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Stress, sommeil et énergie

Basilic sacré (tulsi) : bienfaits, stress, tisane et dangers

Plante phare de l'ayurvéda, le tulsi a deux essais sérieux à son actif contre le stress. Ce qu'ils montrent, et les précautions que l'on oublie souvent.

Par Jérémy Barbier · · 10 min de lecture · mis à jour le

Feuilles fraîches de basilic sacré (tulsi) aux tiges violacées, à côté d'une tasse de tisane

Le basilic sacré, ou tulsi (Ocimum tenuiflorum), est une plante de la médecine ayurvédique étudiée surtout contre le stress. Deux essais contre placebo montrent une baisse du stress ressenti et une amélioration du sommeil perçu après 6 à 8 semaines d’extrait, et de petites études suggèrent un effet sur la glycémie. Ces résultats restent préliminaires : les essais sont peu nombreux et financés par le fabricant des extraits. Le basilic sacré est déconseillé pendant la grossesse et en cas de projet d’enfant, et demande un avis médical avec un traitement anticoagulant, antidiabétique ou thyroïdien.

Basilic sacré ou tulsi : de quoi parle-t-on ?

Basilic sacré et tulsi désignent la même plante : Ocimum tenuiflorum, que l’on trouve aussi sous le nom d’Ocimum sanctum. Originaire du sous-continent indien, elle appartient à la famille de la menthe et occupe une place centrale dans la médecine ayurvédique. Ce n’est pas le basilic de nos cuisines (Ocimum basilicum), qui est une autre espèce.

On utilise surtout ses feuilles, fraîches ou séchées. Elles contiennent de l’eugénol, qui est son composé le plus caractéristique, de l’acide ursolique et de l’acide rosmarinique, entre autres (Jamshidi et Cohen, 2017). Leur proportion varie beaucoup selon la variété et les conditions de culture, ce qui explique l’intérêt des extraits titrés.

En France, Ocimum tenuiflorum figure sur la liste des plantes admises dans les compléments alimentaires publiée par la DGCCRF, avec une mention qui renvoie à des recommandations sanitaires d’emploi.

On le range parmi les plantes dites adaptogènes, censées aider l’organisme à mieux supporter le stress, aux côtés de l’ashwagandha et de la rhodiola. Notre dossier sur les plantes adaptogènes explique ce que recouvre ce terme.

Les bienfaits du basilic sacré selon les études

Une revue systématique publiée en 2017 a recensé 24 études menées chez l’humain. Toutes rapportent un résultat favorable, mais les auteurs n’en classent que trois comme de bonne qualité méthodologique. Depuis, un essai plus rigoureux a été publié en 2022.

Effet recherché Ce que montrent les essais Solidité des preuves
Stress Stress perçu en baisse de 37 % en 8 semaines, contre 19 % sous placebo Deux essais contre placebo, financés par le fabricant
Sommeil Score d’insomnie amélioré, sans gain mesuré par bracelet connecté Un essai
Glycémie Baisse de la glycémie à jeun chez des diabétiques de type 2 Petits essais de qualité faible
Attention, mémoire de travail Temps de réaction et taux d’erreur améliorés Un essai de 40 personnes
Immunité Hausse de marqueurs immunitaires dans le sang Un essai de 22 personnes, aucun résultat sur les infections

Stress : l’effet le mieux étudié

L’essai le plus solide est australien. Cent adultes stressés, âgés de 18 à 65 ans, ont pris pendant 8 semaines 125 mg d’un extrait standardisé deux fois par jour, ou un placebo (Lopresti et al., 2022). Le score de stress perçu a baissé de 37 % dans le groupe basilic sacré, contre 19 % dans le groupe placebo. Le cortisol mesuré dans les cheveux, qui reflète l’exposition au stress sur plusieurs semaines, était plus bas à la fin de l’essai. Soumis à un test de stress en laboratoire, les participants du groupe basilic sacré ont aussi présenté un cortisol salivaire et une tension artérielle moins élevés.

Un essai indien plus ancien va dans le même sens. Sur 158 adultes recrutés, 150 ont été analysés après 6 semaines à 1 200 mg d’extrait par jour ou sous placebo (Saxena et al., 2012). Les oublis, la sensation d’épuisement et les troubles du sommeil d’apparition récente ont davantage reculé sous extrait, avec une amélioration globale supérieure de 39 % à celle du placebo.

Deux réserves. Les deux essais ont été financés par la société qui produit les extraits testés, ou menés avec son concours. Et une troisième étude souvent citée, menée chez 35 personnes souffrant d’anxiété généralisée, ne comportait pas de groupe placebo d’après la revue systématique : elle ne prouve rien à elle seule. L’effet anti-stress est donc plausible et cohérent, sans être confirmé par des équipes indépendantes.

