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Testostérone et hormones

Cistanche tubulosa : un vrai booster de testostérone ?

Plante du désert chinois riche en échinacoside, la cistanche fait monter la testostérone chez le rat. Chez l'homme, les preuves sont bien plus minces.

Par Jérémy Barbier · · 8 min de lecture · mis à jour le

Épis de fleurs jaunes d'une cistanche, plante parasite sans feuilles vertes, sur un sol rocailleux

La Cistanche tubulosa n’est pas un booster de testostérone démontré. Chez le rat, un extrait de ses tiges a fait monter la testostérone et le nombre de spermatozoïdes, mais une étude chez la souris a observé l’inverse, et aucun essai n’a mesuré cet effet chez l’homme avec cette espèce. Les rares essais humains portent sur la mémoire, la marche ou la fatigue, souvent avec des produits combinés. Côté sécurité, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a conclu en 2021 que la sécurité d’un extrait aqueux de ses tiges n’était pas établie.

La Cistanche tubulosa, qu’est-ce que c’est ?

La cistanche est une plante parasite : dépourvue de feuilles vertes, elle vit sur les racines d’arbustes des déserts, comme les tamaris, et c’est sa tige charnue qui est récoltée. En médecine traditionnelle chinoise, cette tige séchée porte le nom de rou cong rong. La pharmacopée chinoise admet deux espèces sous ce nom, Cistanche tubulosa et Cistanche deserticola. Longtemps surexploitées à l’état sauvage, au point d’être menacées, elles sont aujourd’hui cultivées à grande échelle en Chine (Song et al., 2021).

Ses composés les plus étudiés sont des phényléthanoïdes glycosylés, des molécules antioxydantes dont les deux principales sont l’échinacoside et l’actéoside (aussi appelé verbascoside). Dans l’extrait évalué par l’EFSA, ces composés représentaient au moins 70 % de la poudre, dont 25 à 45 % d’échinacoside (EFSA, 2021). En Chine, cet extrait est un médicament sur ordonnance depuis 2005, indiqué dans la démence vasculaire (un déclin de la mémoire causé par des lésions des vaisseaux du cerveau).

Cistanche et testostérone : ce que disent les études

Chez l’animal : des résultats contradictoires

L’étude la plus citée a été menée en Chine chez le rat. Pendant 20 jours, des rats mâles ont reçu un extrait de tiges de Cistanche tubulosa à l’éthanol, à 0,2, 0,4 ou 0,8 g par kilo. Aux deux doses les plus fortes, le nombre de spermatozoïdes a été multiplié par 2,3 à 2,7 et la testostérone a augmenté, par le biais d’enzymes des testicules qui fabriquent les hormones sexuelles. À la plus forte dose, les chercheurs ont aussi relevé un léger œdème du foie (Wang et al., 2016).

Une équipe coréenne a obtenu l’inverse chez la souris avec la drogue végétale Cistanches herba : baisse du nombre de spermatozoïdes proportionnelle à la dose, testostérone réduite jusqu’à environ 57 % de celle des souris témoins et lésions des tubes des testicules où se forment les spermatozoïdes (Kim et al., 2012). Ces deux études n’utilisent ni la même espèce animale, ni le même extrait, mais elles montrent que l’effet « booster » n’a rien d’acquis.

Chez l’homme : un seul essai, avec une autre espèce

Le seul essai contrôlé que nous avons trouvé sur la testostérone et la force porte sur l’autre espèce, Cistanche deserticola. Pendant 8 semaines, 48 hommes, débutants ou entraînés, ont suivi un programme de musculation en prenant 5 g d’extrait par jour ou un placebo. Le groupe cistanche a davantage progressé en force et terminé avec une testostérone plus élevée que le groupe placebo (Tao et al., 2025).

Trois limites empêchent d’en tirer une conclusion : l’étude a été financée par le fabricant de l’extrait, elle n’a pas été reproduite, et ses résultats ne s’appliquent pas automatiquement à la Cistanche tubulosa.

Quant aux affirmations selon lesquelles la cistanche baisserait les œstrogènes ou convertirait la testostérone en une forme plus active, nous n’avons trouvé aucune étude chez l’homme pour les appuyer.

