Racine d'ortie : prostate, testostérone et effets secondaires
Un usage traditionnel reconnu pour la prostate, des essais fragiles, et un effet sur la testostérone qui reste une hypothèse de laboratoire.

La racine d’ortie (Urtica dioica) est reconnue par l’Agence européenne du médicament (EMA) comme un remède traditionnel pour soulager les troubles urinaires liés à une augmentation bénigne du volume de la prostate, à condition qu’un médecin ait d’abord écarté une maladie plus grave. Ce statut repose sur son usage de longue date : l’agence estime que les essais cliniques ne suffisent pas à prouver son efficacité. L’idée qu’elle augmenterait la testostérone libre vient d’expériences en laboratoire ; chez l’homme, la testostérone n’a pas bougé dans les essais qui l’ont mesurée. Elle est bien tolérée, avec surtout des troubles digestifs et de rares allergies.
Racine ou feuille d’ortie : deux usages différents
La grande ortie est la plante piquante des bords de chemin. Sa racine et ses feuilles n’ont ni la même composition ni les mêmes usages, au point que l’EMA leur consacre deux monographies distinctes, c’est-à-dire deux synthèses officielles sur leur usage en phytothérapie.
| Partie | Usage traditionnel reconnu par l’EMA | Autres pistes étudiées |
|---|---|---|
| Racine | Soulager les troubles urinaires liés à l’hypertrophie bénigne de la prostate, après avis médical | Testostérone : données de laboratoire |
| Feuille | Douleurs articulaires mineures ; augmenter le volume d’urine en cas de troubles urinaires mineurs | Rhinite allergique, glycémie : petits essais |
« Usage traditionnel » a un sens précis : l’efficacité est jugée plausible parce que la plante est utilisée depuis des décennies sans problème de sécurité notable, pas parce que des essais l’ont démontrée.
Pour la feuille, deux essais sont souvent cités. Dans un essai de 1990 sur la rhinite allergique, 98 personnes ont pris de l’ortie lyophilisée ou un placebo pendant une semaine ; seules 69 ont terminé l’étude, et l’ortie n’a fait qu’un peu mieux que le placebo dans les carnets de symptômes. Dans un essai iranien de 2013, 92 personnes atteintes d’un diabète de type 2 avancé ont pris 500 mg d’extrait de feuille toutes les 8 heures, en plus de leurs médicaments, pendant 3 mois : leur glycémie et leur hémoglobine glyquée ont baissé davantage que sous placebo. Ce second résultat compte surtout pour la sécurité, car il suggère un effet qui peut s’ajouter à celui des antidiabétiques.
Racine d’ortie et prostate : ce que disent les études
L’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) est une augmentation de volume de la prostate, fréquente après 50 ans. Elle gêne pour uriner : envies fréquentes, surtout la nuit, jet faible, sensation de vessie mal vidée. Ces symptômes ressemblent à ceux d’autres maladies, dont le cancer de la prostate : c’est pourquoi ils doivent toujours être examinés par un médecin avant de prendre quoi que ce soit.
La position de l’Agence européenne du médicament
L’EMA a révisé sa monographie sur la racine d’ortie en janvier 2025. Elle reconnaît la racine comme médicament traditionnel à base de plantes « pour le soulagement des symptômes du bas appareil urinaire liés à l’hypertrophie bénigne de la prostate, après que des affections graves ont été écartées par un médecin ».
Son rapport d’évaluation explique pourquoi elle n’est pas allée plus loin. Sur huit essais randomisés contre placebo, aucun n’a été jugé suffisant pour prouver l’efficacité : durée trop courte, trop peu de patients, préparations mal décrites ou différentes de celles de la monographie. Dans un essai allemand mené pendant un an chez 246 hommes, le score de symptômes a baissé de 31 % sous racine d’ortie et de 25 % sous placebo : un écart que l’agence ne juge pas cliniquement significatif. Cet exemple montre aussi l’importance de l’effet placebo dans ces troubles, qui varient beaucoup d’un mois à l’autre.
Le grand essai iranien : des résultats à lire avec prudence
Le chiffre le plus repris vient d’un essai publié en 2005 par Safarinejad : sur 620 hommes suivis 6 mois, 81 % disaient leurs symptômes améliorés sous racine d’ortie, contre 16 % sous placebo, et le score de symptômes passait de 19,8 à 11,8, contre 19,2 à 17,7 sous placebo. L’antigène prostatique spécifique (PSA) et la testostérone n’avaient pas bougé, et aucun effet indésirable n’a été relevé.
Ce résultat spectaculaire est pourtant fragile. L’EMA a écarté cet essai de son évaluation, car la préparation utilisée n’est pas identifiable à partir de l’article. De plus, plusieurs autres études du même auteur ont depuis été rétractées par les revues qui les avaient publiées, comme cet essai de 2009 : face aux questions des relecteurs sur les méthodes et les résultats, l’auteur n’a pas fourni ses données originales. Cela ne prouve pas que l’essai sur l’ortie soit faux, mais interdit d’en faire une référence solide.
