Harpagophytum : contre-indications, effets secondaires et interactions
Ulcère, calculs biliaires, grossesse, anticoagulants, tension : qui doit éviter la griffe du diable, et pourquoi.

L’harpagophytum est contre-indiqué en cas d’ulcère de l’estomac ou du duodénum en cours et d’allergie à la plante. Il est déconseillé pendant la grossesse, l’allaitement et avant 18 ans, et demande un avis médical en cas de calculs biliaires ou de traitement anticoagulant. Ses effets secondaires les plus fréquents sont digestifs (diarrhée, nausées, douleurs abdominales) et en général légers, selon la monographie de l’Agence européenne des médicaments (EMA).
Si vous cherchez plutôt ce que la plante apporte sur les douleurs articulaires, consultez notre article sur les bienfaits de l’harpagophytum.
Les contre-indications officielles
La référence en Europe est la monographie de l’EMA sur la racine d’harpagophytum, révisée en 2016, complétée par son rapport d’évaluation.
| Situation | Position de l’EMA |
|---|---|
| Allergie à la plante | Contre-indication |
| Ulcère de l’estomac ou du duodénum en cours | Contre-indication |
| Calculs biliaires | Avis médical avant toute prise |
| Grossesse et allaitement | Déconseillé |
| Moins de 18 ans | Déconseillé |
| Douleur avec gonflement, rougeur ou fièvre | Consulter un médecin |
Ulcère de l’estomac
L’EMA justifie cette contre-indication par la stimulation de la sécrétion gastrique : l’harpagophytum est une plante très amère, et les substances amères activent les sucs digestifs. La revue indépendante Prescrire a par ailleurs signalé plusieurs cas d’hémorragies digestives associées à sa prise (Prescrire, 2013). Si vous avez des brûlures d’estomac fréquentes ou un antécédent d’ulcère, la même logique invite à demander l’avis d’un médecin, même si la monographie ne vise que l’ulcère en cours.
Calculs biliaires
La monographie demande aux personnes qui ont des calculs biliaires de consulter un médecin avant d’utiliser l’harpagophytum, en s’appuyant sur une monographie de l’Organisation mondiale de la santé. Le rapport de l’EMA ne détaille pas le mécanisme en cause.
Grossesse et allaitement
Aucune donnée ne permet d’affirmer que l’harpagophytum est sans risque pour le fœtus ou le nourrisson. Le rapport de l’EMA mentionne en outre des données de laboratoire suggérant qu’un extrait aqueux peut faire contracter le muscle utérin. En l’absence d’études de toxicité sur la reproduction, son usage n’est pas recommandé pendant la grossesse ni pendant l’allaitement.
Enfants et adolescents
Faute de données, l’EMA ne recommande pas l’harpagophytum avant 18 ans.
Les effets secondaires de l’harpagophytum
La monographie de l’EMA liste trois types d’effets indésirables, dont la fréquence exacte n’est pas connue :
- troubles digestifs : diarrhée, nausées, vomissements, douleurs abdominales ;
- effets sur le système nerveux : maux de tête, vertiges ;
- réactions allergiques : éruptions cutanées, urticaire, gonflement du visage. L’agence allemande du médicament (BfArM), citée par l’EMA, mentionne aussi de très rares chocs anaphylactiques.
Dans les essais cliniques, ces effets restent rares. Une revue de sécurité de 2008, portant sur 28 essais, relève des effets indésirables mineurs chez environ 3 % des patients, surtout digestifs, et jamais plus fréquents que sous placebo dans les essais en double aveugle. Dans un essai de 4 mois sur l’arthrose, la diarrhée a touché 8,1 % des patients sous harpagophytum, contre 26,7 % sous diacerhéine, le médicament de comparaison (Chantre, 2000).
Concernant le foie, une recherche fréquente : ni la monographie de l’EMA ni la revue de sécurité de 2008 ne signalent d’atteinte hépatique. La monographie ne rapporte aucun cas de surdosage.
Des signaux plus rares, à connaître
Ces signaux reposent sur des cas isolés ou des études chez l’animal. Ils ne prouvent pas un danger, mais justifient la prudence chez certaines personnes.
Tension artérielle
Un cas d’hypertension a été publié en 2015 : une femme de 62 ans, sans antécédent, s’est présentée avec des maux de tête, des vertiges et une tension à 175/100 mmHg après avoir pris de l’harpagophytum. Sa tension est revenue à la normale dans les deux semaines suivant l’arrêt, et le restait six mois plus tard (Cuspidi, 2015). Chez le rat, à l’inverse, la plante fait plutôt baisser la tension. L’EMA conclut qu’on en sait trop peu pour formuler une recommandation. Si vous êtes hypertendu ou traité pour la tension, surveillez-la au début d’une cure.
Cœur
Chez l’animal et à fortes doses, des extraits ont ralenti le rythme cardiaque et diminué la force de contraction du cœur, avec un possible effet sur les canaux calciques comparable à celui de certains médicaments cardiaques. La base de pharmacovigilance de l’OMS contenait, en 2015, un cas de tachycardie avec insuffisance cardiaque attribué à l’harpagophytum pris seul. La portée de ces données chez l’humain est inconnue, mais elles justifient un avis médical si vous avez une maladie cardiaque ou un traitement du rythme.