Les autres effets étudiés chez l’humain

Essai Produit Participants Résultat Limite
Inada, 2021 Extrait de Cistanche tubulosa 26 adultes, 12 semaines Marche plus rapide après 60 ans, muscle inchangé Très petit essai
Chen, 2024 Cistanche tubulosa et ginkgo 100 adultes d’âge moyen ou âgés, 90 jours Meilleurs scores de mémoire Produit combiné
Kan, 2021 Cistanche et ginkgo 190 adultes, 60 jours Moins de fatigue chronique Produit combiné, effet jugé faible
Tao, 2025 Cistanche deserticola 48 hommes, 8 semaines Plus de force, testostérone plus haute Autre espèce, financé par le fabricant

Mobilité après 60 ans

Dans un petit essai japonais contre placebo, 12 semaines d’extrait de Cistanche tubulosa ont amélioré la vitesse de marche et un test d’enjambée chez les participants de plus de 60 ans. La masse musculaire, elle, n’a pas bougé, et aucun effet indésirable n’a été relevé dans les analyses sanguines (Inada et al., 2021).

Mémoire

Chez 100 adultes d’âge moyen ou âgés, deux comprimés par jour associant Cistanche tubulosa et ginkgo (72 mg d’échinacoside et 27 mg de flavonoïdes au total) a amélioré les scores de mémoire et de cognition après 90 jours, par rapport au placebo, sans effet indésirable lié au traitement (Chen et al., 2024). Le produit étant combiné, impossible de savoir ce qui revient à la cistanche et ce qui revient au ginkgo biloba.

Fatigue

Chez 190 adultes souffrant de fatigue chronique, un produit associant cistanche et ginkgo a réduit les scores de fatigue en 60 jours. Les auteurs, salariés du fabricant, reconnaissent eux-mêmes que l’ampleur de l’effet est faible et pourrait manquer d’intérêt clinique (Kan et al., 2021).

Quelle dose de cistanche ?

Aucune dose n’a été établie pour la testostérone, faute d’essai chez l’homme avec la Cistanche tubulosa. Pour repère, les essais chinois dans la démence vasculaire utilisaient 1 800 mg par jour d’un extrait aqueux, les produits combinés 300 à 450 mg de cistanche, et l’essai de musculation 5 g d’extrait de l’autre espèce. La plupart des essais durent 2 à 3 mois : au-delà, on manque de données.

Effets secondaires, contre-indications et interactions

L’avis de l’EFSA

En 2021, l’EFSA a évalué un extrait aqueux de tiges de Cistanche tubulosa proposé comme nouvel ingrédient alimentaire. Elle a examiné l’analyse regroupée de trois essais chinois : sur 1 076 patients atteints de démence vasculaire traités 3 mois à 1 800 mg par jour, 12 effets indésirables (1,1 %) ont été jugés liés, peut-être ou certainement, au produit. Il s’agissait de troubles digestifs (gastrite, constipation, ulcère hémorragique de l’estomac), de somnolence, de vertiges et de fatigue, et de deux effets graves : une hémorragie cérébrale et une crise d’épilepsie.

Le taux global d’effets indésirables était proche de celui du médicament de comparaison, mais l’EFSA a estimé que ces cas soulevaient des inquiétudes, que les études de toxicité étaient insuffisantes, et elle a conclu que la sécurité de l’extrait n’était pas établie (EFSA, 2021). Les femmes enceintes et allaitantes étaient exclues de la population visée, faute de données.

Les essais plus récents, plus courts et plus petits, ne rapportent pas d’effet indésirable notable.

Prostate et cancers hormonodépendants

Dans un modèle de cancer de la prostate chez la souris, Cistanches herba a accéléré la croissance des tumeurs et augmenté l’expression du récepteur des androgènes, la cible de la testostérone ; les auteurs appellent à la prudence avec ces plantes chez les patients atteints de ce cancer (Zhang et al., 2020). Évitez la cistanche en cas de cancer de la prostate ou de tout cancer hormonodépendant.

Interactions médicamenteuses

En laboratoire, l’échinacoside freine plusieurs enzymes du foie qui éliminent les médicaments, dont le CYP3A4, qui prend en charge de nombreux médicaments (Wu et al., 2022) ; chez le rat, l’extrait a au contraire augmenté la production de cette même enzyme. Dans les deux cas, cela signale un risque d’interaction : si vous prenez un traitement au long cours, parlez-en à votre pharmacien. Compte tenu des saignements rapportés dans les essais chinois, la prudence s’impose aussi avec un anticoagulant ou un antiagrégant plaquettaire.

