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Desmodium : bienfaits pour le foie, effets secondaires et avis

Une plante très populaire pour le foie, mais aucun essai contrôlé chez l'humain : ce que l'on sait, ce que l'on ignore et les précautions à prendre.

· 8 min de lecture

Feuilles séchées de desmodium et gélules végétales sur une table en bois clair

Le desmodium (Desmodium adscendens) est une plante des régions tropicales, utilisée traditionnellement en Afrique de l’Ouest et en Amérique du Sud, et très populaire en France pour « protéger le foie ». Cette réputation repose sur un usage traditionnel au Cameroun et sur des études chez l’animal et en laboratoire. Nous n’avons trouvé aucun essai contrôlé chez l’humain montrant un effet sur le foie. Les données de sécurité sont rares, et une étude chez le rat suggère des interactions possibles avec certains médicaments.

D’où vient la réputation du desmodium ?

Le desmodium est une légumineuse que l’on trouve dans toutes les régions tropicales. Son histoire française commence en 1965 : le Dr P. Tubéry, alors médecin coopérant dans le nord du Cameroun, apprend d’un tradipraticien son usage contre les hépatites. Il l’introduit en France et travaille avec une pharmacienne à en tirer une préparation, ce qui lance sa diffusion en Europe (Tubéry et ses collègues, 2015). Ce récit est rapporté par le Dr Tubéry lui-même et ses coauteurs, qui défendent l’intérêt de la plante.

Au Ghana, l’usage traditionnel est différent : le desmodium y sert surtout contre l’asthme (Rastogi et ses collègues, 2011).

Ce qu’il contient

Les chercheurs y ont identifié plusieurs familles de composés :

  • des saponines triterpéniques (soyasaponines), dont une, la déhydrosoyasaponine I, agit sur les canaux potassiques des muscles lisses, ceux qui règlent l’ouverture des bronches (McManus et ses collègues, 1993) ;
  • du D-pinitol, un sucre-alcool proche de l’inositol, principal constituant de la décoction de feuilles et de tiges étudiée par une équipe belge (voir plus bas) ;
  • des flavonoïdes, surtout des dérivés de la vitexine, qui résistent à la digestion dans un modèle d’intestin reproduit en laboratoire (van Dooren et ses collègues, 2018) ;
  • des amines apparentées aux alcaloïdes (phényléthylamines, indolalkylamines).

Ce que disent les études sur le desmodium

Effet recherché Type d’études disponibles Niveau de preuve chez l’humain
Protection du foie Rats, cellules en culture Aucun essai contrôlé
Asthme, allergies Cobayes, tissus isolés (années 1980 et 1990) Aucun essai contrôlé
Accompagnement des chimiothérapies Une étude de 12 patients, sans groupe témoin Non interprétable
Tension, poids, « détox » Aucune étude identifiée dans PubMed Non démontré

Foie : protecteur chez le rat, rien de démontré chez l’humain

L’étude la plus solide est belge. Magielse et ses collègues (2013) ont donné à des rats une décoction de desmodium dosée en D-pinitol, avant ou après leur avoir provoqué des lésions du foie avec des produits toxiques. Donnée en prévention, la décoction a limité la hausse des transaminases (des enzymes qui signalent une souffrance du foie) face à un premier toxique, la D-galactosamine. Face à l’alcool, elle n’a pas fait baisser les transaminases, avec seulement une tendance à une mortalité plus faible. Surtout, donnée après les lésions (paracétamol, D-galactosamine), elle n’a eu aucun effet curatif.

Autrement dit, même chez l’animal, le desmodium ne « régénère » pas un foie déjà abîmé : il a parfois limité les dégâts quand il était donné avant le toxique. Des travaux sur des cellules du foie et du rein en culture montrent un effet protecteur contre le stress oxydatif à faible concentration, mais une baisse de la viabilité des cellules à forte concentration (François et ses collègues, 2015). Aucun de ces résultats ne permet de prédire un effet chez une personne atteinte d’une maladie du foie.

