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Santé et bien-être

Chitosan : maigrir, cholestérol, dangers, ce que disent les études

Présenté comme un « capteur de graisses », le chitosan fait perdre autour d'un kilo dans les essais. Son seul effet reconnu en Europe concerne le cholestérol.

Par Jérémy Barbier · · 10 min de lecture · mis à jour le

Gélules de chitosan et poudre blanc cassé dans une coupelle, à côté de carapaces de crevettes séchées

Le chitosan (ou chitosane) est une substance tirée de la carapace des crustacés, vendue comme « capteur de graisses ». Pour maigrir, l’effet est faible : autour d’un kilo de moins que le placebo dans les méta-analyses, et moins encore dans les essais les mieux menés. Pour le cholestérol, l’Union européenne autorise une allégation à la dose de 3 g par jour, mais la baisse mesurée reste modeste. Il est bien toléré en dehors de troubles digestifs, avec trois précautions sérieuses : l’allergie aux crustacés, les anticoagulants et certains antiépileptiques.

Chitosan : c’est quoi ?

Le chitosan est obtenu à partir de la chitine, le matériau qui forme la carapace des crevettes et des crabes, par un traitement chimique appelé désacétylation. Ce traitement libère des groupements chimiques chargés positivement. Dans le tube digestif, ces charges attirent les molécules chargées négativement, en particulier les acides gras et les acides biliaires, qui seraient ainsi en partie entraînés dans les selles au lieu d’être absorbés (Afssa, 2001). C’est toute l’idée du « capteur de graisses ».

« Chitosan » est le nom anglais, « chitosane » le nom français : c’est le même produit. Il existe aussi du chitosan obtenu à partir de champignons, parfois vendu comme « chitosan végétal ». On le présente souvent comme une fibre, parce qu’il n’est pas digéré dans l’intestin grêle.

Chitosan pour maigrir : ce que disent les études

Piège-t-il vraiment les graisses ?

Une étude californienne a vérifié la promesse de la façon la plus directe : en mesurant la graisse dans les selles. Quinze hommes ont pris 4,5 g de chitosan par jour, 30 minutes avant chacun de leurs cinq repas quotidiens, avec une alimentation riche en graisses. La graisse éliminée n’a augmenté que de 1,1 g par jour, soit une dizaine de kilocalories, un effet que les auteurs jugent négligeable (Gades et Stern, 2003).

Le chitosan ne permet donc pas d’annuler un repas gras.

Les méta-analyses : autour d’un kilo

Étude Essais inclus Différence de poids avec le placebo
Revue Cochrane (Jull, 2008) 15 essais, 1 219 participants 1,7 kg de moins ; bien moins dans les essais de bonne qualité
Mhurchu, 2004 Le plus grand essai : 250 adultes, 24 semaines 0,6 kg d’écart
Huang, 2020 15 essais, 1 130 participants 0,89 kg de moins

La revue Cochrane, la plus rigoureuse, donne la clé de lecture. Tous essais confondus, le chitosan fait perdre 1,7 kg de plus que le placebo. Mais quand on ne garde que les essais les plus sérieux, plus grands ou plus longs, la différence fond. Ses auteurs concluent que l’effet sur le poids est minime et probablement sans intérêt clinique.

Le plus grand de ces essais le confirme. À Auckland, 250 adultes en surpoids ou obèses ont pris 3 g de chitosan par jour ou un placebo pendant 24 semaines, avec les mêmes conseils d’alimentation. Résultat : 0,4 kg de perdu sous chitosan, contre 0,2 kg de gagné sous placebo (Mhurchu et al., 2004). La différence est réelle sur le plan statistique, mais trop faible pour compter sur la balance.

Une méta-analyse plus récente, qui mélange essais solides et fragiles, retrouve un peu moins d’un kilo : 0,89 kg de moins que le placebo sur 15 essais et 1 130 participants, avec un effet surtout visible au-dessus de 2,4 g par jour et sur moins de 12 semaines (Huang et al., 2020).

Chitosan et cholestérol : une allégation autorisée, un effet modeste

C’est le seul effet reconnu officiellement. Le règlement (UE) 432/2012 autorise l’allégation « le chitosane contribue au maintien d’une cholestérolémie normale », à une condition : un apport de 3 g de chitosan par jour, le consommateur devant être informé que l’effet est obtenu à cette dose. Elle s’appuie sur un avis rendu en 2011 par l’EFSA, l’Autorité européenne de sécurité des aliments. Le même avis examinait une allégation sur la réduction du poids : elle ne figure pas dans la liste des allégations autorisées.