Associée au saw palmetto ou au pygeum
La racine d’ortie est souvent vendue en association. Dans un essai de 2005 chez 257 hommes, une gélule associant 160 mg d’extrait de palmier nain et 120 mg d’extrait de racine d’ortie, prise deux fois par jour pendant 24 semaines, a fait baisser le score de symptômes de 6 points, contre 4 points sous placebo. C’est un écart modeste, obtenu avec une association : impossible de dire ce qui revient à l’ortie. Pris seul, le saw palmetto n’améliore pas ou très peu les symptômes, comme nous l’expliquons dans notre article dédié.
L’association avec le pygeum africain a été testée dans un essai polonais de 1993 chez 134 hommes, mais sans groupe placebo : il comparait seulement deux doses du même mélange, qui donnaient des résultats similaires.
Pour comparer toutes ces options, voyez notre guide des compléments pour la prostate.
Racine d’ortie et testostérone : une hypothèse de laboratoire
La testostérone circule dans le sang en grande partie liée à une protéine, la SHBG (globuline liant les hormones sexuelles). Seule la fraction non liée à la SHBG est considérée comme directement disponible pour les tissus. D’où l’idée : si la racine d’ortie empêchait la testostérone de se fixer sur la SHBG, il en resterait davantage sous forme libre.
Cette idée repose sur des expériences en laboratoire. En 1997, des chercheurs ont montré que plusieurs lignanes de la racine d’ortie se fixent sur la SHBG humaine dans un tube à essai. Le rapport de l’EMA rappelle que la SHBG et l’aromatase, l’enzyme qui transforme la testostérone en œstrogènes, pourraient jouer un rôle dans l’effet sur la prostate, mais conclut qu’on ignore si ces données de laboratoire valent chez l’humain.
Chez l’homme, les mesures ne vont pas dans le sens d’un « booster ». Dans deux petits essais résumés par l’EMA, la SHBG a bien baissé sous racine d’ortie, mais la testostérone, la dihydrotestostérone et les œstrogènes n’ont pas changé de façon significative. Et dans le grand essai iranien, la testostérone n’a pas bougé. Nous n’avons trouvé aucun essai montrant une hausse de la testostérone libre chez l’homme en bonne santé. Pour savoir ce qui agit réellement sur cette hormone, lisez notre guide du booster de testostérone naturel.
Ortie et cheveux
L’ortie fait partie des remèdes traditionnels contre la chute de cheveux, surtout en lotion à base de feuilles. Nous n’avons trouvé aucun essai contrôlé montrant qu’une racine ou une feuille d’ortie prise par voie orale ralentit la chute ou fait repousser les cheveux. Notre guide des compléments pour les cheveux détaille ce qui a été démontré, et quand consulter un dermatologue.
Quelle dose de racine d’ortie ?
La monographie de l’EMA précise des doses pour chaque préparation reconnue. Quelques exemples chez l’homme adulte :
| Préparation | Dose journalière |
|---|---|
| Racine coupée en tisane | 2 g dans 150 ml d’eau, 2 à 3 fois par jour |
| Extrait sec (7 à 14:1, méthanol 20 %) | 450 à 480 mg, ou 600 mg les 3 premiers mois |
| Extrait sec (7 à 9:1, éthanol 60 %) | 500 mg |
| Extrait sec (5,4 à 8,3:1, éthanol 20 %) | 720 mg |
| Extrait sec (12 à 16:1, éthanol 70 %) | 301 à 378 mg |
Le rapport entre parenthèses (par exemple 7 à 14:1) indique combien de kilos de racine ont servi à obtenir un kilo d’extrait. L’EMA précise que la racine d’ortie ne concerne pas les moins de 18 ans et qu’un usage prolongé est possible. Les essais ont évalué ses effets après plusieurs mois de prise, pas en quelques jours.
Effets secondaires, contre-indications et interactions
Les effets indésirables
Selon la monographie de l’EMA, la racine d’ortie peut provoquer des troubles digestifs (nausées, brûlures d’estomac, sensation de trop-plein, gaz, diarrhée) et des réactions allergiques (démangeaisons, éruption, urticaire), sans que leur fréquence soit connue. L’agence n’a relevé aucun signal de sécurité notable en plus de 30 ans de commercialisation. Elle note toutefois que les tests de génotoxicité, qui vérifient qu’une substance n’abîme pas l’ADN, n’ont pas été réalisés de manière adéquate. La seule contre-indication officielle est l’allergie à la plante.
