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Saw palmetto : bienfaits, prostate, cheveux et effets secondaires

Prostate, cheveux, testostérone : les promesses du palmier de Floride face aux essais, dont une revue Cochrane sans appel sur les troubles urinaires.

· 9 min de lecture

Grappe de baies de palmier nain de Floride, du vert au noir, sur des feuilles en éventail

Le saw palmetto, ou palmier nain de Floride (Serenoa repens), est surtout pris pour les troubles urinaires liés à une grosse prostate et contre la chute de cheveux. Pour la prostate, la revue Cochrane de 2023, qui porte sur 27 essais, conclut avec une certitude élevée qu’il n’améliore pas ou très peu les symptômes urinaires par rapport à un placebo. Pour les cheveux, quelques petites études sont encourageantes, mais bien moins solides que pour les traitements de référence. Il est bien toléré, ce n’est pas un « booster » de testostérone, et il ne doit jamais retarder une consultation en cas de troubles urinaires.

Qu’est-ce que le saw palmetto ?

Le saw palmetto est un petit palmier du sud-est des États-Unis dont on utilise les baies. D’après l’Agence européenne des médicaments (EMA), les préparations sont obtenues en plaçant les fruits dans un solvant (hexane ou éthanol), qui est ensuite en partie évaporé pour obtenir un extrait mou. Ces extraits sont riches en acides gras et en phytostérols, des composés végétaux proches du cholestérol.

Le comité des plantes médicinales de l’EMA a conclu que l’extrait à l’hexane pouvait être utilisé pour traiter les symptômes de l’hypertrophie bénigne de la prostate, et l’extrait à l’éthanol pour les soulager, sur la base de son usage traditionnel, « une fois que des affections graves ont été exclues par un médecin ». Ces médicaments sont réservés aux hommes adultes. En France, un extrait à l’hexane est d’ailleurs commercialisé comme médicament.

Saw palmetto et prostate : ce que disent vraiment les études

L’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) est une augmentation de volume, non cancéreuse, de la prostate, fréquente après 50 ans. Elle peut gêner l’écoulement de l’urine : jet faible, envies fréquentes, levers nocturnes.

La revue Cochrane : peu ou pas d’effet

La revue Cochrane de 2023 a réuni 27 essais et 4 656 hommes. En ne gardant que les essais les plus fiables, le saw palmetto seul améliore le score de symptômes urinaires de 0,9 point seulement, sur une échelle de 0 à 35, après 3 à 6 mois : une différence jugée négligeable, avec une certitude élevée. Après 12 à 17 mois, il n’y a plus aucune différence avec le placebo, et la qualité de vie n’est pas meilleure. Les effets indésirables ne sont pas plus fréquents que sous placebo.

Même à triple dose, rien ne change

Deux grands essais financés par les instituts nationaux de santé américains (NIH) vont dans le même sens. Dans le premier, 225 hommes de plus de 49 ans ont pris 160 mg d’extrait deux fois par jour ou un placebo pendant un an : aucune différence sur les symptômes, le débit urinaire, le volume de la prostate ou le PSA. Dans le second, 369 hommes ont reçu pendant 72 semaines soit un placebo, soit du saw palmetto à 320 mg par jour, puis 640 mg, puis 960 mg : le score de symptômes a baissé de 2,2 points sous saw palmetto, contre 3,0 points sous placebo.

Et l’extrait à l’hexane ?

Les défenseurs du saw palmetto font valoir que tous les extraits ne se valent pas. Une méta-analyse de 2018 consacrée au seul extrait à l’hexane (15 essais randomisés et 12 études observationnelles, 5 800 patients) lui attribue un peu moins de levers nocturnes (0,64 de moins par nuit) et un débit urinaire légèrement meilleur que le placebo. Mais selon le NCCIH, l’agence américaine des médecines complémentaires, la revue Cochrane a analysé séparément les extraits à l’hexane et les autres, sans trouver de différence entre eux sur les symptômes.

Le PSA n’est pas modifié

Le PSA est une protéine dosée dans le sang pour dépister et suivre le cancer de la prostate. D’après le NCCIH, le saw palmetto ne semble pas modifier sa valeur, même à dose élevée, ce que confirme l’essai d’un an cité plus haut. Il ne fausse donc pas le suivi, mais il ne dispense pas non plus d’en parler avec votre médecin.

