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Propolis : bienfaits, dangers et effets secondaires

Gorge, aphtes, bouton de fièvre : des résultats intéressants en usage local, beaucoup moins pour l'immunité, et un vrai risque d'allergie à connaître.

· 9 min de lecture

Morceaux de propolis brute brun doré posés sur un cadre de ruche en bois

La propolis est une résine que les abeilles récoltent sur les bourgeons et l’écorce des arbres pour colmater leur ruche. Chez l’humain, ses résultats les plus intéressants concernent l’usage local : un spray à la propolis a raccourci les maux de gorge de deux jours dans un essai contre placebo, une crème a fait cicatriser le bouton de fièvre un jour plus vite qu’une crème à l’aciclovir, et plusieurs petits essais vont dans le sens d’un effet sur les aphtes. Pour « renforcer l’immunité » en gélules, les preuves restent faibles. Son principal danger est l’allergie, et l’ANSES la déconseille aux personnes asthmatiques ou allergiques aux pollens.

Qu’est-ce que la propolis ?

La propolis brute contient environ 50 % de résines végétales, 30 % de cires, 10 % d’huiles essentielles et 5 % de pollens (Huang et ses collègues, 2014). Plus de 500 composés y ont été identifiés, notamment des flavonoïdes et des acides phénoliques (des antioxydants d’origine végétale) et des terpènes.

Sa composition dépend des arbres que visitent les abeilles, donc de la région :

  • La propolis de peuplier, souvent brune, est la plus courante en Europe et dans les zones tempérées. Elle est riche en flavonoïdes et en acides phénoliques.
  • La propolis verte vient du sud-est du Brésil, où les abeilles butinent un arbuste, Baccharis dracunculifolia. Son composé caractéristique est l’artépilline C.
  • La propolis rouge, brésilienne elle aussi, provient d’une légumineuse, Dalbergia ecastaphyllum, et se distingue par sa richesse en isoflavonoïdes.

Conséquence pratique : un résultat obtenu avec une propolis ne vaut pas forcément pour une autre. Les essais sérieux précisent le type utilisé et sa teneur en polyphénols ou en flavonoïdes.

Les bienfaits de la propolis selon les études

La plupart des travaux sur la propolis ont été menés sur des cellules ou chez l’animal. Une revue de 63 publications conclut qu’il n’existe que quelques essais clés chez l’humain (Braakhuis, 2019). Voici ceux qui comptent.

Usage Ce que montrent les essais Solidité des preuves
Mal de gorge (spray) Guérison environ 2 jours plus rapide Un essai contre placebo, 122 adultes
Bouton de fièvre (crème) Cicatrisation en 3 jours contre 4 avec l’aciclovir Un grand essai, un seul extrait testé
Aphtes Guérison plus rapide, moins de douleur 10 essais, certitude très faible
Immunité, rhumes Pas d’effet démontré chez l’humain Surtout des études sur cellules et animaux

Mal de gorge : un spray testé contre placebo

L’essai italien d’Esposito et ses collègues (2021) a inclus 122 adultes souffrant d’une infection bénigne des voies respiratoires hautes (mal de gorge, voix enrouée, gorge rouge). Ils ont utilisé pendant 5 jours un spray buccal à base de propolis de peuplier, dosé en polyphénols, ou un placebo. Au bout de 3 jours, 83 % des utilisateurs du spray n’avaient plus de symptômes, alors que 72 % du groupe placebo en gardaient au moins un. Tout le monde était guéri au 5e jour : le bénéfice est donc un gain d’environ deux jours, sans effet indésirable lié au produit.

C’est un résultat encourageant, mais il repose sur un seul essai, mené dans un seul centre, avec un seul produit.

Bouton de fièvre : un effet mesuré en application locale

Dans un essai en double aveugle de Jautová et ses collègues (2019), 397 patients atteints d’un herpès labial au stade des vésicules ont appliqué 5 fois par jour une crème à 0,5 % d’un extrait de propolis spécifique ou une crème à 5 % d’aciclovir, l’antiviral de référence. La croûte ou la cicatrisation complète a été atteinte en 3 jours en médiane avec la propolis, contre 4 jours avec l’aciclovir, sans réaction allergique rapportée. Ce résultat concerne une crème et un extrait précis : il ne dit rien d’une prise de propolis en gélules.