Glycémie
Les données sont contradictoires : chez le rat diabétique, un extrait injecté fait baisser la glycémie ; chez l’humain, le BfArM a enregistré de très rares hausses de la glycémie, et un seul cas figure dans la base de l’OMS. Si vous êtes diabétique, contrôlez votre glycémie et parlez-en à votre médecin.
Pancréatite
Une étude cas-témoins menée dans les hôpitaux de Berlin sur 102 cas de pancréatite aiguë sans cause identifiée a observé un risque accru chez les consommateurs d’harpagophytum (Douros, 2013). C’est un signal statistique, pas une preuve de causalité, mais il invite à la prudence les personnes qui ont déjà fait une pancréatite.
Les interactions médicamenteuses
Anticoagulants de type warfarine
C’est l’interaction la plus citée. En laboratoire, l’harpagophytum inhibe une enzyme du foie (le cytochrome CYP2C9) qui participe à l’élimination de la warfarine, un anticoagulant de la famille des antivitamines K. Chez l’humain, un seul cas a été décrit : un purpura, c’est-à-dire de petites hémorragies sous la peau, chez un patient qui associait les deux. Fait à noter, la monographie de l’EMA indique « aucune interaction rapportée », alors que son rapport d’évaluation discute ce cas et conclut que l’interaction est possible sans être démontrée. En pratique, si vous prenez un anticoagulant, ne commencez pas l’harpagophytum sans l’accord de votre médecin : un changement de l’effet anticoagulant peut provoquer un saignement ou un caillot.
Autres médicaments
Des études en laboratoire montrent une inhibition modérée d’autres enzymes du foie qui éliminent de nombreux médicaments, mais une autre équipe a conclu que cet effet avait peu de chances d’être cliniquement significatif, selon le rapport de l’EMA. Les interactions avec les traitements de la tension ou du diabète restent théoriques. Si vous prenez un traitement au long cours, signalez l’harpagophytum à votre médecin ou à votre pharmacien.
Qui doit demander l’avis de son médecin ?
Avant de prendre de l’harpagophytum, demandez l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien si vous :
- prenez un anticoagulant ou un antiagrégant plaquettaire ;
- avez des calculs biliaires ou un antécédent d’ulcère ;
- êtes hypertendu, diabétique ou suivi pour une maladie cardiaque ;
- avez déjà fait une pancréatite ;
- prenez plusieurs médicaments au long cours.
Et arrêtez la prise en cas de douleurs d’estomac persistantes, de selles noires (signe possible de saignement digestif), d’éruption cutanée ou de gonflement du visage.
Comment bien le choisir et bien l’utiliser
- Respectez les doses étudiées : les essais ont utilisé des préparations apportant 50 à 100 mg d’harpagosides par jour, ou les doses de la monographie européenne. Un surdosage n’apporte aucun bénéfice démontré.
- Faites le point après 4 semaines : c’est la durée au-delà de laquelle l’EMA recommande de consulter si les douleurs persistent.
- Préférez un produit qui affiche ses précautions d’emploi et sa composition complète. Par exemple, la fiche de la griffe du diable de Nutriforce signale qu’elle est déconseillée pendant la grossesse et l’allaitement, en cas d’ulcère ou de calculs biliaires, et à utiliser avec précaution sous anticoagulant.
- Évitez d’accumuler les compléments aux effets proches. La curcumine, souvent associée à l’harpagophytum dans les formules « articulations », fait elle aussi l’objet d’une mise en garde officielle sur les anticoagulants. Le collagène marin, autre complément courant pour les articulations, a ses propres précautions d’emploi.
Questions fréquentes
L’harpagophytum est-il dangereux pour le foie ?
Aucun effet hépatique n’est mentionné dans la monographie européenne ni dans la revue de sécurité de 2008. Cela ne prouve pas l’absence de risque, mais le foie n’est pas le point de vigilance principal de cette plante, contrairement à l’estomac.
Peut-on prendre de l’harpagophytum quand on a de l’hypertension ?
Un cas d’hypertension a été publié, alors que les études chez l’animal montrent plutôt une baisse de tension. L’EMA juge les données insuffisantes pour conclure. Si vous êtes hypertendu, demandez l’avis de votre médecin et contrôlez votre tension pendant les premières semaines.
Peut-on prendre de l’harpagophytum avec un anticoagulant ?
Pas sans avis médical. Un cas d’hémorragies sous la peau a été décrit avec la warfarine, et la plante inhibe en laboratoire une enzyme qui élimine ce médicament. Votre médecin pourra décider de surveiller votre INR (le test qui mesure l’effet de l’anticoagulant) ou de vous orienter vers une autre option.
Harpagophytum : bienfait et danger, que retenir ?
Le bénéfice sur les douleurs articulaires est modeste et reste mal démontré. Le risque est faible pour la plupart des adultes en bonne santé, mais la plante est à éviter, ou à discuter avec un médecin, en cas d’ulcère, de calculs biliaires, de traitement anticoagulant ou de grossesse.
Peut-on associer harpagophytum et curcumine ?
Ces deux plantes sont souvent combinées. Nous n’avons pas trouvé d’étude sur la sécurité de l’association chez l’humain. Les précautions s’additionnent : l’une et l’autre demandent un avis médical sous anticoagulant.
Les informations de cet article sont données à titre informatif. Elles ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé, en particulier en cas de traitement, de grossesse ou de pathologie.