Les signes qui doivent faire consulter
L’EMA demande de consulter un médecin si les troubles s’aggravent ou en cas de fièvre, de spasmes, de sang dans les urines, de douleurs en urinant ou d’impossibilité d’uriner (rétention urinaire). La racine d’ortie ne doit jamais retarder le diagnostic de troubles urinaires.
Interactions médicamenteuses
L’EMA ne signale aucune interaction pour la racine ni pour la feuille. Par prudence, parlez-en à votre médecin si vous prenez :
- un antidiabétique : l’extrait de feuille a fait baisser la glycémie de patients diabétiques dans un essai, et un effet additif ne peut pas être exclu ;
- un diurétique ou du lithium : la feuille est utilisée pour augmenter le volume d’urine, ce qui pourrait s’ajouter à l’effet d’un diurétique ;
- un anticoagulant : aucune interaction n’est documentée, mais tout ajout d’une plante à ce type de traitement mérite un avis ;
- un traitement pour la prostate : ne le remplacez pas et n’y ajoutez rien sans l’avis de votre urologue.
Femmes, grossesse et enfants
La monographie de la racine ne concerne que l’homme adulte. Pour la feuille, la monographie de l’EMA déconseille l’usage pendant la grossesse et l’allaitement, faute de données, ainsi qu’avant 12 ans, et le contre-indique quand il faut limiter les boissons (maladie grave du cœur ou des reins).
Comment bien choisir un complément de racine d’ortie
- La racine, clairement indiquée, avec le nom latin Urtica dioica : un produit à base de feuilles ou de plante entière n’est pas le même produit.
- Un extrait dont le rapport est indiqué (par exemple 20:1) et une quantité d’extrait par gélule précise.
- Une composition simple, ou une association dont vous connaissez chaque ingrédient si c’est ce que vous cherchez.
- Des contrôles publiés sur les métaux lourds et la qualité microbiologique.
Notre recommandation : la racine d’ortie de Nutriforce répond à ces critères. C’est un extrait concentré 20:1 obtenu à partir de la racine seule d’Urtica dioica, dosé à 500 mg par gélule végétale (HPMC), sans autre ingrédient ni conservateur. Sa fiche qualité publie les contrôles des métaux lourds (plomb, arsenic, mercure, cadmium) et de la contamination microbienne (salmonelles, E. coli, staphylocoque doré), tous conformes. Le produit est formulé en France.
Questions fréquentes
Racine ou feuille d’ortie : laquelle choisir ?
Pour la prostate, c’est la racine qui est reconnue par l’EMA, en usage traditionnel. La feuille a d’autres usages traditionnels : douleurs articulaires mineures et augmentation du volume d’urine. Les deux ne sont pas interchangeables.
La racine d’ortie fait-elle baisser le PSA ?
Rien ne l’indique. Dans le seul essai qui l’a suivi sur 18 mois, celui des 620 hommes, le PSA n’a pas changé. C’est plutôt rassurant, puisque ce dosage sert au dépistage du cancer de la prostate. Signalez tout de même à votre médecin que vous en prenez.
La racine d’ortie augmente-t-elle la testostérone ?
Rien ne le montre chez l’homme. En laboratoire, certains de ses composés se fixent sur la SHBG, la protéine qui transporte la testostérone, mais dans les essais cliniques, la testostérone n’a pas changé de façon significative.
L’ortie fait-elle pousser les cheveux ?
Aucun essai contrôlé ne le montre, que ce soit avec la racine ou la feuille prise par voie orale. En cas de chute importante, un bilan médical est plus utile.
La racine d’ortie convient-elle aux femmes ?
Elle n’a été étudiée que chez l’homme, pour la prostate. Aucun essai ne montre de bénéfice chez la femme, par exemple à la ménopause. Évitez-la pendant la grossesse et l’allaitement.
Combien de temps faut-il pour voir un effet ?
Les principaux essais ont évalué les symptômes urinaires après 6 mois à un an. Si rien ne change après quelques mois, ou si les troubles s’aggravent, parlez-en à votre médecin.
Notre avis
La racine d’ortie n’a rien d’un booster de testostérone, et son effet sur la prostate reste mal démontré : l’EMA la reconnaît sur la foi de son usage traditionnel, pas des essais, dont le plus spectaculaire est aussi le plus fragile. Sa bonne tolérance en fait toutefois une option raisonnable pour un homme dont les troubles urinaires ont été examinés par un médecin, qui a écarté toute maladie grave, et qui souhaite essayer une plante pendant quelques mois. Dans ce cas, un extrait de racine simple et contrôlé comme la racine d’ortie Nutriforce est un choix cohérent ; faites le point avec votre médecin si les symptômes ne s’améliorent pas.
Les informations de cet article sont données à titre informatif. Elles ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé, en particulier en cas de traitement, de grossesse ou de pathologie.