Aphtes : des résultats positifs mais fragiles

Une méta-analyse de Roberts et ses collègues (2024) a regroupé 10 essais et 825 participants souffrant d’aphtes récidivants. La propolis, appliquée localement ou prise en comprimés, semble raccourcir la guérison, réduire la douleur et la rougeur. Mais les auteurs jugent la certitude des preuves « très faible » : petits effectifs, formulations toutes différentes, risques de biais.

Parmi les essais par voie orale figure un petit essai pilote de Samet et ses collègues (2007) : avec 500 mg de propolis par jour, les participants ont eu significativement moins de poussées d’aphtes qu’avec un placebo, et une meilleure qualité de vie. Les auteurs appellent eux-mêmes à le confirmer sur un plus grand nombre de patients.

Immunité et rhumes : peu de preuves chez l’humain

La propolis a des effets antibactériens, antiviraux et anti-inflammatoires bien réels en laboratoire. Mais ces effets observés sur des cellules ne se traduisent pas automatiquement chez l’humain, et aucun essai solide ne montre qu’une propolis en gélules réduit le nombre ou la durée des rhumes. Si l’immunité hivernale est votre préoccupation, le zinc et la vitamine D disposent de davantage d’essais cliniques, même si leurs effets restent modestes.

Les autres usages parfois mis en avant (estomac, cuir chevelu, peau en prise orale) ne reposent sur aucun essai chez l’humain que nous ayons pu identifier.

Quelle forme et quelle dose ?

La forme dépend de l’usage, car les essais positifs ont souvent testé une application locale :

  • Gorge : spray buccal, 2 à 4 pulvérisations trois fois par jour pendant 5 jours dans l’essai d’Esposito.
  • Bouton de fièvre : crème appliquée 5 fois par jour dans l’essai de Jautová.
  • Prise orale quotidienne : 500 mg d’extrait par jour dans l’essai sur les aphtes.

Évitez les teintures alcooliques chez l’enfant, la femme enceinte et toute personne qui doit éviter l’alcool. Aucune étude n’a comparé une prise le matin ou le soir.

Effets secondaires et dangers de la propolis

L’allergie, risque principal

La propolis est un allergène reconnu. Dès 1990, des médecins la décrivaient comme un sensibilisant puissant, cause bien connue d’eczéma de contact chez les apiculteurs, et de plus en plus chez les utilisateurs de produits « naturels » et de cosmétiques bio (Hay et Greig, 1990). Ils rapportaient aussi le cas d’une inflammation de la bouche avec ulcérations provoquée par des pastilles à la propolis.

En France, l’ANSES a analysé en 2018 plusieurs réactions allergiques graves liées à des compléments contenant des produits de la ruche (avis de l’ANSES). L’une concernait une femme de 65 ans : après des gommes à la propolis, elle a présenté un gonflement de la langue et des aphtes, puis, à la reprise un mois plus tard, un œdème des lèvres et une gêne respiratoire. L’ANSES rappelle aussi que l’application de propolis sur la peau est connue pour provoquer des dermatites de contact.

En pratique, arrêtez immédiatement en cas de démangeaisons, de rougeur, de gonflement des lèvres ou de la langue, ou de gêne pour respirer.

Asthme et allergie aux pollens : à éviter

La propolis contient des pollens, rarement signalés sur l’étiquette. L’ANSES considère l’allergie aux pollens comme un facteur de risque d’allergie aux produits de la ruche, et recommande aux personnes asthmatiques ou ayant un terrain allergique (eczéma atopique, rhinite allergique), en particulier aux pollens, d’éviter les compléments qui en contiennent. Même prudence en cas d’allergie connue au miel, à la gelée royale ou aux piqûres d’abeille.

Enfants

Parmi les cas examinés par l’ANSES figure un garçon de 4 ans qui a fait une réaction allergique grave (anaphylaxie) immédiatement après un sirop pour la gorge contenant de la propolis parmi plus d’une dizaine d’ingrédients, alors que ce produit était déconseillé avant 7 ans. Chez l’enfant, respectez strictement l’âge minimal indiqué sur l’étiquette, évitez les formes alcooliques et demandez l’avis du pédiatre, surtout en cas d’asthme ou d’eczéma.

Grossesse et allaitement

Nous n’avons trouvé aucune étude évaluant la sécurité de la propolis pendant la grossesse ou l’allaitement. En l’absence de données, mieux vaut s’en abstenir ou demander l’avis de son médecin ou de sa sage-femme.

Reins et interactions médicamenteuses

Un cas d’insuffisance rénale aiguë a été publié chez un homme de 59 ans, atteint d’un cancer des voies biliaires, qui prenait une propolis brésilienne depuis deux semaines : ses reins ont récupéré à l’arrêt, puis se sont de nouveau dégradés à la reprise (Li et ses collègues, 2005). Ce cas reste isolé, mais il invite à la prudence en cas de maladie rénale.

