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Boswellia serrata : bienfaits sur l'arthrose, effets secondaires et avis

L'encens indien soulage un peu la douleur de l'arthrose du genou dans les essais, mais les preuves restent fragiles. Ce qu'il faut savoir avant d'en prendre.

· 8 min de lecture

Larmes de résine de Boswellia serrata jaune pâle posées à côté de gélules végétales sur une table en bois

Le boswellia (Boswellia serrata, ou encens indien) est une résine d’arbre dont les extraits réduisent la douleur et la raideur de l’arthrose du genou dans plusieurs méta-analyses. L’effet est modeste et les preuves restent de qualité faible à modérée : les essais sont courts, souvent petits, et fréquemment financés par les fabricants des extraits testés. Il est bien toléré dans ces essais, avec surtout quelques troubles digestifs, mais il est déconseillé sans avis médical pendant la grossesse et en cas de traitement anticoagulant.

Qu’est-ce que le boswellia ?

Boswellia serrata est un arbre qui pousse dans les régions montagneuses d’Inde, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. En entaillant son écorce, on recueille une gomme-résine, l’oliban ou encens indien, utilisée en médecine ayurvédique contre l’arthrite, l’inflammation et la douleur. Les compléments contiennent de la poudre de résine ou, plus souvent, un extrait concentré.

Ses composés les plus étudiés sont les acides boswelliques, en particulier le KBA et l’AKBA (acide 3-acétyl-11-céto-bêta-boswellique). La Pharmacopée européenne les utilise comme marqueurs de qualité de la résine, et certains extraits sont enrichis en AKBA. On a longtemps expliqué leur action par le blocage de la 5-lipoxygénase, une enzyme qui produit des molécules de l’inflammation. Une revue de pharmacologie publiée en 2011 a nuancé cette explication : l’AKBA est mal absorbé et atteint dans le sang des concentrations bien inférieures à celles qui agissent en laboratoire. D’autres acides boswelliques, beaucoup plus présents dans le sang, pourraient jouer un rôle. En clair, on ne sait pas encore précisément comment le boswellia agit.

Ne le confondez pas avec Boswellia sacra, l’encens de la péninsule Arabique et de la Corne de l’Afrique, une autre espèce bien moins étudiée dans l’arthrose.

Boswellia et arthrose : ce que montrent les études

Analyse Données Résultat Limites
Cochrane (2014) 2 essais, 85 patients, extrait enrichi 100 mg par jour Douleur réduite de 17 points sur 100 en 90 jours Très peu de patients
Yu (2020) 7 essais, 545 patients Moins de douleur et de raideur, meilleure fonction Essais hétérogènes
Bannuru (2018) 11 essais curcuma ou boswellia, 1 009 patients Mieux que le placebo sur la douleur et la fonction Qualité jugée faible
Dalmonte (2024) 13 essais, jusqu’à 1 185 patients Pas d’effet global significatif, effet face au placebo en sous-groupe Forte hétérogénéité

Douleur et fonction : un effet modeste mais retrouvé

La revue Cochrane de 2014 sur les plantes contre l’arthrose a retenu cinq essais portant sur trois extraits de boswellia. Les deux meilleurs (85 patients) utilisaient 100 mg par jour d’un extrait enrichi pendant 90 jours : la douleur, notée 40 sur 100 sous placebo, baissait de 17 points de plus avec le boswellia, et la gêne fonctionnelle de 8 points. Les auteurs classent ces résultats parmi les preuves de haute qualité, mais ils reposent sur très peu de patients. Aucun effet indésirable grave n’a été rapporté.

La méta-analyse de Yu et ses collègues (2020), qui regroupe 7 essais et 545 patients, va dans le même sens : moins de douleur, moins de raideur et une meilleure fonction du genou, avec une durée de traitement recommandée d’au moins quatre semaines.

Deux analyses invitent à la prudence. Celle de Bannuru et ses collègues (2018) trouve le curcuma et le boswellia plus efficaces que le placebo, mais juge la qualité des essais faible, la plupart comptant moins de 100 participants, et estime que les données ne suffisent pas à émettre des recommandations. Plus récente, la méta-analyse de Dalmonte et ses collègues (2024) (13 essais) ne trouve pas d’effet global significatif, en raison de résultats très différents d’un essai à l’autre ; l’effet ne ressort que dans la comparaison avec un placebo.

