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Ginseng : bienfaits, effets secondaires et dangers selon les études

Fatigue, érection, mémoire, glycémie : des effets réels mais souvent modestes, et quelques précautions à connaître avant d'en prendre.

· 8 min de lecture

Racines de ginseng fraîches et tranches de ginseng rouge séché posées sur une planche en bois

Le ginseng (Panax ginseng) est une racine utilisée depuis des siècles en Asie contre la fatigue. Les essais contrôlés lui trouvent un petit effet sur la fatigue générale, un effet modeste sur la glycémie et sur les bouffées de chaleur de la ménopause, et un bénéfice discuté sur l’érection. Pour la mémoire, les preuves restent faibles. Il est bien toléré à court terme, mais peut provoquer des insomnies et interagir avec certains médicaments, dont les anticoagulants et les antidiabétiques.

Ginseng : de quoi parle-t-on ?

Le « vrai » ginseng est le ginseng asiatique, Panax ginseng, une plante vivace de Corée et du nord-est de la Chine dont on utilise la racine. Ses principaux composés actifs sont les ginsénosides, des saponines (molécules qui moussent au contact de l’eau) propres au genre Panax.

Deux préparations dominent le marché :

  • le ginseng blanc, racine simplement séchée ;
  • le ginseng rouge, racine non pelée cuite à la vapeur (ou chauffée) puis séchée, ce qui lui donne sa teinte brun-rouge (Jang et al., 2008).

Le mot « ginseng » est aussi utilisé pour des plantes différentes. Le ginseng américain (Panax quinquefolius) est un proche cousin. Le « ginseng sibérien » (Eleutherococcus senticosus) appartient à un autre genre botanique, sans ginsénosides. Quant au « ginseng indien », c’est l’ashwagandha, une plante sans aucun rapport, avec ses propres précautions. Lisez donc toujours le nom latin sur l’étiquette.

Le ginseng est souvent rangé parmi les plantes « adaptogènes », un terme commercial qui désigne des plantes censées aider l’organisme à encaisser le stress, comme la rhodiola.

Les bienfaits du ginseng selon les études

Effet recherché Ce que montrent les essais Solidité des preuves
Fatigue Petit effet sur la fatigue générale 19 essais, effets faibles
Érection Effet faible sur les scores validés, mieux sur le ressenti Faible certitude (Cochrane)
Mémoire Petit effet sur la mémoire, rien sur l’attention 15 essais, qualité variable
Glycémie Baisse modeste de la glycémie à jeun 16 essais courts
Ménopause Moins de bouffées de chaleur 3 essais regroupés, biais fréquents

Fatigue : un effet faible mais retrouvé

C’est l’usage historique du ginseng, et le seul que l’Agence européenne des médicaments (EMA) reconnaisse, au titre d’un « usage traditionnel » contre les symptômes d’asthénie, c’est-à-dire la fatigue et la faiblesse (monographie EMA, 2024). Cet usage repose sur l’ancienneté de l’emploi, pas sur des essais concluants.

La méta-analyse la plus complète (Li et al., 2023) a regroupé 19 essais randomisés. Tous types de fatigue confondus, la baisse n’était pas statistiquement significative. En revanche, le ginseng réduisait la fatigue « générale », celle qui n’est pas liée à une maladie précise, ainsi que la fatigue chronique. Les auteurs soulignent que la taille de l’effet reste faible, et que le ginseng n’augmentait pas les effets indésirables par rapport aux groupes témoins.

Érection : ce que disent vraiment les méta-analyses

C’est l’argument le plus mis en avant pour le « ginseng homme ». En 2008, une revue de 7 essais sur le ginseng rouge concluait à des résultats encourageants : sur 349 hommes, le ginseng rouge multipliait par 2,4 les chances d’amélioration par rapport au placebo. Mais les auteurs jugeaient la qualité des essais trop faible pour conclure (Jang et al., 2008).