Côté médicaments, une étude chez la souris a montré que la propolis diminuait l’effet de la warfarine, un anticoagulant, sur la coagulation (Akbay et ses collègues, 2017). Ce résultat animal n’a pas été confirmé chez l’humain, mais si vous prenez un anticoagulant, parlez-en à votre médecin avant d’en prendre.

Comment bien choisir sa propolis

  1. Une teneur en actifs indiquée : pourcentage de flavonoïdes ou de polyphénols, mesuré par analyse. Sans ce chiffre, impossible de savoir ce que contient la gélule.
  2. Des analyses de contaminants : comme tout produit récolté dans la nature, la propolis doit être contrôlée, au minimum pour les métaux lourds et la microbiologie. Un fabricant sérieux publie ses résultats de laboratoire.
  3. Une composition simple : pour une prise orale, un extrait seul dans une gélule, sans sucre, sans miel ajouté et sans alcool.
  4. Une forme adaptée à l’usage : spray ou pastille pour la gorge, crème pour les lèvres, gélule pour une prise quotidienne.

Notre recommandation : pour une prise orale, la propolis de Nutriforce coche ces cases. Chaque gélule apporte 500 mg d’extrait de propolis, la quantité quotidienne testée dans l’essai sur les aphtes, avec une teneur en flavonoïdes mesurée à 10,01 % sur sa fiche qualité. Les métaux lourds et les contrôles microbiologiques y sont déclarés conformes, analyses réalisées par un laboratoire indépendant. La liste d’ingrédients se limite à l’extrait et à une gélule végétale en hypromellose : ni sucre, ni miel, ni alcool.

Questions fréquentes

Propolis verte, rouge ou brune : laquelle choisir ?

Leur composition diffère, mais aucun essai ne les a comparées entre elles chez l’humain. La propolis brune, de type peuplier, est la plus répandue en Europe ; c’est elle qu’a utilisée l’essai sur le mal de gorge. L’important est de connaître la teneur en flavonoïdes ou en polyphénols du produit.

La propolis est-elle efficace contre le mal de gorge ?

Un essai contre placebo montre qu’un spray à la propolis fait disparaître les symptômes environ deux jours plus tôt. C’est prometteur, mais c’est un seul essai. Si le mal de gorge dure plus de quelques jours, s’accompagne de fièvre élevée ou de difficultés à avaler, consultez.

Quand prendre la propolis : le matin ou le soir ?

Aucune étude n’a comparé les deux. Pour une prise orale, choisissez simplement un moment régulier, facile à retenir.

La propolis est-elle dangereuse ?

Pour la plupart des adultes, les effets indésirables sont rares. Le risque principal est l’allergie : réactions de la peau ou de la bouche, et plus rarement réactions graves. Elle est à éviter en cas d’asthme, d’allergie aux pollens ou aux produits de la ruche.

Peut-on donner de la propolis à un enfant ?

Avec prudence : respectez l’âge minimal indiqué sur l’étiquette, évitez les teintures alcooliques et abstenez-vous en cas d’asthme, d’eczéma ou d’allergie. L’ANSES a analysé le cas d’un enfant de 4 ans qui a fait une anaphylaxie après un sirop à la propolis déconseillé à son âge.

Peut-on prendre de la propolis pendant la grossesse ?

Faute de données de sécurité, il vaut mieux l’éviter pendant la grossesse et l’allaitement, sauf avis contraire de votre médecin.

Notre avis

La propolis est l’un des produits de la ruche les mieux étudiés, mais ses résultats solides restent ciblés : un spray qui raccourcit un mal de gorge, une crème pour le bouton de fièvre, une piste sérieuse pour les aphtes. Pour l’immunité en général, c’est une promesse plus qu’un effet démontré. Si vous n’êtes ni asthmatique ni allergique aux pollens ou aux produits de la ruche, une gélule d’extrait titré, ou un spray lors d’un mal de gorge, se défend. Dans le cas contraire, abstenez-vous. Pour d’autres pistes autour de l’immunité, voyez notre article sur le reishi, et pour les allergies respiratoires celui sur l’huile de nigelle.

Pour comparer avec les autres options, consultez notre guide des compléments pour l’immunité.

Les informations de cet article sont données à titre informatif. Elles ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé, en particulier en cas de traitement, de grossesse ou de pathologie.