Des essais souvent financés par les fabricants

C’est la principale limite de ce dossier. L’un des essais les plus cités, sur l’extrait 5-Loxin (enrichi à 30 % d’AKBA), a été financé par le centre de recherche de l’entreprise indienne qui le développe ; trois auteurs en étaient salariés et trois autres consultants. Chaque extrait breveté a sa propre composition et ses propres essais, si bien que les résultats obtenus avec l’un ne se transposent pas automatiquement à un autre.

Autres usages : asthme, intestin, peau, poids

Selon le centre national américain pour la santé complémentaire et intégrative (NCCIH), la plupart des études sur le boswellia sont petites et de faible qualité, et les données ne suffisent pas à affirmer son utilité pour une maladie donnée. Quelques petits essais suggèrent un effet sur les symptômes de l’asthme, sans preuve rigoureuse. Des essais pilotes ont aussi porté sur les maladies inflammatoires de l’intestin. Nous n’avons trouvé aucun essai solide sur la perte de poids ou l’acné par voie orale.

Boswellia et curcuma : une association logique ?

Le curcuma et le boswellia figurent parmi les plantes les plus étudiées contre la douleur de l’arthrose, et on les trouve souvent associées. Un essai arménien publié en 2018 a comparé, chez 201 patients pendant 12 semaines, un extrait de curcuma seul, le même curcuma associé à des acides boswelliques, et un placebo. L’association a fait mieux que le placebo sur la douleur et sur des tests physiques, alors que le curcuma seul n’a fait mieux que sur les tests physiques. Les auteurs y voient une synergie. C’est toutefois un essai unique, mené avec les produits du fabricant qui le finançait.

Si vous envisagez l’association, lisez aussi les précautions propres à la curcumine, notamment pour le foie avec les formes très absorbables. L’harpagophytum est une autre plante proposée pour les douleurs articulaires, avec ses propres contre-indications. Le collagène marin est une autre piste étudiée pour les articulations, avec des preuves elles aussi modestes.

Quelle dose, à quel moment et pendant combien de temps ?

  • Dose : elle dépend entièrement de l’extrait. Les essais ont utilisé de 100 à 250 mg par jour d’extraits enrichis en AKBA, et jusqu’à environ 1 g par jour d’extraits standards. Selon le NCCIH, des doses allant jusqu’à 1 000 mg par jour ont été utilisées sans problème dans des essais de six mois, et 2 400 mg par jour pendant un mois.
  • Moment : au cours d’un repas qui contient des graisses. Dans une étude de pharmacocinétique menée en 2004, prendre l’extrait avec un repas riche en graisses multipliait par plusieurs l’absorption des acides boswelliques par rapport à une prise à jeun.
  • Durée : Yu et ses collègues recommandent au moins quatre semaines de prise, et les essais les plus convaincants durent trois mois. C’est après deux à trois mois qu’il est raisonnable de juger si le boswellia vous aide.

Effets secondaires, contre-indications et interactions

Des effets indésirables peu fréquents

Dans les essais, les effets indésirables sont rares et comparables au placebo. Dans l’essai sur le 5-Loxin, les plaintes rapportées (diarrhée, nausées, douleurs abdominales, démangeaisons) étaient à peu près aussi fréquentes sous placebo. Des réactions allergiques de la peau ont été décrites, surtout après application d’huile ou de crème au boswellia.

Anticoagulants et antiagrégants plaquettaires

Selon la fiche du centre de cancérologie Memorial Sloan Kettering, les extraits de boswellia peuvent freiner l’agrégation des plaquettes et augmenter le risque de saignement avec un anticoagulant comme la warfarine ou un antiagrégant, même si l’importance clinique de cet effet n’est pas établie. Ils agissent aussi en laboratoire sur la glycoprotéine P, un transporteur qui fait entrer ou sortir de nombreux médicaments des cellules. Si vous prenez un traitement au long cours, parlez-en à votre pharmacien avant de commencer.