Sommeil : un mieux ressenti, pas mesuré

Dans l’essai australien, le score d’insomnie rempli par les participants s’est davantage amélioré sous basilic sacré. En revanche, le bracelet connecté qu’ils portaient la nuit n’a pas montré de différence entre les groupes sur la durée ou l’efficacité du sommeil. Si le sommeil est votre premier objectif, d’autres options sont comparées dans notre guide des compléments pour le sommeil.

Glycémie : des résultats à prendre avec prudence

Dans un essai indien de 1996, 40 personnes atteintes de diabète de type 2 ont pris 2,5 g de poudre de feuilles par jour, puis un placebo à base de feuilles d’épinard, ou l’inverse. Sous basilic sacré, la glycémie à jeun a baissé de 21 mg/dl (17,6 %) et la glycémie après repas de 15,8 mg/dl (7,3 %). L’essai était en simple aveugle, court, et la revue systématique lui attribue une note de qualité faible, comme à la plupart des études sur le sujet.

Ces résultats ne font pas du basilic sacré un traitement du diabète. Ils imposent surtout une précaution : associé à un médicament antidiabétique, il pourrait accentuer la baisse de la glycémie. Les options les mieux étudiées figurent dans notre guide des compléments pour la glycémie.

Attention et mémoire de travail

Un essai indien a donné 300 mg d’extrait de feuilles par jour ou un placebo à 40 jeunes adultes pendant 30 jours (Sampath et al., 2015). Le temps de réaction et le taux d’erreur à deux tests d’attention et de mémoire de travail se sont davantage améliorés sous extrait, sans différence significative sur le cortisol salivaire ni sur l’anxiété. Un seul essai, de petite taille : c’est une piste.

Immunité : des marqueurs, pas de preuve clinique

Chez 22 volontaires en bonne santé, 300 mg d’extrait de feuilles par jour pendant 4 semaines ont augmenté plusieurs marqueurs immunitaires dans le sang, dont certaines cellules de défense (Mondal et al., 2011). Aucune étude n’a vérifié si cela se traduit par moins d’infections.

Tisane, gélules, poudre : comment utiliser le basilic sacré ?

  • Les doses des études varient beaucoup selon la préparation : 250 mg par jour d’un extrait concentré dans l’essai australien, 1 200 mg par jour dans l’essai indien sur le stress, 300 à 1 000 mg par jour pour les extraits alcooliques de feuilles, et plusieurs grammes pour la poudre de feuilles.
  • La tisane est la forme traditionnelle. Aucun des essais contrôlés sur le stress ne l’a évaluée : ils ont utilisé des extraits en quantité mesurée. C’est une boisson agréable, dont l’effet propre sur le stress n’a pas été mesuré.
  • L’huile essentielle n’est pas le même produit. La DGCCRF rappelle que les huiles essentielles relèvent de dispositions spécifiques ; ne l’avalez pas sans l’avis d’un professionnel de santé.
  • Le moment : dans les essais sur le stress, la dose était répartie en deux prises, matin et soir.
  • La durée : les études vont de 2 à 13 semaines. Au-delà, la sécurité n’a pas été évaluée.

Un avis médical s’impose si vous avez une maladie chronique ou un traitement.

Effets secondaires, dangers et contre-indications

Ce que rapportent les essais

Le basilic sacré est bien toléré sur quelques semaines. Dans la revue systématique, 15 études sur 24 n’ont relevé aucun effet indésirable, 8 n’en parlent pas, et une seule mentionne des nausées occasionnelles. Dans l’essai australien, aucun effet indésirable grave n’a été signalé, et leur fréquence était comparable dans les deux groupes ; deux participants ont toutefois arrêté les gélules pour des effets qu’ils leur attribuaient. Le Manuel MSD, référence médicale, cite des nausées et des diarrhées.

Grossesse, allaitement et projet d’enfant

C’est la précaution principale. Chez le rat, un extrait de feuilles a fait baisser le nombre et la mobilité des spermatozoïdes, un effet qui a disparu deux semaines après l’arrêt (Ahmed et al., 2002). Le Manuel MSD mentionne aussi un risque de moindre implantation de l’œuf fécondé dans l’utérus. Ces effets n’ont pas été recherchés chez l’humain. Par prudence, évitez le basilic sacré pendant la grossesse et l’allaitement, ainsi que pendant un projet d’enfant : cette précaution vaut pour les femmes comme pour les hommes.

Thyroïde

Chez la souris, l’extrait de feuilles a fait baisser le taux de thyroxine, l’une des hormones thyroïdiennes (Panda et Kar, 1998). Le Manuel MSD en déduit qu’il pourrait diminuer l’efficacité des traitements par hormones thyroïdiennes. En cas d’hypothyroïdie ou de traitement thyroïdien, demandez l’avis de votre médecin.