La revue Cochrane de 2021, plus exigeante, a retenu 9 essais et 587 hommes souffrant de troubles de l’érection légers à modérés (Lee et al., 2021). Sur les questionnaires validés de fonction érectile, l’amélioration existe mais reste sous le seuil à partir duquel une différence est jugée cliniquement importante : les auteurs parlent d’un effet « trivial ». Les hommes sous ginseng déclaraient en revanche plus souvent être capables d’avoir un rapport sexuel. La certitude des preuves est faible, le suivi ne dépasse pas 12 semaines, et aucun essai ne compare le ginseng aux médicaments de référence.

Si c’est la libido qui vous intéresse, nous avons aussi passé en revue les études sur la maca. Et des troubles de l’érection persistants méritent un avis médical, car ils peuvent révéler un problème cardiovasculaire.

Mémoire et concentration : des preuves minces

Une méta-analyse récente (Zeng et al., 2024), portant sur 15 essais et 671 participants, retrouve un petit effet sur la mémoire, surtout à forte dose, mais aucun effet sur la cognition globale, l’attention ou les fonctions exécutives (planifier, s’organiser). C’est trop peu pour en faire un complément « examens ».

Glycémie : une baisse modeste

Dans la méta-analyse de Shishtar et al. (2014), qui regroupe 16 essais d’au moins un mois, le ginseng abaissait la glycémie à jeun de 0,31 mmol/L en moyenne (environ 0,06 g/L), chez des personnes diabétiques ou non. Il n’avait pas d’effet significatif sur l’hémoglobine glyquée (HbA1c, le reflet de la glycémie des trois derniers mois). La plupart des essais duraient moins de 12 semaines. L’effet est donc réel mais faible, et c’est surtout une raison de prudence si vous prenez un traitement contre le diabète.

Chez la femme : les bouffées de chaleur

Une revue de 15 essais contre placebo chez des femmes ménopausées (Lee et al., 2022) conclut que le ginseng réduit un peu les symptômes de la ménopause et les bouffées de chaleur, avec une légère amélioration de la qualité de vie. Il n’avait en revanche aucun effet sur la fonction sexuelle, sur les hormones ni sur l’épaisseur de l’endomètre. La plupart des essais présentaient des biais.

Ginseng et tension artérielle

On lit souvent que le ginseng fait monter la tension. Les essais ne le confirment pas : une méta-analyse de 17 essais et 1 381 participants n’a trouvé aucun effet significatif sur la pression artérielle, ni à la hausse ni à la baisse (Komishon et al., 2016). Les auteurs estiment que la crainte d’une hausse de tension ne justifie pas de le déconseiller. Si vous êtes hypertendu et traité, surveillez tout de même votre tension au début de la prise, et parlez-en à votre médecin.

Quelle dose, quand et combien de temps ?

La monographie de l’EMA donne des repères selon la préparation :

Préparation Dose journalière (adulte)
Poudre de racine (ginseng blanc) 600 mg à 2 g
Poudre de racine (ginseng rouge) 1,2 à 1,8 g
Extrait sec titré à 4 % de ginsénosides 40 à 200 mg
  • Durée : l’EMA limite l’usage à 3 mois, et conseille de consulter si la fatigue persiste au-delà de 2 semaines.
  • Moment : l’insomnie fait partie des effets indésirables rapportés, donc prenez-le le matin ou en début de journée.
  • Âge : l’usage n’est pas recommandé avant 18 ans.

Effets secondaires et dangers du ginseng

Les effets indésirables courants

Une revue systématique des données de sécurité (Coon et Ernst, 2002) conclut que, dans les essais, le ginseng seul ne provoque pas plus d’effets indésirables qu’un placebo. Les plus fréquents sont les maux de tête, les troubles du sommeil et les troubles digestifs. L’EMA mentionne aussi des réactions allergiques (urticaire, démangeaisons). Les accidents graves décrits concernaient surtout des produits combinant le ginseng à d’autres ingrédients.

C’est un argument concret pour éviter les formules « énergie » qui associent le ginseng à la caféine, au guarana ou à d’autres plantes.

Grossesse, allaitement et enfants

La sécurité du ginseng pendant la grossesse et l’allaitement n’est pas établie, et l’EMA recommande de ne pas l’utiliser dans ces situations, ni avant 18 ans.