Grossesse, allaitement et enfants

Le NCCIH indique qu’on sait peu de choses sur la sécurité du boswellia aux doses des compléments pendant la grossesse et l’allaitement. Faute de données, abstenez-vous, de même que chez l’enfant.

Un complément, pas un substitut au traitement

L’arthrose douloureuse mérite un avis médical. Le boswellia ne remplace ni l’activité physique adaptée, ni la perte de poids quand elle est utile, ni les traitements prescrits. Ne cumulez pas plusieurs compléments « articulations » sans vérifier leurs précautions respectives.

Comment bien choisir un complément de boswellia

  1. La bonne espèce et la bonne partie : Boswellia serrata, extrait de la gomme-résine, clairement indiqué sur l’étiquette.
  2. Un extrait concentré et bien décrit : quantité d’extrait par gélule, et ratio de concentration ou teneur en acides boswelliques, pour savoir ce que vous prenez.
  3. Des analyses publiées : la résine est un produit brut récolté sur l’arbre, et un contrôle des métaux lourds et de la qualité microbiologique rassure.
  4. Une composition courte : gélule végétale, sans additifs inutiles. Un produit à ingrédient unique permet aussi de juger l’effet du boswellia seul et d’ajuster séparément un éventuel curcuma.

Notre recommandation : le Boswellia serrata de Nutriforce répond à ces critères. Il s’agit d’un extrait concentré 20:1 issu de la résine, dosé à 500 mg par gélule végétale (HPMC), végan, non irradié et sans dioxyde de titane. Sa fiche qualité publie le certificat d’analyse du lot : plomb, arsenic, mercure, cadmium et contrôles microbiologiques sont conformes. L’extraction et le stockage se font à basse température, et c’est un produit à ingrédient unique, pratique pour tester le boswellia seul sur deux à trois mois.

Questions fréquentes

Peut-on prendre du boswellia et du curcuma ensemble ?

Oui, c’est une association courante, et un essai de 2018 suggère qu’elle fait mieux que le curcuma seul sur la douleur de l’arthrose. Cet essai unique, financé par le fabricant, reste à confirmer. Respectez les précautions de chaque plante, en particulier pour le foie avec la curcumine.

Quand prendre le boswellia ?

Au cours d’un repas contenant des graisses, qui améliore nettement l’absorption des acides boswelliques. Si la dose est répartie en deux prises, associez chacune à un repas.

Combien de temps faut-il pour sentir un effet ?

Comptez au moins quatre semaines. Les essais les plus solides ont évalué l’effet après trois mois. Sans amélioration au bout de deux à trois mois, il est peu probable que le boswellia vous aide.

Quelle différence entre Boswellia serrata et Boswellia sacra ?

Ce sont deux espèces différentes. Boswellia serrata pousse surtout en Inde et c’est elle qui a été testée dans la plupart des essais sur l’arthrose ; Boswellia sacra est l’encens d’Arabie, beaucoup moins étudié.

Le boswellia fait-il maigrir ?

Nous n’avons trouvé aucun essai solide qui le montre : son intérêt étudié concerne les articulations.

Qui ne doit pas prendre de boswellia ?

Les femmes enceintes ou qui allaitent, les enfants, et sans avis médical les personnes sous anticoagulant ou antiagrégant plaquettaire. En cas de traitement au long cours, demandez l’avis de votre pharmacien.

Notre avis

Le boswellia fait partie des plantes les plus sérieusement étudiées contre la douleur de l’arthrose, et ses effets vont dans le bon sens d’une méta-analyse à l’autre. Mais ils restent modestes, les essais sont petits, courts et souvent financés par les fabricants, et la plus récente analyse ne trouve pas d’effet global net. Si vous souffrez d’arthrose du genou, que vous n’êtes pas enceinte et ne prenez pas d’anticoagulant, un essai de deux à trois mois avec un extrait de résine analysé, pris au cours des repas, est raisonnable. Jugez-le sur votre douleur et votre mobilité, et arrêtez s’il ne change rien.

Pour comparer avec les autres options, consultez notre guide des compléments pour les articulations.

Les informations de cet article sont données à titre informatif. Elles ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé, en particulier en cas de traitement, de grossesse ou de pathologie.