Asthme et allergies : des travaux anciens chez l’animal

Dans les années 1980, des chercheurs ont montré que des extraits de desmodium, donnés par voie orale à des cobayes, réduisaient les contractions liées à une réaction allergique, atténuaient l’effet de l’histamine et diminuaient la libération, par le tissu pulmonaire, de substances qui font contracter les muscles (Addy et Awumey, 1984). La déhydrosoyasaponine I, isolée ensuite dans la plante, était en 1993 l’activateur le plus actif connu de certains canaux potassiques, présents notamment dans les muscles lisses des bronches. Ces travaux éclairent l’usage traditionnel au Ghana, mais aucun essai chez des personnes asthmatiques ou allergiques n’a suivi. Pour l’asthme, l’huile de nigelle a au moins fait l’objet de quelques essais chez l’humain.

Chez l’humain : une seule petite étude, impossible à interpréter

La seule étude clinique que nous ayons trouvée a suivi 12 patients atteints d’un cancer ORL avancé, qui prenaient pendant leur chimiothérapie un produit associant desmodium et une algue calcaire (Imperatori et ses collègues, 2018). La douleur et la fatigue se sont améliorées, mais sans groupe témoin, les auteurs reconnaissent eux-mêmes ne pas pouvoir attribuer ce résultat au desmodium plutôt qu’à la chimiothérapie. L’étude ne mesurait pas l’effet sur le foie.

La revue de Rastogi et ses collègues (2011) concluait déjà que les résultats obtenus en laboratoire devaient être confirmés par des essais cliniques. Quinze ans plus tard, ces essais manquent toujours.

Tension, poids et « détox »

Nous n’avons trouvé aucune étude sur la tension artérielle, la perte de poids ou une action « détox » de Desmodium adscendens dans PubMed, la principale base de données médicale, ni chez l’humain ni chez l’animal. Ces usages ne reposent pas sur des données solides.

Desmodium ou chardon-Marie ?

Le chardon-Marie (silymarine) est l’autre plante « du foie ». Il a au moins été testé chez l’humain : une revue Cochrane a regroupé 18 essais randomisés et 1 088 patients atteints d’hépatite alcoolique ou virale. Résultat : pas d’effet significatif sur la mortalité, les complications ou l’aspect du foie au microscope, et des essais de qualité souvent faible (Rambaldi et ses collègues, 2007). Aucune des deux plantes n’a donc fait la preuve d’un bénéfice sur une maladie du foie. Le desmodium a simplement été beaucoup moins étudié.

Quelle dose et comment le prendre ?

Aucune dose n’a été validée chez l’humain. La décoction traditionnelle utilise surtout les feuilles et les tiges ; les compléments proposent des extraits en gélules ou en ampoules, avec des concentrations très variables. Aucune étude n’a comparé une prise le matin ou le soir. En pratique :

  • suivez la dose indiquée par le fabricant, sans la dépasser ;
  • préférez une cure limitée dans le temps plutôt qu’une prise continue, faute de données à long terme ;
  • évitez d’associer plusieurs produits « foie » ou « détox », ce qui multiplie les ingrédients sans preuve supplémentaire.

Effets secondaires, dangers et interactions

Tolérance : peu de données

Chez le rat, la dose létale moyenne d’un extrait aqueux de feuilles est estimée à 1 122 mg par kilo de poids, et les auteurs jugent l’extrait sûr aux doses utilisées chez l’humain (Quaye et ses collègues, 2017). Des troubles digestifs légers sont parfois évoqués, sans étude pour les quantifier. Le manque d’essais chez l’humain signifie surtout que des effets rares ou tardifs passeraient inaperçus. Les compléments ne sont pas toujours anodins pour le foie : des atteintes hépatiques ont été rapportées avec d’autres plantes populaires comme l’ashwagandha ou le curcuma.

Interactions médicamenteuses : un signal à prendre au sérieux

Dans l’étude de Quaye, l’extrait de desmodium a raccourci chez le rat l’effet de deux médicaments éliminés par le foie, signe qu’il stimule les enzymes hépatiques du cytochrome P450 qui dégradent les médicaments. Les auteurs y voient un risque d’interaction. Si ce mécanisme se confirmait chez l’humain, le desmodium pourrait diminuer l’efficacité de traitements transformés par ces enzymes, par exemple certains anticoagulants, antiépileptiques, immunosuppresseurs ou anticancéreux.

C’est pourquoi le desmodium ne doit jamais être pris pendant une chimiothérapie ou un traitement lourd sans l’accord de l’équipe médicale, même si certains le présentent comme un accompagnement.

