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Santé et bien-être

Shilajit : bienfaits, dangers et ce que disent vraiment les études

Une poignée de petits essais, dont plusieurs avec le même extrait commercial, et un vrai risque de métaux lourds : le shilajit mérite d'être choisi avec soin.

Par Jérémy Barbier · · 9 min de lecture · mis à jour le

Morceaux de résine noire de shilajit disposés autour d'une coupelle dorée remplie de fragments

Le shilajit est une résine noire qui suinte de certaines roches de montagne, surtout dans l’Himalaya, et qui se compose en majorité de substances humiques, dont l’acide fulvique. Chez l’humain, les preuves se résument à quelques petits essais, dont plusieurs menés avec le même extrait purifié commercial : une hausse d’environ 20 % de la testostérone chez des hommes de 45 à 55 ans, un meilleur maintien de la force après un effort épuisant, et des marqueurs du collagène et de l’os. Son principal danger est la contamination par des métaux lourds, fréquente dans les résines brutes ou mal purifiées.

Qu’est-ce que le shilajit ?

Le shilajit, aussi appelé mumie ou moumiyo, est utilisé depuis longtemps en médecine ayurvédique comme « rasayana », une substance censée revitaliser l’organisme. On le récolte surtout dans les fissures des roches de l’Himalaya.

Sa composition exacte reste mal connue. Une revue de 2025 souligne qu’aucune analyse chimique complète n’a jamais été réalisée et que son origine elle-même est débattue : résidus de plantes décomposées pour les uns, exsudat minéral des roches pour les autres. On sait tout de même qu’il est composé à plus de 80 % de substances humiques, les molécules organiques qui se forment lors de la décomposition de la matière végétale, et à environ 20 % de minéraux (calcium, potassium, magnésium). Il contient aussi des acides aminés, des acides gras et des traces de métaux (Kamgar et ses collègues, 2025).

L’acide fulvique, la fraction des substances humiques la plus soluble dans l’eau, est le composé le plus mis en avant, avec des molécules appelées dibenzo-alpha-pyrones. Une revue de 2014 note cependant que les essais humains bien contrôlés sont rares, alors que les études sur l’animal et les cellules se multiplient (Stohs, 2014).

Point essentiel : les essais cliniques ont utilisé du shilajit purifié et standardisé, pas de la résine brute.

Les bienfaits du shilajit selon les études

Effet recherché Ce que montrent les essais Solidité des preuves
Testostérone Hausse d’environ 20 % chez des hommes de 45 à 55 ans Un seul essai contrôlé
Fertilité masculine Plus de spermatozoïdes chez des hommes infertiles Un essai sans groupe placebo
Force et fatigue musculaire Force mieux conservée après un effort épuisant Un essai, effet limité à un sous-groupe
Collagène et os Marqueurs du collagène en hausse, perte osseuse freinée après la ménopause Deux petits essais
Énergie, cerveau, poids Aucune démonstration chez l’humain Études animales et cellulaires

Testostérone : une hausse dans un seul essai contrôlé

Dans un essai indien randomisé en double aveugle, des hommes en bonne santé de 45 à 55 ans ont pris 250 mg de shilajit purifié deux fois par jour, ou un placebo, pendant 90 jours. La testostérone totale et la testostérone libre ont augmenté par rapport au placebo, tout comme la DHEA, une autre hormone, tandis que les hormones qui pilotent les testicules (LH et FSH) sont restées stables (Pandit et ses collègues, 2016). Une équipe américaine qui reprend ces résultats chiffre la hausse à 20,45 % pour la testostérone totale et à 19,14 % pour la testostérone libre (Keller et ses collègues, 2019).

C’est encourageant, mais c’est un seul essai, mené avec un extrait commercial précis, chez des hommes d’âge moyen. En dehors d’un essai sans placebo chez des hommes infertiles (voir ci-dessous), nous n’avons pas trouvé d’autre essai mesurant l’effet du shilajit sur la testostérone, et aucun chez la femme. D’autres plantes sont étudiées pour la testostérone, comme le Tongkat Ali ou la Fadogia agrestis, avec leurs propres limites ; notre guide des boosters de testostérone naturels les compare.

Fertilité masculine : un résultat sans groupe de comparaison

La même équipe indienne a donné 100 mg de shilajit transformé deux fois par jour, pendant 90 jours, à 35 hommes dont le sperme contenait peu de spermatozoïdes. Chez les 28 qui ont terminé l’étude, le nombre total de spermatozoïdes a augmenté de 61,4 % et la testostérone de 23,5 % ; les bilans du foie et des reins sont restés normaux (Biswas et ses collègues, 2010). Mais il n’y avait pas de groupe placebo : impossible de savoir quelle part de l’amélioration revient au shilajit.