Saw palmetto et chute de cheveux

La calvitie masculine classique, ou alopécie androgénétique, est liée à la DHT (dihydrotestostérone), une hormone dérivée de la testostérone qui miniaturise les follicules. Le finastéride, traitement de référence, bloque l’enzyme qui fabrique la DHT, la 5-alpha-réductase. Des études de laboratoire suggèrent que le saw palmetto freine aussi cette enzyme.

Une revue systématique de 2020 a recensé 5 essais randomisés et 2 études de cohorte, avec des produits oraux ou locaux contenant du saw palmetto (100 à 320 mg). Les résultats sont positifs : amélioration de la qualité des cheveux, du nombre de cheveux ou stabilisation de la chute selon les études. Mais les auteurs soulignent l’absence de données robustes, et beaucoup de ces produits associaient d’autres ingrédients, ce qui empêche d’attribuer l’effet au seul saw palmetto.

Une comparaison directe avec le traitement de référence lui est défavorable. Dans une étude italienne de 2012, sans placebo ni aveugle, 100 hommes ont pris pendant deux ans soit 320 mg de saw palmetto, soit 1 mg de finastéride par jour : 38 % ont vu leurs cheveux s’améliorer avec le saw palmetto, contre 68 % avec le finastéride. Le NCCIH résume la situation : les preuves sont trop limitées pour conclure.

DHT et testostérone : ce que fait et ne fait pas le saw palmetto

D’après l’EMA, des études de laboratoire suggèrent que le saw palmetto réduit l’action des hormones sexuelles masculines et a des effets anti-inflammatoires, mais son mode d’action n’est pas entièrement connu.

Il est pourtant vendu comme « booster » de testostérone, ce qui est une contradiction : un produit qui limiterait la transformation de la testostérone en DHT n’augmente pas pour autant la production de testostérone. Nous n’avons trouvé aucun essai contrôlé montrant une hausse de la testostérone sanguine avec le saw palmetto. Les autres produits vendus dans ce but ne font guère mieux : le tribulus n’a pas d’effet chez l’homme en bonne santé, et le zinc n’aide que les hommes qui en manquent. Parmi les plantes étudiées pour la testostérone, le Tongkat Ali dispose de davantage d’essais, avec leurs propres limites.

Et chez la femme ?

Le saw palmetto est parfois conseillé aux femmes pour une chute de cheveux, une pilosité excessive (hirsutisme) ou un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), en raison de son action supposée sur les hormones masculines. Nous n’avons trouvé aucun essai contrôlé solide dans ces indications. L’EMA réserve son usage médical aux hommes adultes, et le NCCIH indique qu’il pourrait être dangereux pendant la grossesse et l’allaitement. Pour le SOPK, le myo-inositol a été bien davantage étudié.

Quel dosage ?

La plupart des essais utilisent 320 mg d’extrait par jour, en une ou deux prises. Monter jusqu’à 960 mg n’a apporté aucun bénéfice supplémentaire dans l’essai à doses croissantes. Pour les cheveux, les études durent de quelques mois à deux ans : un éventuel effet ne peut pas se juger avant plusieurs mois. Aucune étude n’a comparé les moments de prise.

Effets secondaires, contre-indications et interactions

Un produit bien toléré

Une revue systématique des effets indésirables, qui a rassemblé 40 publications dont 26 essais randomisés, conclut que ses effets indésirables sont légers et comparables à ceux d’un placebo. Les plus souvent rapportés sont les douleurs abdominales, la diarrhée, les nausées, la fatigue, les maux de tête, une baisse de libido et la rhinite. L’EMA classe les douleurs abdominales et les maux de tête parmi les effets fréquents (1 à 10 personnes sur 100). Des événements graves isolés ont été signalés, sans lien de causalité établi.

Saignements, chirurgie et anticoagulants

Un cas publié en 2001 décrit une hémorragie grave pendant une opération chez un patient qui prenait du saw palmetto ; son temps de saignement, allongé, s’est normalisé quelques jours après l’arrêt. La revue des effets indésirables n’a pas trouvé d’interaction médicamenteuse documentée, mais par prudence :

  • signalez-le avant toute chirurgie et arrêtez-le selon l’avis de votre chirurgien ;
  • demandez l’avis de votre médecin si vous prenez un anticoagulant ou un antiagrégant plaquettaire ;
  • ne l’associez pas à un traitement hormonal (finastéride, dutastéride, traitement d’un cancer de la prostate) sans en parler à votre médecin.

