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Stress, sommeil et énergie

Plantes adaptogènes : définition, liste, bienfaits et dangers selon les études

Ashwagandha, rhodiola, ginseng, basilic sacré : un mot séduisant, sans définition officielle, et des preuves très inégales d'une plante à l'autre.

Par Jérémy Barbier · · 12 min de lecture · mis à jour le

Racines séchées d'ashwagandha, de ginseng et de rhodiola et feuilles de basilic sacré disposées dans des coupelles en bois

Les plantes adaptogènes sont des plantes réputées aider l’organisme à mieux résister au stress et à la fatigue. Le mot n’a aucune définition réglementaire : pour l’Agence européenne des médicaments, il n’est pas accepté dans la terminologie pharmacologique et clinique en usage en Europe. Plante par plante, les preuves sont très inégales. L’ashwagandha (stress ressenti, cortisol), la rhodiola (fatigue liée au stress) et le ginseng (fatigue) sont les mieux étudiées ; le basilic sacré et la maca reposent sur quelques essais. Aucune n’est anodine : l’ANSES déconseille l’ashwagandha à plusieurs profils, et toutes sont à éviter pendant la grossesse.

Adaptogène : définition, et ce qu’en dit l’Agence européenne des médicaments

Le terme a été proposé en 1947 par le chercheur soviétique N. V. Lazarev, pour désigner une substance censée augmenter la résistance « non spécifique » de l’organisme aux agressions. À la fin des années 1960, le pharmacologue I. I. Brekhman en a fixé les critères, toujours repris depuis. Un adaptogène devrait :

  • être presque dépourvu de toxicité ;
  • agir de façon non spécifique, en augmentant la résistance à des agressions très diverses, physiques, chimiques ou biologiques ;
  • avoir un effet « normalisateur » sur l’organisme.

Les plantes le plus souvent rangées sous cette étiquette sont, d’après l’EMA, l’éleuthérocoque, le ginseng, la schisandra et la rhodiola.

Le Comité des médicaments à base de plantes de l’Agence européenne des médicaments (EMA) a consacré en 2008 un document de réflexion au concept d’adaptogène. Sa conclusion tient en trois points :

  1. le principe d’une action adaptogène demande à être clarifié, et le terme n’est pas accepté dans la terminologie pharmacologique et clinique couramment utilisée dans l’Union européenne ;
  2. les études cliniques souffrent de nombreux défauts (participants et produits mal décrits, petits effectifs), et le mot n’est pas jugé approprié pour une autorisation de mise sur le marché ;
  3. le concept peut en revanche être pris en compte pour les médicaments traditionnels à base de plantes, fondés sur l’ancienneté de l’usage.

Il n’existe donc ni définition officielle ni liste officielle des plantes adaptogènes : le mot relève de la tradition et du vocabulaire commercial. Chaque plante doit être jugée sur ses propres études, et la promesse d’un effet « normalisateur » valable pour tout le monde reste à démontrer.

La liste des plantes adaptogènes, en un coup d’œil

Plante Ce qu’elle apporte Niveau de preuve Dose étudiée
Ashwagandha Moins de stress ressenti et d’anxiété, cortisol en baisse 12 essais, 1 002 participants, certitude faible 300 à 600 mg d’extrait de racine par jour
Rhodiola Moins de fatigue et d’épuisement liés au stress Usage traditionnel reconnu par l’EMA, petits essais 144 à 400 mg d’extrait par jour (EMA)
Ginseng (Panax) Petite baisse de la fatigue générale 19 essais, effet faible ; usage traditionnel reconnu Selon la préparation
Basilic sacré (tulsi) Stress ressenti, sommeil Un essai de 100 personnes 250 mg d’extrait par jour dans l’essai
Maca Humeur, énergie Un essai de 175 personnes 3 g d’extrait par jour dans l’essai
Éleuthérocoque Fatigue, selon l’usage traditionnel Essais contrôlés négatifs Selon la préparation
Cordyceps, reishi Pas d’essai sur le stress Non démontré Sans objet

Notre sélection

Les plantes sont classées de la mieux étayée à la moins étayée, ce qui ne veut pas dire « prouvée » : pour aucune d’entre elles, la certitude des preuves n’est élevée.

1. Ashwagandha : la plus étudiée, et la plus encadrée

Ce qu’elle fait. La méta-analyse d’Akhgarjand et ses collègues (2022) regroupe 12 essais randomisés et 1 002 participants : l’extrait de racine réduit le stress et l’anxiété par rapport au placebo, avec un effet sur le stress observé entre 300 et 600 mg par jour. Les auteurs jugent la certitude des preuves faible. Une méta-analyse de 2026 portant sur 23 essais et 1 706 participants confirme une baisse moyenne du cortisol, l’hormone du stress, avec des résultats très variables d’une étude à l’autre.