Qui doit s’abstenir

  • les femmes enceintes ou qui allaitent, et les moins de 18 ans, faute de données ;
  • les personnes atteintes d’un cancer hormonodépendant ou d’une maladie de la prostate ;
  • les personnes épileptiques ou ayant eu un accident vasculaire cérébral, par précaution ;
  • sans avis médical, les personnes sous traitement au long cours, en particulier anticoagulant.

Comment bien choisir une cistanche

Le nom « cistanche » recouvre plusieurs espèces et des préparations très différentes. Vérifiez :

  1. L’espèce : Cistanche tubulosa ou Cistanche deserticola doit être écrit sur l’étiquette.
  2. La partie utilisée : la tige, seule partie employée traditionnellement.
  3. La concentration : un extrait dont le ratio ou le titrage est indiqué vaut mieux qu’une poudre sans précision.
  4. Des analyses publiées, au minimum sur les métaux lourds et la contamination microbienne.
  5. Une gélule végétale et une composition courte, sans mélange d’autres « boosters ».

Notre recommandation : la Cistanche tubulosa de Nutriforce répond à ces critères. C’est un extrait de tiges de Cistanche tubulosa concentré 20:1, à 500 mg par gélule végétale (HPMC), végane et formulé en France. Sa fiche qualité publiée détaille les contrôles du plomb, de l’arsenic, du mercure et du cadmium, ainsi que les analyses microbiologiques, tous conformes. Le code COMPLEMENTSANTE vous donne droit à une remise sur votre commande.

Questions fréquentes

Quels sont les bienfaits de la Cistanche tubulosa ?

Chez l’humain, les résultats les plus nets concernent la mobilité après 60 ans et, avec des produits combinés au ginkgo, la mémoire et la fatigue. Ce sont de petits essais. Les effets sur la testostérone et la fertilité ont surtout été observés chez le rat.

La cistanche augmente-t-elle la testostérone ?

Chez le rat, un extrait de Cistanche tubulosa l’a augmentée ; chez la souris, une autre préparation l’a fait baisser. Chez l’homme, le seul essai porte sur Cistanche deserticola et a été financé par le fabricant. On ne peut pas parler d’effet démontré.

La Cistanche tubulosa est-elle dangereuse ?

Les petits essais récents ne rapportent pas d’effet indésirable notable, mais l’EFSA a jugé que la sécurité d’un extrait aqueux n’était pas établie, après des effets digestifs, une hémorragie cérébrale et une crise d’épilepsie chez des patients âgés. Évitez-la pendant la grossesse, en cas de cancer hormonodépendant et sans avis médical si vous prenez un traitement.

Cistanche deserticola ou tubulosa : laquelle choisir ?

Les deux espèces sont reconnues par la pharmacopée chinoise et contiennent les mêmes familles de composés. Les essais humains sur la mémoire et la marche portent sur tubulosa, le seul essai de musculation sur deserticola. Aucune comparaison directe n’existe.

La cistanche augmente-t-elle la DHT ?

Nous n’avons trouvé aucune étude mesurant la DHT, une forme plus puissante de la testostérone, après une prise de cistanche chez l’homme.

Cistanche ou tongkat ali ?

Pour la testostérone, le tongkat ali dispose de plusieurs essais chez l’homme, avec une hausse modeste surtout quand le taux est bas. La cistanche n’en a aucun avec l’espèce tubulosa. Le fadogia agrestis, autre plante à la mode, n’a été étudié que chez le rat.

Notre avis

La Cistanche tubulosa est une plante sérieuse de la pharmacopée chinoise, avec quelques essais humains intéressants sur la mémoire et la mobilité des seniors. Comme booster de testostérone, en revanche, elle ne repose que sur des études animales contradictoires, et l’avis de l’EFSA invite à ne pas la prendre à la légère. Si vous êtes un homme adulte en bonne santé, sans traitement ni antécédent de cancer hormonodépendant, et que vous voulez l’essayer, choisissez un extrait bien identifié et analysé comme celui de Nutriforce, prenez-le seul, et jugez-le sur une prise de sang. Pour une vue d’ensemble des options, lisez notre guide du booster de testostérone naturel, et notre article sur la DHEA, l’hormone dont le corps tire une partie de sa testostérone.

Les informations de cet article sont données à titre informatif. Elles ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé, en particulier en cas de traitement, de grossesse ou de pathologie.