déséquilibre que la limite de 25 mg par jour vise à éviter. En pratique, ne cumulez pas plusieurs produits qui contiennent du zinc (multivitamines, complexes « peau » ou « cheveux », ZMA), et demandez un avis médical avant toute prise prolongée au-delà de cette limite.

Interactions médicamenteuses

La notice du Rubozinc liste trois interactions :

  • Antibiotiques de la famille des cyclines et des fluoroquinolones : le zinc réduit leur absorption. Prenez-les à plus de 2 heures d’intervalle.
  • Fer et calcium (compléments ou médicaments) : ils réduisent l’absorption du zinc. Même écart de 2 heures.
  • Strontium (traitement de l’ostéoporose) : son absorption est diminuée par le zinc.

Grossesse, allaitement et enfants

Pour l’acné, la notice du Rubozinc conseille par prudence d’éviter le zinc au premier trimestre de grossesse, puis de tenir compte des autres apports (multivitamines de grossesse notamment). Pendant l’allaitement, aucun effet indésirable n’a été rapporté chez les bébés dont la mère prenait jusqu’à 30 mg de zinc par jour. Chez l’enfant, les limites de sécurité sont basses : ne donnez pas un complément pour adulte sans l’avis du médecin.

Comment bien choisir un complément de zinc

  1. La quantité de zinc élément clairement indiquée, et pas seulement le poids du sel.
  2. Une forme bien absorbée : gluconate, citrate ou bisglycinate plutôt qu’oxyde.
  3. Une dose raisonnable, de 10 à 15 mg par jour, dans la limite autorisée en France pour un complément.
  4. Une composition simple, pour savoir exactement ce que vous prenez et éviter les cumuls.
  5. Des analyses accessibles, au minimum sur les métaux lourds.

Notre recommandation : le zinc gluconate de Nutriforce coche ces cases. Chaque gélule apporte 15 mg de zinc élément sous forme de gluconate, clairement indiqués, soit la dose maximale autorisée en France pour un complément, en une seule prise par jour. La composition se limite au gluconate de zinc et à une gélule végétale (HPMC), sans autre actif ajouté. Le certificat d’analyse publié sur la fiche détaille les contrôles des métaux lourds (plomb, arsenic, cadmium) et les analyses microbiologiques réalisés par un laboratoire indépendant.

Questions fréquentes

Quand prendre le zinc : le matin ou le soir ?

Aucune étude ne les a comparés. L’important est de le prendre à distance des repas si vous le tolérez, et à plus de 2 heures du fer, du calcium et de certains antibiotiques.

Peut-on prendre du zinc tous les jours ?

Oui, à dose modérée : un complément de 15 mg par jour reste compatible avec la limite de sécurité de 25 mg, à condition de ne pas cumuler plusieurs produits contenant du zinc. Au-delà, sur plusieurs mois, le risque de carence en cuivre devient réel.

Le zinc est-il efficace contre l’acné ?

Modestement : dans le principal essai, 30 mg par jour pendant 3 mois ont réussi chez 31 % des patients, contre 63 % avec un antibiotique. Comptez au moins 3 mois pour juger.

Quels sont les effets secondaires du zinc ?

Surtout digestifs : nausées, douleurs d’estomac, diarrhée ou constipation. À forte dose prolongée, le zinc provoque une carence en cuivre, avec anémie et baisse des globules blancs.

Peut-on prendre du zinc et du magnésium en même temps ?

Oui : la notice du médicament à base de zinc ne cite que le fer, le calcium et le strontium comme interactions. En revanche, les associations de type ZMA n’augmentent pas la testostérone des hommes qui ne manquent pas de zinc.

Notre avis

Le zinc est indispensable, mais si votre alimentation est variée et comprend des produits animaux, un complément ne vous apportera rien de démontré, ni contre les rhumes, ni pour les cheveux, ni pour la testostérone. Il a plus de sens si vous êtes végétarien ou végétalien, si vous mangez peu, ou pour accompagner une acné légère. Dans ces cas, une gélule de 15 mg de gluconate de zinc par jour, sans cumul avec d’autres produits qui en contiennent, est une option simple ; pour une acné qui dure ou une chute de cheveux marquée, voyez d’abord un médecin.

Pour comparer avec les autres options, consultez notre guide des compléments pour l’immunité.

Les informations de cet article sont données à titre informatif. Elles ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé, en particulier en cas de traitement, de grossesse ou de pathologie.