« Maintien d’une cholestérolémie normale » ne veut pas dire forte baisse. Les chiffres sont modestes :

  • la revue Cochrane trouve une baisse du cholestérol total de 0,2 mmol/L (environ 0,08 g/L), plus faible encore dans les essais de bonne qualité ;
  • une méta-analyse de 6 essais menés chez 416 personnes ayant trop de cholestérol trouve une baisse du cholestérol total d’environ 0,12 g/L, mais aucun effet significatif sur le LDL (le « mauvais » cholestérol), le HDL ou les triglycérides (Baker et al., 2009) ;
  • un essai mené chez 65 adultes, à 4,5 ou 6,75 g par jour pendant huit semaines, n’a observé aucune baisse significative du cholestérol total ni du LDL (Tapola et al., 2008).

Pour faire baisser le LDL, d’autres fibres ont de meilleurs résultats, à commencer par le psyllium. Notre guide des compléments pour le cholestérol les compare. Et si votre médecin vous a prescrit un traitement, aucun complément ne le remplace.

Comment prendre le chitosan : avant ou après le repas, combien par jour ?

  • Avant le repas. Dans les études, il est pris avant de manger, 30 minutes avant dans l’essai de Gades et Stern. C’est cohérent avec son mode d’action supposé : il doit être dans l’estomac en même temps que les graisses. Pris après, il n’a pas été étudié.
  • Combien par jour ? L’allégation européenne sur le cholestérol vaut pour 3 g par jour, la dose du plus grand essai. Les essais cités ici vont de 3 à 6,75 g par jour, répartis avant les repas.
  • Avec un grand verre d’eau, comme toute substance qui gonfle dans le tube digestif.
  • Combien de temps ? Les essais de la revue Cochrane durent de 4 à 24 semaines. Au-delà, on manque de recul.
  • À distance des médicaments. Puisqu’il se lie à d’autres molécules dans l’intestin, espacez les prises de quelques heures et demandez l’avis de votre pharmacien si vous suivez un traitement.

Dangers et effets secondaires du chitosan

Troubles digestifs

Constipation et diarrhée sont les effets indésirables les plus rapportés dans les essais. La revue Cochrane ne trouve toutefois pas de différence nette avec le placebo pour la fréquence des effets indésirables. En France, l’Afssa (devenue l’ANSES) estimait dès 2001, dans l’avis cité plus haut, qu’aux doses alors proposées, de 0,5 à 2 g par jour, le chitosan ne présente pas de risque majeur en dehors d’un inconfort digestif.

Allergie aux crustacés

Le chitosan vient de la carapace des crevettes et des crabes, et l’Afssa notait dans le même avis qu’il peut entraîner des réactions allergiques. Si vous êtes allergique aux crustacés, ne prenez pas de chitosan d’origine marine sans l’accord de votre allergologue ; la version issue de champignons est l’alternative logique.

Anticoagulants : une interaction documentée

Un homme de 83 ans traité par warfarine, un anticoagulant de la famille des antivitamines K, a vu son INR (la mesure de la fluidité du sang) grimper nettement après avoir pris 1 200 mg de chitosan deux fois par jour. Tout est rentré dans l’ordre à l’arrêt, puis l’INR est remonté quand il a repris le complément. Les auteurs y voient un effet sur l’absorption de la vitamine K (Huang et al., 2007). Sous antivitamine K, le chitosan est à éviter.

Antiépileptiques

Un signalement publié dans le BMJ indique que le chitosan pourrait faire baisser le taux sanguin de valproate, un antiépileptique, et exposer à une reprise des crises (Striano et al., 2009). En cas d’épilepsie traitée, abstenez-vous.

Vitamines liposolubles

Si le chitosan retient des graisses, retient-il aussi les vitamines A, D, E et K, qui voyagent avec elles ? L’Afssa craignait qu’un excès de chitosan associé à un régime très restrictif réduise leur absorption. Les essais sont rassurants sur quelques mois : aucune différence sur les vitamines A, E et D après huit semaines à 4,5 ou 6,75 g par jour dans l’essai de Tapola, ni sur les vitamines liposolubles après 24 semaines dans l’essai d’Auckland. La vitamine K ne figure pas parmi les vitamines dosées dans l’essai de Tapola, et le cas décrit sous warfarine invite à la prudence sur ce point.

Grossesse, allaitement, enfants

Aucun essai n’a évalué le chitosan dans ces situations. Un produit destiné à maigrir n’y a pas sa place.

Chitosan, konjac, nopal ou berbérine ?