Pour qui. Un adulte en bonne santé, sans traitement, qui traverse une période de stress prolongée.

Dose. 300 à 600 mg d’extrait de racine par jour, sur environ 8 semaines.

Précaution principale. Dans son avis d’avril 2024, l’ANSES estime qu’il est impossible de définir une dose sans risque et recommande de s’abstenir en cas de maladie de la thyroïde, du foie ou du cœur, de grossesse ou de traitement sédatif, et par précaution pendant l’allaitement et avant 18 ans. De rares atteintes du foie ont été décrites. Voyez notre article sur les bienfaits et les effets secondaires de l’ashwagandha.

L’ashwagandha de Nutriforce est un extrait de racine uniquement, titré à 3 % de withanolides et dosé à 500 mg par gélule, dans la fourchette de 300 à 600 mg des essais sur le stress. Son certificat d’analyse mesure 3,01 % de withanolides et publie les contrôles des métaux lourds et microbiologiques, réalisés par un laboratoire indépendant. La gélule est végétale et le produit est formulé en France.

2. Rhodiola : quand le stress se traduit par de l’épuisement

Ce qu’elle fait. La monographie de l’EMA reconnaît à la racine de rhodiola un usage traditionnel pour soulager les symptômes du stress, comme la fatigue et l’épuisement. Ce statut repose sur l’ancienneté de l’usage. L’un des meilleurs essais a été mené en Suède chez 60 adultes atteints d’un syndrome de fatigue lié au stress : après 28 jours à 576 mg d’extrait par jour, le score d’épuisement et plusieurs mesures d’attention s’étaient davantage améliorés que sous placebo, et la réponse du cortisol au réveil avait diminué (Olsson et al., 2009). Les deux groupes avaient progressé, signe d’un fort effet placebo.

Pour qui. Les adultes chez qui le stress se manifeste surtout par de la fatigue et un sentiment d’épuisement.

Dose. 144 à 400 mg d’extrait par jour dans la monographie européenne, jusqu’à 576 mg dans l’essai suédois, le matin.

Précaution principale. L’EMA la déconseille avant 18 ans, pendant la grossesse et l’allaitement, et demande de consulter si les symptômes durent plus de deux semaines. Des interactions avec des antidépresseurs ont été décrites : pas de rhodiola sous antidépresseur sans avis médical. Voyez nos articles sur la rhodiola et sur sa sécurité.

La rhodiola de Nutriforce est un extrait de Rhodiola rosea titré à 3 % de rosavines et 5 % de salidroside, soit 15 mg et 25 mg par gélule, les deux familles de composés qui caractérisent l’espèce. Sa fiche qualité publie un certificat d’analyse d’un laboratoire indépendant, avec des teneurs en plomb, arsenic, mercure et cadmium inférieures à 1 ppm et des contrôles microbiologiques conformes. Le produit est formulé en France, en gélule végétale, et la marque conseille de le prendre le matin.

3. Ginseng : plutôt pour la fatigue que pour le stress

Ce qu’il fait. Le ginseng asiatique (Panax ginseng) est l’un des premiers adaptogènes décrits. L’EMA lui reconnaît un usage traditionnel contre les symptômes d’asthénie, c’est-à-dire la fatigue et la faiblesse. La méta-analyse de Li et ses collègues (2023), qui réunit 19 essais, ne trouve pas de baisse significative de la fatigue tous types confondus, mais une baisse de la fatigue « générale », celle qui n’est pas liée à une maladie précise. La taille de l’effet est faible. Nous n’avons pas trouvé de méta-analyse montrant un effet sur le stress lui-même.

Dose. Elle dépend de la préparation (poudre de racine ou extrait) ; l’EMA limite l’usage à 3 mois.

Précaution principale. L’insomnie fait partie des effets indésirables rapportés : prenez-le le matin. Il est déconseillé pendant la grossesse, l’allaitement et avant 18 ans, et demande un avis médical sous anticoagulant ou antidiabétique : voyez notre article sur les bienfaits du ginseng.

Le ginseng Panax de Nutriforce est un extrait de racine de Panax ginseng, le ginseng asiatique des essais, et non un « ginseng sibérien » ou « indien », qui sont d’autres plantes. Sa formule se limite à l’extrait et à une gélule végétale, sans caféine ni autre plante. Les analyses de métaux lourds et microbiologiques, réalisées par un laboratoire indépendant, figurent dans sa fiche qualité, et le produit est formulé en France.