Anticoagulants et chirurgie

Selon le Manuel MSD, le basilic sacré peut freiner l’agrégation des plaquettes et allonger le temps de coagulation. Avec un anticoagulant ou un antiagrégant plaquettaire (aspirine, clopidogrel), le risque de saignement pourrait augmenter : pas de prise sans avis médical, et signalez-la avant une opération.

Diabète et autres traitements

  • Antidiabétiques : surveillez votre glycémie et prévenez votre médecin, le basilic sacré pouvant ajouter son effet à celui du traitement.
  • Sédatifs : le Manuel MSD signale qu’il peut renforcer l’effet sédatif des barbituriques. Prudence avec les somnifères.
  • Enfants : aucune donnée, à éviter.

Nous n’avons pas trouvé d’avis de l’ANSES consacré au basilic sacré. Côté sécurité, son profil paraît plus simple que celui de l’ashwagandha, que l’agence déconseille à plusieurs catégories de personnes, mais il est aussi beaucoup moins étudié.

Comment bien choisir un complément de basilic sacré

  1. L’espèce en toutes lettres : Ocimum tenuiflorum ou Ocimum sanctum.
  2. Un extrait titré, c’est-à-dire dont la teneur en un composé de référence est mesurée et indiquée, par exemple l’acide ursolique. C’est ce qui assure une composition stable d’un lot à l’autre.
  3. Une dose par gélule cohérente avec les études, qui ont utilisé de 250 à 1 200 mg d’extrait par jour.
  4. Des analyses d’un laboratoire indépendant, sur les métaux lourds et la microbiologie.
  5. Une plante seule plutôt qu’un mélange, pour savoir ce qui agit et limiter les interactions.

Notre recommandation : le basilic sacré tulsi de Nutriforce coche ces cinq cases. C’est un extrait d’Ocimum tenuiflorum titré à 2 % d’acide ursolique, dosé à 500 mg par gélule : une à deux gélules par jour vous placent dans la fourchette des essais sur le stress. Sa fiche qualité, publiée sur la page du produit, fait état d’analyses d’un laboratoire indépendant conformes pour le titrage, les métaux lourds (plomb, arsenic, mercure, cadmium) et la microbiologie. La formule ne contient que l’extrait et une gélule végétale, sans autre plante ni additif.

Questions fréquentes

Basilic sacré et tulsi, est-ce la même plante ?

Oui. « Tulsi » est le nom indien du basilic sacré, Ocimum tenuiflorum, aussi appelé Ocimum sanctum. Les deux noms figurent sur les étiquettes.

Quelle différence avec le basilic de cuisine ou le basilic thaï ?

Le basilic courant est une autre espèce, Ocimum basilicum, et ce que l’on vend en France sous le nom de basilic thaï en est généralement une variété. Le basilic sacré a un goût plus poivré et c’est lui, et non le basilic de cuisine, qui a été étudié contre le stress.

La tisane de tulsi est-elle efficace contre le stress ?

On ne le sait pas : les essais contrôlés ont porté sur des extraits en gélules, pas sur l’infusion. La tisane fait partie de l’usage traditionnel ; les précautions liées à la grossesse et aux traitements restent valables pour elle aussi.

Le tulsi aide-t-il à dormir ?

Dans un essai, les participants ont jugé leur sommeil meilleur après 8 semaines, sans que le bracelet connecté le confirme. Le tulsi n’est pas un somnifère ; il pourrait aider si c’est le stress qui vous empêche de dormir.

Quels sont les dangers du basilic sacré ?

Peu d’effets indésirables sont rapportés, surtout digestifs. Les vraies précautions concernent la grossesse, l’allaitement et le projet d’enfant, les traitements anticoagulants, antidiabétiques et thyroïdiens, et toute opération programmée.

Basilic sacré ou ashwagandha : lequel choisir contre le stress ?

L’ashwagandha compte davantage d’essais, mais aussi davantage de signaux de sécurité : l’ANSES la déconseille à plusieurs profils. Le basilic sacré est moins étudié et semble bien toléré. À notre connaissance, aucun essai ne les a comparés directement.

Notre avis

Le basilic sacré fait partie des plantes anti-stress pour lesquelles il existe au moins un essai bien conduit, avec des mesures objectives comme le cortisol. C’est mieux que beaucoup de plantes vendues pour le même usage, mais cela reste deux essais, tous deux liés au fabricant des extraits. Les promesses sur l’immunité, la peau ou la perte de poids ne reposent pas sur des preuves cliniques. Si vous traversez une période de stress, sans grossesse ni projet d’enfant, et sans traitement anticoagulant, antidiabétique ou thyroïdien, un essai de 6 à 8 semaines avec un extrait titré, comme le basilic sacré Nutriforce, est une option raisonnable.

Pour comparer avec les autres pistes, du magnésium à la rhodiola, consultez notre guide des compléments contre le stress.

Les informations de cet article sont données à titre informatif. Elles ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé, en particulier en cas de traitement, de grossesse ou de pathologie.