Grossesse, allaitement, enfants

Aucune donnée de sécurité n’existe dans ces situations. Par prudence, abstenez-vous pendant la grossesse et l’allaitement, et ne donnez pas de desmodium à un enfant sans avis médical.

Maladie du foie : le vrai risque est ailleurs

Si vos analyses montrent des transaminases élevées, une stéatose (« foie gras ») ou une hépatite, le principal danger n’est pas la plante mais le retard de diagnostic et de prise en charge. Parlez-en à votre médecin avant toute cure, et signalez-lui tout complément que vous prenez.

Comment bien choisir un desmodium

  1. La bonne espèce : Desmodium adscendens, nommée en latin sur l’étiquette. Plus de vingt espèces du même genre sont utilisées en médecine traditionnelle, et elles n’ont pas la même composition.
  2. Un extrait décrit précisément : rapport de concentration de l’extrait et quantité par gélule clairement indiqués.
  3. Des analyses de contaminants : la plante est importée de régions tropicales ; métaux lourds et contrôles microbiologiques doivent être vérifiés.
  4. Une composition simple : le desmodium seul, sans mélange de plantes « détox », pour savoir ce que vous prenez et pouvoir identifier la cause d’un éventuel effet indésirable.

Notre recommandation : le desmodium de Nutriforce répond à ces critères. Il s’agit d’un extrait de Desmodium adscendens concentré 30 fois (ratio 30:1), à raison de 500 mg par gélule. Sa fiche qualité détaille des analyses de métaux lourds (plomb, arsenic, mercure, cadmium) et des contrôles microbiologiques conformes, réalisés par un laboratoire indépendant. La liste d’ingrédients se limite à l’extrait et à une gélule végétale en hypromellose, sans autre plante associée.

Questions fréquentes

Le desmodium est-il efficace pour le foie ?

Aucun essai contrôlé chez l’humain ne l’a démontré. Chez le rat, une décoction a limité certaines lésions du foie quand elle était donnée avant un toxique, mais n’a eu aucun effet curatif une fois les lésions installées.

Quand prendre le desmodium : le matin ou le soir ?

Aucune étude ne permet de trancher. Suivez les conditions d’emploi du fabricant, en gardant un moment régulier.

Le desmodium a-t-il des effets secondaires ?

Les données sont rares : quelques troubles digestifs légers sont parfois évoqués, sans étude pour les mesurer. Le point de vigilance principal est le risque d’interaction avec des médicaments, observé chez le rat.

Le desmodium est-il dangereux pour les reins ?

Nous n’avons trouvé aucun cas publié d’atteinte rénale. Les seules données sont des études sur des cellules rénales en culture, où l’extrait est bien toléré à faible concentration et devient toxique à forte concentration. En cas de maladie rénale, demandez l’avis de votre néphrologue.

Peut-on prendre du desmodium pendant une chimiothérapie ?

Pas sans l’accord de votre oncologue. Le desmodium pourrait accélérer l’élimination de certains médicaments par le foie, et la seule étude menée pendant une chimiothérapie ne permet aucune conclusion sur son intérêt.

Le desmodium fait-il maigrir ?

Aucune étude publiée ne le montre. Pour le poids et la digestion, d’autres compléments ont été testés chez l’humain, comme le psyllium, avec des résultats eux aussi modestes.

Notre avis

Le desmodium est un cas d’école : une plante très vendue pour le foie, avec une belle histoire, mais sans aucun essai contrôlé chez l’humain soixante ans après son arrivée en France. Les études chez l’animal sont intéressantes, pas suffisantes. Si vous êtes en bonne santé, sans traitement et sans maladie du foie, une cure courte d’un extrait bien identifié ne présente pas de danger identifié à ce jour, à condition de ne pas en attendre un effet démontré et de garder en tête que les données restent minces. Si vous suivez un traitement, en particulier une chimiothérapie, ou si votre foie est malade, ne prenez rien sans l’avis de votre médecin.

Pour comparer avec les autres options, consultez notre guide des compléments pour le foie.

Les informations de cet article sont données à titre informatif. Elles ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé, en particulier en cas de traitement, de grossesse ou de pathologie.