  • Chitosan ou konjac. Le glucomannane, la fibre du konjac, dispose de deux allégations européennes : le maintien d’un cholestérol normal à 4 g par jour, et la perte de poids dans le cadre d’un régime hypocalorique à 3 g par jour. Il doit être pris avec beaucoup d’eau, car il expose à un risque d’étouffement. Ses résultats dans les essais restent modestes eux aussi.
  • Chitosan ou nopal. Le nopal (figuier de Barbarie) est souvent associé au chitosan dans les produits « capteurs de graisses ». Il ne dispose d’aucune allégation de santé autorisée dans la liste européenne.
  • Chitosan ou berbérine. La berbérine agit par un autre mécanisme : elle fait perdre environ 2 kg en moyenne dans les méta-analyses et abaisse un peu le LDL, au prix d’interactions médicamenteuses sérieuses.
  • Chitosan ou garcinia. Le Garcinia cambogia est à écarter : il a été mis en cause dans des hépatites graves et sa vente est suspendue en France.

Notre guide des compléments pour perdre du poids classe ces options selon leurs preuves.

Comment bien choisir un complément de chitosan

  1. Le degré de désacétylation. C’est la part de la chitine réellement transformée en chitosan, donc porteuse des charges positives qui font son intérêt. Un fabricant sérieux le mesure et l’indique.
  2. L’origine, écrite en clair : crustacés ou champignons. C’est indispensable en cas d’allergie ou de régime végétarien.
  3. Des contrôles de contaminants. Une matière première marine doit être testée pour les métaux lourds (plomb, arsenic, mercure, cadmium).
  4. Du chitosan seul, plutôt qu’un « brûleur » qui l’associe à des plantes stimulantes ou à des extraits mis en cause pour le foie.
  5. Des précautions d’emploi affichées : allergie, médicaments, vitamines.

Notre recommandation : le chitosan de Nutriforce coche ces cinq cases. Sa fiche qualité indique un degré de désacétylation mesuré à 92,1 %, et des contrôles conformes pour le plomb, l’arsenic, le mercure, le cadmium et la microbiologie. Chaque gélule végétale contient 500 mg de chitosan et rien d’autre. L’origine marine est annoncée sans détour, avec les mises en garde qui vont avec : déconseillé en cas d’allergie aux crustacés, avis médical en cas de traitement ou de prise de vitamines liposolubles.

Questions fréquentes

Le chitosan fait-il vraiment maigrir ?

Un peu, et moins que ne le promettent les étiquettes : environ un kilo perdu de plus qu’avec un placebo dans les méta-analyses, 0,6 kg d’écart en 24 semaines dans le plus grand essai. Sans changement d’alimentation, il ne faut rien en attendre.

Faut-il prendre le chitosan avant ou après le repas ?

Avant. Dans les études, il est pris avant les repas, jusqu’à 30 minutes avant, avec de l’eau.

Combien de chitosan par jour ?

L’allégation européenne sur le cholestérol correspond à 3 g par jour, la dose du plus grand essai. D’autres essais sont montés jusqu’à 6,75 g par jour.

Le chitosan est-il dangereux ?

Pour un adulte en bonne santé, les effets indésirables se limitent le plus souvent à de la constipation ou à des selles molles. Il est à éviter en cas d’allergie aux crustacés (pour le chitosan marin), de traitement par antivitamine K ou par valproate, de grossesse et d’allaitement.

Le chitosan végétal est-il plus sûr ?

Le chitosan issu de champignons évite la question de l’allergie aux crustacés et convient aux végétariens. Nous n’avons pas trouvé d’essai le comparant au chitosan marin : il n’y a pas de raison de penser que ses effets digestifs ou ses interactions soient différents.

Peut-on associer chitosan et oméga 3 ou vitamine D ?

Par prudence, ne les prenez pas au même moment : le chitosan est censé retenir une partie des graisses du repas, et ces compléments sont liposolubles. Gardez le chitosan pour avant le repas et les oméga 3 ou la vitamine D pour un autre moment de la journée.

Notre avis

Le chitosan ne « capte » presque pas de graisses, et son effet sur le poids, autour d’un kilo, ne justifie pas à lui seul une cure. Son intérêt le mieux établi concerne le cholestérol, avec une allégation européenne à 3 g par jour et une baisse réelle mais modeste. C’est en revanche un produit bien toléré, sans commune mesure avec les compléments minceur mis en cause pour le foie.

Il a du sens pour une personne en bonne santé, sans allergie aux crustacés ni traitement anticoagulant, qui veut un appui pendant un rééquilibrage alimentaire et garde des attentes réalistes. Dans ce cas, choisissez un chitosan seul, à l’origine claire et contrôlé, comme le chitosan Nutriforce. Si votre objectif principal est le cholestérol, commencez par notre guide des compléments pour le cholestérol : les stérols végétaux et le psyllium y arrivent devant.

Les informations de cet article sont données à titre informatif. Elles ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé, en particulier en cas de traitement, de grossesse ou de pathologie.