4. Basilic sacré (tulsi) : un essai encourageant

Ce qu’il fait. Le basilic sacré (Ocimum tenuiflorum), ou tulsi, est une plante de la médecine ayurvédique. Dans un essai australien, 100 adultes stressés ont pris 125 mg d’un extrait deux fois par jour, ou un placebo, pendant 8 semaines. Le stress ressenti et le score d’insomnie se sont davantage améliorés sous basilic sacré, et le cortisol mesuré dans les cheveux était plus bas en fin d’étude (Lopresti et al., 2022). L’essai était financé par le fabricant de l’extrait. Une revue de 24 études chez l’humain rapporte des résultats tous favorables, sans effet indésirable notable, mais ses auteurs reconnaissent que les doses et les préparations restent à préciser.

Pour qui. Les adultes stressés qui dorment mal, en sachant que les preuves tiennent surtout à un essai.

Dose. 250 mg par jour de l’extrait testé dans l’essai, pendant 8 semaines.

Précaution principale. Faute de données, évitez-le pendant la grossesse et l’allaitement, et demandez un avis médical si vous suivez un traitement. Voyez notre article sur le basilic sacré.

Le basilic sacré de Nutriforce est un extrait de tulsi standardisé à 2 % d’acide ursolique et dosé à 500 mg par gélule. Sa fiche qualité publie les contrôles des métaux lourds et microbiologiques, réalisés par un laboratoire indépendant. La formule se limite à l’extrait et à une gélule végétale, le produit est formulé en France, et la marque conseille de le prendre le matin.

5. Maca : pour le tonus plus que pour le stress

Ce qu’elle fait. La maca (Lepidium meyenii) est une racine alimentaire des Andes péruviennes, souvent rangée parmi les adaptogènes. Dans le principal essai, 175 adultes ont pris 3 g par jour d’extrait de maca rouge ou noire, ou un placebo, pendant 12 semaines : l’humeur, l’énergie et l’état de santé ressenti se sont améliorés sous maca, avec un avantage à la rouge pour l’humeur et l’énergie (Gonzales-Arimborgo et al., 2016). Nous n’avons pas trouvé d’essai portant sur le stress ou le cortisol.

Dose. 3 g d’extrait par jour dans l’essai ; l’effet se juge après 8 à 12 semaines.

Précaution principale. À éviter pendant la grossesse et l’allaitement ; avis médical en cas de maladie de la thyroïde ou d’antécédent de cancer hormonodépendant. Le détail figure dans notre article sur la maca.

La maca rouge de Nutriforce est de la maca du Pérou, l’origine des études, et de la maca rouge, la couleur qui a donné les meilleurs résultats sur l’humeur et l’énergie dans cet essai. C’est un extrait concentré 10:1, en gélules végétales de 500 mg, et sa fiche rappelle les précautions utiles : grossesse, allaitement, thyroïde.

6. Éleuthérocoque : des essais décevants

Ce qu’il fait. L’éleuthérocoque (Eleutherococcus senticosus), parfois appelé « ginseng sibérien », est la plante qui a servi d’exemple à l’EMA pour examiner le concept. L’EMA lui reconnaît un usage traditionnel contre la fatigue et la faiblesse, pour 2 mois au maximum. Les essais contrôlés sont moins flatteurs. En Allemagne, 144 personnes fatiguées par un stress chronique ont reçu 120 mg d’extrait par jour, une formation à la gestion du stress, ou les deux : après 8 semaines, les trois groupes avaient progressé de la même façon, et ajouter la plante à la formation n’apportait rien (Schaffler et al., 2013).

Précaution principale. Insomnie, irritabilité, accélération du rythme cardiaque et maux de tête sont possibles selon l’EMA ; il est déconseillé pendant la grossesse et l’allaitement.

Ce qui ne marche pas, ou pas encore

Les champignons « adaptogènes » et les cafés aux champignons

Cordyceps, reishi et autres champignons sont vendus comme adaptogènes, en gélules ou mélangés à du café. Nous n’avons trouvé aucun essai chez l’humain mesurant leur effet sur le stress ou le cortisol. Le cordyceps a surtout été testé sur l’endurance, avec des résultats contradictoires. Le reishi n’a qu’un essai positif sur la fatigue, chez des patients épuisés, et de rares atteintes du foie ont été décrites avec sa poudre. Quant aux cafés aux champignons, vérifiez qu’ils indiquent la quantité d’extrait par tasse : sans elle, impossible de la comparer à celle des essais.

« Réguler le cortisol »

L’ashwagandha fait baisser le cortisol en moyenne, et l’essai sur le basilic sacré va dans le même sens. Mais le cortisol est une hormone indispensable, dont le taux varie fortement au cours de la journée : le faire baisser n’est pas un but en soi chez une personne en bonne santé.

Maigrir

Nous n’avons trouvé aucun essai solide montrant qu’une de ces plantes fait perdre du poids. « Moins de cortisol, donc moins de graisse abdominale » est une promesse publicitaire, pas un résultat. Notre guide des compléments pour la perte de poids fait le tri.