Force et fatigue musculaire : un effet chez les plus forts

Dans une université américaine, 63 jeunes hommes actifs ont pris 250 mg ou 500 mg de shilajit par jour, ou un placebo, pendant 8 semaines. Après une série de 100 extensions de jambes épuisantes, la perte de force était plus faible à 500 mg (8,9 %) que sous placebo (16,0 %) ou à 250 mg (17,0 %). Mais cet effet n’est apparu que chez la moitié des participants la plus forte au départ, et la dose de 250 mg n’a rien donné. Les chercheurs ont aussi mesuré une baisse de l’hydroxyproline, un marqueur de la dégradation du collagène. L’étude a été financée par le fabricant de l’extrait (Keller et ses collègues, 2019).

C’est donc une piste pour la récupération, pas une preuve de gain de muscle. Pour les compléments les mieux étudiés en musculation, voyez notre guide des compléments pour la musculation.

Collagène et os : des marqueurs encourageants

Deux autres essais vont dans le même sens. Chez 35 jeunes hommes entraînés, 500 ou 1 000 mg de shilajit par jour pendant 8 semaines ont augmenté un marqueur sanguin de la fabrication du collagène de type 1, sans changement sous placebo (Neltner et ses collègues, 2024). Chez 60 femmes ménopausées atteintes d’ostéopénie, c’est-à-dire d’une densité osseuse diminuée, 250 ou 500 mg par jour pendant 48 semaines ont freiné la perte de densité osseuse observée sous placebo (Pingali et Nutalapati, 2022). Ce sont de petits effectifs, et un marqueur sanguin ne dit pas si le risque de blessure ou de fracture baisse vraiment.

Énergie, cerveau, poids : pas de preuve chez l’humain

Le shilajit est très vendu contre la fatigue, pour la mémoire ou pour maigrir. Les arguments sur la production d’énergie des cellules, la protection du cerveau ou la « combustion des graisses » viennent d’études sur l’animal ou sur des cellules. Nous n’avons trouvé aucun essai contrôlé chez l’humain qui démontre un effet du shilajit seul sur la fatigue, la mémoire ou le poids. Si c’est la fatigue qui vous amène, notre guide des compléments contre la fatigue présente les options mieux étudiées.

Quelle dose de shilajit ?

Les essais ont utilisé des extraits purifiés :

Essai Dose quotidienne Durée
Fertilité (2010) 200 mg (100 mg deux fois) 90 jours
Testostérone (2016) 500 mg (250 mg deux fois) 90 jours
Force (2019) 250 ou 500 mg 8 semaines
Collagène (2024) 500 ou 1 000 mg 8 semaines
Os après la ménopause (2022) 250 ou 500 mg 48 semaines

La dose la plus souvent testée est de 500 mg par jour, pendant 8 à 12 semaines. Aucune étude n’a comparé le matin et le soir. Nous n’avons trouvé aucun essai portant sur la résine brute que l’on dissout dans une boisson, dont la dose réelle est difficile à mesurer.

Shilajit : quels dangers ?

Les métaux lourds, le risque principal

Le shilajit contient naturellement des métaux, et la qualité de sa purification fait toute la différence. Une équipe saoudienne a analysé des shilajits indiens et pakistanais vendus dans le commerce : ils contenaient du plomb, de l’arsenic et du mercure au-delà des limites admises (Aldakheel et ses collègues, 2022). Le problème dépasse le shilajit : parmi 193 produits ayurvédiques achetés sur internet, un sur cinq contenait du plomb, du mercure ou de l’arsenic, et tous ceux-là dépassaient au moins une norme d’apport quotidien acceptable (Saper et ses collègues, 2008).

Dans l’Union européenne, le règlement 2023/915 fixe pour les compléments alimentaires des teneurs maximales de 3,0 mg/kg pour le plomb et de 0,10 mg/kg pour le mercure. Ne consommez jamais de résine brute ramenée de voyage ou vendue sans analyse.

Les effets indésirables dans les essais

Les résumés des essais publiés ne signalent pas d’effet indésirable notable, et les bilans du foie et des reins sont restés normaux dans l’étude sur la fertilité. La revue de 2014 juge la sécurité du shilajit bien documentée. Mais ces essais durent de 8 à 48 semaines, portent sur quelques dizaines de personnes, et plusieurs utilisent le même extrait : ils ne disent rien des produits de moindre qualité ni d’une prise sur plusieurs années.

Qui doit l’éviter ou demander un avis médical ?