Interactions médicamenteuses

  • Anticoagulants (warfarine) : dans un essai chez 20 volontaires sains, le ginseng américain a réduit l’effet de la warfarine, mesuré par l’INR (le test de coagulation qui sert à ajuster la dose) (Yuan et al., 2004). Les résultats sont contradictoires selon le type de ginseng, mais un changement d’efficacité d’un anticoagulant peut avoir des conséquences graves : ne prenez pas de ginseng sous anticoagulant sans avis médical.
  • Antidiabétiques : le ginseng abaisse un peu la glycémie, ce qui peut s’ajouter à l’effet du traitement.
  • Antidépresseurs IMAO : des interactions ont été rapportées avec la phénelzine, un antidépresseur de cette famille (Coon et Ernst, 2002).
  • Alcool et stimulants : la même revue signale une interaction possible avec l’alcool. Et comme les troubles du sommeil font partie de ses effets indésirables les plus fréquents, mieux vaut ne pas le cumuler avec beaucoup de café.

Comment bien choisir son ginseng

  1. Le nom latin : Panax ginseng (ginseng asiatique ou coréen). Méfiez-vous des étiquettes qui disent seulement « ginseng ».
  2. La racine : c’est la partie étudiée et celle que décrit l’EMA.
  3. Un extrait standardisé en ginsénosides, pour que la teneur en composés actifs soit contrôlée d’un lot à l’autre.
  4. Une formule simple, sans caféine ni cocktail de plantes : les effets indésirables sérieux décrits concernaient surtout des mélanges.
  5. Des analyses publiées, au minimum sur les métaux lourds et la qualité microbiologique.

Notre recommandation : le ginseng Panax de Nutriforce coche ces cases. C’est un extrait de racine de Panax ginseng, le ginseng asiatique, celui des études. Sa formule se limite à l’extrait et à une gélule végétale en hypromellose, sans caféine ni autre plante. Les analyses de métaux lourds et microbiologiques, réalisées par un laboratoire indépendant, sont consultables dans sa fiche qualité, et le produit est formulé en France.

Questions fréquentes

Quand prendre le ginseng : le matin ou le soir ?

Le matin ou le midi. L’insomnie fait partie des effets indésirables décrits par l’EMA, et une prise le soir peut gêner l’endormissement, surtout si vous consommez aussi du café.

Le ginseng rouge est-il dangereux ?

Nous n’avons trouvé aucune donnée montrant qu’il soit plus risqué que le ginseng blanc : c’est la même racine, cuite à la vapeur avant séchage, et la monographie de l’EMA couvre les deux formes avec les mêmes mises en garde. Les précautions de cet article valent donc pour les deux : pas pendant la grossesse ni l’allaitement, prudence avec les anticoagulants, les antidiabétiques et les antidépresseurs IMAO.

Le ginseng fait-il monter la tension ?

Les essais ne le montrent pas : une méta-analyse de 17 essais n’a trouvé aucun effet significatif sur la pression artérielle. Si vous êtes hypertendu, surveillez tout de même votre tension au début.

Peut-on prendre du ginseng tous les jours ?

Oui, sur une durée limitée. L’EMA fixe la durée d’utilisation à 3 mois au maximum ; au-delà, les données de sécurité manquent.

Peut-on associer ginseng et rhodiola ?

Nous n’avons trouvé ni étude sur cette association ni interaction documentée. Les deux plantes sont prises pour la fatigue : commencez par une seule, pour savoir laquelle vous convient et à quoi attribuer un éventuel effet indésirable.

Notre avis

Le ginseng n’est pas le fortifiant spectaculaire que promet sa réputation, mais il ne relève pas non plus du pur folklore : les essais lui trouvent de petits effets sur la fatigue générale, la glycémie et les bouffées de chaleur, et un bénéfice sur l’érection plus faible qu’on ne le dit. Pour un adulte en bonne santé qui traverse une période de fatigue, une cure de quelques semaines avec un extrait de racine de Panax ginseng, pris le matin, est une option raisonnable. Si vous êtes enceinte, sous anticoagulant, sous antidiabétique ou sous antidépresseur, parlez-en d’abord à votre médecin.

Pour comparer avec les autres options, consultez notre guide des compléments contre la fatigue.

Les informations de cet article sont données à titre informatif. Elles ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé, en particulier en cas de traitement, de grossesse ou de pathologie.