Qui doit l’éviter ?

Les femmes enceintes ou qui allaitent, et les enfants. Les femmes qui envisagent une grossesse ont aussi intérêt à s’en abstenir, puisque son action supposée sur les hormones masculines n’a pas été évaluée pendant le développement du fœtus.

Ne retardez pas un avis médical

Des troubles urinaires peuvent venir d’une HBP, mais aussi d’une infection, d’un problème de vessie ou d’un cancer de la prostate. Consultez avant de prendre quoi que ce soit, et sans attendre en cas de sang dans les urines, de fièvre, de douleurs ou d’impossibilité d’uriner. L’EMA elle-même précise que l’usage traditionnel du palmier de Floride suppose qu’un médecin ait d’abord exclu une affection grave, et recommande de consulter si les symptômes persistent.

Comment bien choisir un saw palmetto

  1. Un extrait de fruit, la partie utilisée dans les études, plutôt qu’une poudre de plante non précisée.
  2. Une dose proche des 320 mg par jour utilisés dans la plupart des essais.
  3. Un produit simple, plutôt qu’un mélange « prostate » ou « cheveux » à multiples ingrédients dont l’effet propre ne peut pas être évalué.
  4. Des analyses publiées, au minimum sur les métaux lourds.

Notre recommandation : si vous souhaitez l’essayer, notamment pour une chute de cheveux débutante, le saw palmetto de Nutriforce répond à ces critères. Il s’agit d’un extrait concentré du fruit de Serenoa repens, dosé à 300 mg par gélule pour une seule prise par jour, proche des 320 mg des essais. La composition se limite à l’extrait et à une gélule végétale (HPMC), sans autre plante ajoutée. Son certificat d’analyse, publié sur la fiche, détaille les contrôles des métaux lourds (plomb, arsenic, mercure, cadmium) et les analyses microbiologiques réalisés par un laboratoire indépendant.

Questions fréquentes

Le saw palmetto est-il efficace pour la prostate ?

Selon la revue Cochrane de 2023, non : pris seul, il n’améliore pas ou très peu les symptômes urinaires par rapport à un placebo, même à forte dose et sur plus d’un an. En cas de troubles urinaires, consultez un médecin, qui dispose de traitements dont l’efficacité est démontrée.

Le saw palmetto fait-il repousser les cheveux ?

Quelques petites études montrent une amélioration, mais les données sont fragiles. Dans une comparaison directe, il a fait moins bien que le finastéride (38 % d’hommes améliorés contre 68 %). Comptez plusieurs mois avant de juger.

Le saw palmetto augmente-t-il la testostérone ?

Non, rien ne le montre. Son action supposée porte sur la transformation de la testostérone en DHT, pas sur sa production.

Le saw palmetto peut-il rendre impuissant ?

Une baisse de libido fait partie des effets indésirables rapportés, mais la revue des études conclut à des effets légers et comparables au placebo. Si vous constatez un changement, arrêtez-le et parlez-en à votre médecin.

Une femme peut-elle prendre du saw palmetto ?

Il est déconseillé pendant la grossesse et l’allaitement, et son usage médical est réservé aux hommes. Pour une chute de cheveux, une pilosité excessive ou un SOPK, les preuves manquent : voyez d’abord un médecin ou un dermatologue.

Notre avis

Pour la prostate, les meilleures données sont claires : pris seul, le saw palmetto ne soulage pas plus les troubles urinaires qu’un placebo, et il ne doit pas remplacer une consultation. Pour la chute de cheveux, la piste est plausible mais fragile, et moins efficace que le finastéride dans une comparaison directe. C’est une option raisonnable pour un homme qui veut tenter une approche douce face à une calvitie débutante, à condition de juger honnêtement le résultat après six mois. Il est bien toléré, mais à éviter pendant la grossesse et à signaler avant toute opération.

Pour comparer avec les autres options, consultez notre guide des compléments pour les cheveux.

Les informations de cet article sont données à titre informatif. Elles ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé, en particulier en cas de traitement, de grossesse ou de pathologie.