  • Grossesse, allaitement, enfants et adolescents : aucune donnée, abstenez-vous.
  • Maladies sensibles aux hormones : le shilajit a fait monter la testostérone et la DHEA dans un essai. Par prudence, évitez-le en cas de cancer de la prostate ou d’autre cancer hormono-dépendant, et demandez un avis médical en cas d’excès d’hormones masculines chez la femme, comme dans le syndrome des ovaires polykystiques.
  • Maladies chroniques et traitements : nous n’avons trouvé aucune interaction documentée, mais les données manquent. Si vous êtes traité pour une maladie du cœur, du foie ou des reins, pour l’hypertension ou le diabète, parlez-en à votre médecin avant d’en prendre.

Comment bien choisir son shilajit

Voici ce qui distingue un produit sérieux :

  1. Des analyses de métaux lourds publiées, avec des résultats chiffrés pour le plomb, l’arsenic, le mercure et le cadmium, réalisées par un laboratoire indépendant. C’est le critère numéro un.
  2. Une teneur en acide fulvique indiquée, qui renseigne sur la concentration du produit et permet de comparer les offres.
  3. Une origine précise, plutôt qu’un vague « shilajit des montagnes ».
  4. Une dose mesurable : les gélules donnent une dose exacte, alors que la résine se prélève « à l’œil » ou à la cuillère doseuse.
  5. Une composition simple, sans mélange d’autres plantes aux effets hormonaux.

Notre recommandation : le shilajit de Nutriforce répond à ces critères. C’est une résine de shilajit de l’Himalaya standardisée à 80 % d’acide fulvique, soit 400 mg d’acide fulvique par gélule de 500 mg, la quantité quotidienne utilisée dans l’essai sur la testostérone. Son certificat d’analyse, publié sur la fiche, détaille des résultats conformes pour le plomb, l’arsenic, le mercure et le cadmium, ainsi que les contrôles microbiologiques, réalisés par un laboratoire indépendant. Les gélules sont végétales, sans autre ingrédient, et le produit est formulé en France.

Nos critères généraux sont détaillés dans notre guide pour choisir un complément alimentaire de qualité.

Questions fréquentes

Le shilajit est-il dangereux pour la santé ?

Un shilajit purifié et analysé a été bien toléré dans les essais, qui ont duré de 8 à 48 semaines. Le danger vient surtout des résines brutes ou mal contrôlées, qui peuvent contenir du plomb, de l’arsenic ou du mercure. Il est à éviter pendant la grossesse, l’allaitement et en cas de maladie sensible aux hormones.

Quels sont les bienfaits du shilajit pour la femme ?

Le seul essai mené chez des femmes portait sur des femmes ménopausées avec une densité osseuse diminuée : la perte osseuse était freinée. Les promesses sur les œstrogènes, la libido ou les cheveux ne reposent sur aucun essai. Demandez un avis médical en cas de trouble hormonal.

Le shilajit augmente-t-il vraiment la testostérone ?

Dans un essai de 90 jours chez des hommes de 45 à 55 ans, la testostérone totale a augmenté d’environ 20 % par rapport au placebo. C’est un résultat réel mais isolé, obtenu avec un extrait purifié précis, qui reste à confirmer par d’autres équipes.

Combien de temps faut-il pour ressentir les effets du shilajit ?

Les essais ont mesuré leurs effets après 8 à 12 semaines de prise quotidienne, et jusqu’à 48 semaines pour l’os. Aucune étude n’a évalué d’effet dans les premiers jours.

Shilajit : faut-il le prendre le matin ou le soir ?

Aucune étude ne permet de trancher. Dans l’essai sur la testostérone, la dose était répartie en deux prises par jour.

Résine ou gélules : que choisir ?

Les essais ont utilisé des extraits purifiés, pas de la résine brute. Les gélules donnent une dose précise ; la résine est plus traditionnelle, mais sa dose est plus approximative. Dans les deux cas, exigez des analyses de métaux lourds.

Notre avis

Le shilajit a quelques résultats intéressants chez l’humain, sur la testostérone des hommes d’âge moyen, la force après l’effort et le collagène, mais chacun repose sur un ou deux petits essais, dont l’un financé par le fabricant de l’extrait testé. Les promesses sur l’énergie, le cerveau ou la perte de poids ne sont pas démontrées. Le vrai enjeu est la pureté : si vous voulez l’essayer, choisissez un produit dont les métaux lourds sont analysés et publiés, comme le shilajit Nutriforce, prenez-le 8 à 12 semaines, et abstenez-vous en cas de grossesse ou de maladie sensible aux hormones.

Les informations de cet article sont données à titre informatif. Elles ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé, en particulier en cas de traitement, de grossesse ou de pathologie.