« Équilibrer les hormones »

La méta-analyse de 2026 montre que l’ashwagandha augmente la testostérone de 57 ng/dL en moyenne chez l’homme, pas chez la femme, et élève un peu la T4, une hormone de la thyroïde. L’ANSES y voit une raison de prudence, pas un bénéfice. La maca, elle, ne modifie pas les hormones mesurées dans les essais. Rien ne montre qu’une plante « rééquilibre » un système hormonal.

La schisandra et les mélanges

Pour la schisandra, nous n’avons pas trouvé d’essai contrôlé convaincant chez l’humain avec la plante seule. Quant aux cocktails de cinq ou six adaptogènes, ils cumulent les précautions de chaque plante et empêchent de savoir laquelle agit.

Dangers, contre-indications : comment les combiner sans risque

« Presque dépourvu de toxicité », dit la définition d’origine. Les données récentes invitent à plus de prudence, surtout pour l’ashwagandha.

Votre situation Plantes à éviter ou à discuter avec votre médecin
Grossesse, allaitement Toutes
Moins de 18 ans Ashwagandha, rhodiola, ginseng
Maladie de la thyroïde Ashwagandha ; avis médical pour la maca
Maladie du foie Ashwagandha, reishi
Somnifère, anxiolytique Ashwagandha
Antidépresseur Rhodiola
Anticoagulant, antidiabétique Ginseng, cordyceps
Insomnie Ginseng, rhodiola, éleuthérocoque : jamais le soir
  • Une plante à la fois. L’ANSES recommande d’éviter la consommation simultanée de plusieurs compléments. Dans une série de cinq atteintes du foie attribuées à l’ashwagandha, quatre patients prenaient d’autres compléments, dont l’un de la rhodiola (Björnsson et al., 2020).
  • Des cures limitées. Les essais durent 4 à 12 semaines. L’EMA fixe 3 mois au maximum pour le ginseng, 2 mois pour l’éleuthérocoque, et demande de consulter si les symptômes persistent plus de deux semaines.
  • Arrêtez au moindre signe d’alerte : jaunisse (peau ou blanc des yeux jaunes), urines foncées, démangeaisons inexpliquées, palpitations.
  • Ne remplacez pas un traitement. Une anxiété envahissante, un moral qui s’effondre ou une fatigue qui dure relèvent d’un médecin.

Questions fréquentes

Quelle est la liste des plantes adaptogènes ?

Il n’existe pas de liste officielle. Les plantes le plus souvent citées sont l’ashwagandha, la rhodiola, le ginseng, l’éleuthérocoque, la schisandra, le basilic sacré et la maca, auxquelles le commerce ajoute des champignons comme le cordyceps et le reishi.

Les plantes adaptogènes font-elles baisser le cortisol ?

L’ashwagandha le fait baisser en moyenne dans les essais, avec de grandes différences d’une étude à l’autre, et un essai va dans le même sens pour le basilic sacré. Pour les autres plantes, les données manquent ou sont isolées.

Les plantes adaptogènes sont-elles dangereuses ?

La plupart sont bien tolérées sur quelques semaines chez l’adulte en bonne santé. L’ashwagandha fait exception par le nombre de mises en garde officielles : thyroïde, foie, cœur, grossesse, traitements sédatifs. Toutes sont à éviter pendant la grossesse et l’allaitement.

Quelle plante adaptogène prendre à la ménopause ?

Aucune n’a d’effet net. Le ginseng réduit un peu les bouffées de chaleur dans quelques essais de qualité limitée, et la maca a de petits essais sur l’humeur et le désir. Notre guide des compléments pour la ménopause compare ces options aux traitements qui ont fait leurs preuves.

Notre avis

« Adaptogène » est un joli mot, pas une preuve. Trois plantes seulement ont un dossier sérieux : l’ashwagandha pour le stress ressenti, la rhodiola pour la fatigue liée au stress, le ginseng pour la fatigue. Partez de votre gêne principale, pas de l’étiquette. Si vous êtes surtout épuisé, commencez par la rhodiola ou le ginseng, le matin, sur quelques semaines. Si c’est le stress qui domine et que vous n’êtes concerné par aucune des situations listées par l’ANSES, un essai de huit semaines d’ashwagandha se défend ; le basilic sacré est une alternative moins documentée. Une seule plante à la fois, une durée limitée, et un médecin si rien ne s’améliore.

Pour comparer avec les autres options, consultez notre guide des compléments contre le stress et celui des compléments contre la fatigue.

Les informations de cet article sont données à titre informatif. Elles ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé, en particulier en cas de traitement, de grossesse ou de pathologie.